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Si l’argent, le pouvoir, la puissance ou la connaissance pouvait indubitablement mener à la plénitude de l’Amour, aucune créature, qu’elle soit humaine, animale, végétale ou minérale, ne serait minée ou détruite par le chagrin, la déception, l’apathie, l’ineptie…

C’est dire que tout être se doit de mettre cette plénitude à profit, car c’est de cette seule façon qu’il pourra se mettre à l’abri de ses défauts, en faisant en sorte qu’ils n’altèrent ou ne tuent cette force, somme toute innée, dont la nature l’a dotée : l’Amour.


L’ode de Sardou

Elle court, elle court, la maladie d’amour, dans le coeur des enfants de sept à soixante dix-sept ans . Elle chante, elle chante, la rivière insolente qui unit, dans son lit, les cheveux blancs et les cheveux gris”. “Elle fait chanter les hommes et s’agrandir le monde.

Elle fait parfois souffrir tout le long d’une vie. Elle fait pleurer les femmes, elle fait crier dans l’ombre. Mais le plus douloureux, c’est quand on en guérit“. “Elle surprend l’écolière sur le banc d’une classe, sous le charme innocent d’un professeur d’anglais. Elle foudroie dans la rue cet inconnu qui passe, et qui n’oubliera plus ce parfum qui volait“.

Rien ne paraît mieux indiqué que cet édifiant poème chanté de Michel Sardou, pour célébrer le concept de l’Amour, exprimer sa force et les ravages de son absence chez tout être, de quelque nature qu’il soit.

Aucun être n’y échappe

Dans ce cas précis, l’Amour doit être perçu et analysé dans sa généralité et sa globalité, et non sous un angle restreint de considération sentimentale ou personnelle. Mieux, il n’est point l’apanage d’une seule catégorie de créature.

En effet, la majorité des mortels pensent que l’Amour ne concerne que les humains : c’est une lourde erreur. Au contraire, il affecte aussi bien, sinon plus, les animaux, les végétaux et les minéraux.

L’exemple le plus frappant, et que beaucoup de chercheurs ont pu constater, c’est qu’il arrive qu’un animal se laisse mourir d’anorexie, une perte d’appétit d’origine organique ou fonctionnelle que, de manière bien facultative, on a couramment appellé “grève de la faim“. Mais la raison la plus plausible est que l’animal en question a tout simplement été séparé de sa compagne ou son compagnon.

Dans le même ordre d’idée, un nourrisson ou un adolescent peut être frappé par une affection psychiatrique due à un refus catégorique ou systématique de s’alimenter : c’est ce que les psychiatres ont appellé “l’anorexie mentale“. Et dans la même… déveine, il a également été remarqué qu’une fleur peut se faner pour la simple raison …qu’on a arraché une autre qui poussait près d’elle…

Bref, des exemples de ce genre sont si nombreux et éloquents qu’ils justifient assez l’influence déterminante des effets de l’Amour sur l’attitude ou le comportement de toute créature.


A la différence de l’humain

Les animaux et les végétaux ne sont pourtant pas dotés d’intelligence, du moins de la façon dont l’entendent les humains. Mais contrairement à ces derniers, ces êtres “dépourvus de réflexion” sont incapables de donner le change ou de faire semblant. En vérité, dans le domaine de l’Amour, seuls les humains sont capables de faire montre d’hypocrisie, de perfidie et de faux fuyant, entre autres.

Pis : seuls les humains sont responsables de toutes de toutes les “calamités” sentimentales qu’ils subissent ou répandent. Entre autres, l’envie, la jalousie, la méchanceté, la fourberie, le cynisme…Et l’on constate que toutes ces tares n’ont qu’un seul dénominateur commun : le manque ou la maladie d’ Amour.

L’Amour, une force d’esprit

Pourtant, ont-ils beau se montrer insoumis à ses lois, somme toute limpides, les humains non plus ne peuvent résister à l’influence de l’Amour. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales qui militent en défaveur du bonheur auquel l’homme a de tout temps aspiré.

La force d’esprit de se débarrasser de ces tares revient donc tout naturellement à se sentir heureux. Ce qui, pour l’humain, relève de “l’impossible”, et pour cause : “Le commun des hommes ne se sentent vivre ou exister que par leurs propres tares”, affirmait le psychanalyste Pierre Daco.

C’est tout comme l’expliquait son maître, Sigmund Freud : “Nager dans l’impureté de ses défauts, rien que pour se sentir exister et se donner l’illusion d’être heureux. Ce qui est tout faux “.. Encore faut-il, du reste, que le bonheur existe…

C’est surtout dans l’ignorance inconsciente ou délibérée de ses principes que l’Amour devient un “fléau ” pour l’homme. Aussi ne doit-il pas faire, de cette force, un cas d’égocentrisme, mais plutôt une question d’altruisme.

Le diable au corps?

En fait, l’Amour ne pouvant être considéré comme un “bien personnel”, l’homme ne peut le ramener à sa seule personne, tout comme l’avare tient à accaparer tous les biens de la terre. C’est plutôt un trésor à partager, et c’est seulement en cela qu’il épanouit l’individu sans lui nuire.

Mais l’orgueil engendre la plupart des défauts, dit-on. Ce orgueil n’est rien d’autre que ce que les puristes appellent “le diable” ou “le malin”, un sentiment nuisible tapis, non dans le corps (comme on le croit le plus souvent), mais dans le coeur.

Or la force de l’esprit, qui est indissociable de celle du coeur, dépend de l’Amour. Que l’humain n’écoute donc pas ce ”diable”, et il parviendra à respecter cet adage qu’il déclame en ignorant le plus souvent et le sens, et la portée : “L’union fait la force”. Il s’agit tout simplement de l’union des qualités en vue d’une force de l’Amour.

Oumar DIAWARA

23 Mai 2008