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sodmintha.jpgLe journaliste malien Seydina Oumar Diarra, incarcéré pour avoir publié un article sur « la maîtresse du président » d’une république imaginaire, a écopé de 13 jours de prison ferme et 100 000 francs d’amende, au terme d’un procès pour « offense au chef de l’Etat », a appris mardi la PANA, de source judiciaire. La détention préventive couvre la peine du journaliste Seydina Omar Diarra, arrêté le 14 juin dernier à Bamako.

Le Tribunal correctionnel de Bamako a également condamné le censeur d’un lycée de Bamako, Bassirou Kasim Minta, auteur de la fiction à 2 mois de prison ferme et 100 000 francs d’amende.

Bassirou Kassim Minta arrêté le 14 juin dernier en même temps que Seydina Oumar Diarra pour « offense au chef de l’Etat », a également écopé d’une interdiction à vie d’exercer sa fonction d’enseignant.

Quatre autres journalistes tous directeurs de publication de journaux privés maliens ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. Ils étaient accusés de « complicité d’offense au chef de l’Etat pour fourniture de moyen« .

Sambi Touré de « Info-Matin » a écopé de 8 mois de prison avec sursis et 200 000 francs d’amende tandis que Hamèye Cissé de l’hebdomadaire « Le Scorpion« , Alexis Kalembiry du quotidien « Les Echos » et Birama Fall, de « Le Républicain » ont tous trois écopé de 4 mois de prison avec sursis et 200 000 francs d’amende.

Seydina Oumar Diarra avait été arrêté pour avoir publié le 1er juin dernier un article intitulé : « La maîtresse du président de la République« .

L’article incriminé relate un sujet de composition de Littérature que le censeur et professeur de lettres d’un lycée de Bamako, Bassirou Kassim Minta, a donné à ses élèves pour dénoncer la « sexualité vadrouilleuse du président » d’une république imaginaire.

Après ces arrestations, quatre journalistes et directeurs de publication avaient repris dans leurs colonnes le même article, ce qui leur a valu d’être arrêtés pour complicité d’offense au chef de l’Etat.

Plusieurs organisations de presse au Mali, en Afrique et dans le monde ont vivement condamné ces arrestations qualifiées d’entorse à la liberté de la presse et ont appelé à la libération des journalistes incarcérés à la maison d’arrêt de Bamako.

Pana

27 juin 2007.