Partager

Un tribunal de Yaoundé se prononce vendredi sur la culpabilité de deux jeunes hommes et d’un mineur accusés d’homosexualité, passible de cinq ans de prison au Cameroun, dans un climat de peur au sein de la communauté homosexuelle après le meurtre d’un militant des droits des gays. La justice n’a pas communiqué l’heure à laquelle le tribunal annoncera si les accusés sont déclarés ou non coupables.Mercredi, lors d’une audience devant le tribunal, leurs avocats ont demandé la relaxe de leurs clients. Le procureur de la République Maurice Soh a lui requis la condamnation de Joseph Omgba et du mineur. Il a laissé entendre que Joseph avait avoué avoir eu « une activité homosexuelle » par le passé, l’accusant également d’avoir tenté d’entretenir des rapports avec le mineur. Concernant le troisième accusé, il a estimé que les débats n’ont pas permis de « dire avec conviction qu’il avait une activité homosexuelle ». De nombreuses ONG dénoncent régulièrement les arrestations et emprisonnements de personnes homosexuelles au Cameroun, de même que les nombreuses pressions et menaces à l’égard des défenseurs de leurs droits. Résumant les sentiments qui animent la communauté gay, un militant, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité, témoigne: « nous avons tous peur pour nos vies parce que la menace est partout. Si des gens en arrivent à supprimer la vie à un individu (comme Eric), nous ne sommes pas à l’abri ». AFP.