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L’évolution de la situation au Mali après l’organisation des élections présidentielle, s’annonce vraiment rude. Le président de la république fait face aujourd’hui à une situation qui est vraiment délicate. La gestion de la crise au nord, un dossier parmi tant d’autres, mais qui mérite beaucoup d’attention de la part de l’Etat. Cette gestion doit prendre en compte deux questions à la fois : la rébellion et la lutte contre le terrorisme.

Au cours du mois de septembre beaucoup de choses se sont déroulées au nord du Mali. En réalité elles ne reflètent pas du tout le signe de la stabilité dans le septentrion. En effet, au moment où les nations se félicitent de la situation exceptionnelle du Mali, les cellules dormantes des djihadistes qui ont subi de sérieux revers après l’intervention militaire de la France, se réactivent et sont libres de leurs mouvements dans le vaste désert jusqu’à ce qu’ils parviennent à planifier des opérations contre l’autorité de l’état. Comme nous pouvons le constater, il y a quelques jours de cela le groupe terroriste aqmi a remplacé deux de ses chefs qui ont péri lors des accrochages avec les forces de l’opération serval. Encore un Algérien et un Mauritanien. Ainsi, ces nouveaux chefs ne sont pas des néophytes dans la crise sécuritaire au nord, car ils ont participé à la mise en exécution de leur ambition démesurée qui a choqué le peuple malien et le monde entier. Récemment, des groupes terroristes ont tenu une réunion le 25 septembre à quelques kilomètres de Kidal, trois jours après c’est un camp militaire de Tombouctou qui a été visé par un attentat suicide malgré la présence de l’ensemble des forces, provoquant ainsi des morts et des blessés, et qui par la suite sera revendiqué par aqmi.

En effet, ces faits nous montrent bien que la situation sécuritaire dans les régions du nord est loin d’être stabilisée, à cause de plusieurs facteurs. D’abord, par ce que le Mali a peu d’expérience en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. Ensuite, son éradication n’est pas aussi simple contrairement à ce que l’on pense. Elle demande beaucoup de moyens, de temps et de sacrifices. En fin, il ne sera pas en mesure de mener cette lutte tout seul, vu l’étendu du désert donc il doit le faire en synergie avec d’autres pays concernés. En attendant la réunification de ces conditions pour mieux maitriser la situation. Nous sommes contraints de faire face à des périodes d’insécurités dans les trois régions du nord de la nation.

Ousmane Baba Dramé

Le Républicain du 2 Octobre 2013