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Passionné par l’entreprenariat, Aboubacar Kanouté est titulaire de deux licences : l’ une en lettres et l’autre en animation socio-éducative, spécialité entrepreneuriat. Agé de 24 ans, il se sert de son entreprise « La Kalebasse » pour faire promouvoir les matières premières locales. Interview.

– Qu’est-ce que « La Kalebasse » ?

Aboubacar Kanouté : La Kalebasse est une entreprise de décoration d’intérieur et d’extérieur. Nous faisons des sculptures sur des calebasses sérigraphies. En effet, nous proposons des calebasses décorées et sculptées de toutes formes avec des effets de personnalisation à partir du choix des clients. Par exemple nous pouvons créer une décoration personnalisée en votre nom ou l’un de vos proches. En plus, nous pouvons également embellir la calebasse avec les cartes, noms des continents et des pays, pour ceux qui sont friands de l’Afrique ou du Mali. Parlant de nos produits, ils sont destinés à décorer les salons, restaurants, les chambres et autres. Pour répondre à la question portant sur la motivation, au début, je faisais gratuitement ce boulot pour les gens. Je le faisais juste par passion. Vu la taille de la commande, je me suis dit que pourquoi ne pas me lancer afin d’avoir de l’argent. Voici comment j’ai mûri l’idée de la Kalebasse jusqu’à sa réalisation.

– Quelles sont vos matières de travail ? Et à combien sont fixés vos prix ?

AK: Pour sculpter sur la calebasse, nous utilisons principalement la calebasse elle même. Et avec nos outils de sculpture, nous travaillons pour donner diverses formes pour qu’elles soient plus belles et attrayantes aux yeux des clients. Les calebasses décorées commencent à partir de 7000 francs jusqu’à 25. 000 francs. Plus le design est beau et bien fait, plus le prix augmente. Juste pour dire qu’il n’y a pas de prix standards.

– Votre marché est-il rentable ?

AK: Le marché est rentable, puis qu’on ne cible pas tout le monde. Nos cibles sont spécifiques : les femmes. Elles consomment abondamment nos créations. Tout le monde sait que ce sont les femmes qui détiennent l’argent dans ce monde. Nous avons des marchés tout au long de l’année. Les femmes viennent commander nos produits à tout moment soit pour leurs maris ou pour l’un de leurs proches. Quelques directeurs qui viennent chez nous pour la décoration de leurs bureaux et les personnes qui souhaiteraient faire un cadeau à un couple. Sans oublier les cadeaux d’anniversaire. En un mot, je dirais qu’il y a assez d’évènements, donc nous gagnons bien.

– Avez-vous eu à faire une formation avant de mettre en place La Kalebasse ?

AK: Je n’ai pas spécifiquement fait de formation. J’ai appris ce métier au cours de mon stage de fin de cycle à l’institut National de la jeunesse et des sports. J’ai également participé à des formations avec certaines entreprises. Mon stage fut un moyen pour moi de mettre plus en œuvre le don que j’avais déjà en dessin et en arts. J’ai également beaucoup appris auprès de mon oncle artiste. Aujourd’hui, je suis devenu mon propre maître.

– Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés

AK: Nous rencontrons quelques difficultés en réalité car il y a des outils modernes qui peuvent faciliter notre travail. Cependant, nous n’avons pas les moyens pour nous en procurer. Ils coûtent extrêmement chers. Nous sommes obligés de travailler avec les moyens de bord. Nous travaillons avec les outils rudimentaires. En plus, certains prospects, minimisent trop ce travail et ses valeurs artistiques. D’autres pensent que ce n’est que de la calebasse, ils exigent par conséquent que le prix ne doit pas dépasser 1000 francs ou 15 000 francs. Ceux-là ignorent tout le travail qui se cache derrière ces œuvres à commencer par l’achat des matières premières, le trempage des calebasses dans l’eau, le premier grattage pour enlever la petite surface fine qui se trouve sur le dos de la calebasse, création de la forme et son découpage, la réflexion pour créer le design, le traçage des écritures, la sculpture, la décoration et le vernissage. Le processus est long et fatiguant. Il faut que le commun des mortels comprenne cet aspect.

Adama Sanogo

@Afribone