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La Cour de cassation a cassé l’arrêt d’une juridiction inférieure remontant au mois d’août et qui avait ordonné la détention provisoire du patron d’Ettounsiya TV, Sami Fehri. « Il sera libéré dans les heures qui viennent, le jugement vient seulement d’être rendu… », a indiqué maître Sonia Dahmani, avocate du prévenu. « Nous n’avons pas encore les détails du jugement, mais on imagine pourquoi la cour a (prononcé la libération) », a-t-elle ajouté. M. Fehri est poursuivi pour des préjudices financiers causés à la télévision nationale tunisienne à l’époque du président Zine El Abidine Ben Ali et risque 10 ans de prison. Ses avocats ont demandé l’annulation de son placement en détention provisoire en raison de graves vices de procédure. La défense dénonçait en particulier le fait de ne pas avoir été convié à l’audience à l’issue de laquelle le mandat d’arrêt contre M. Fehri a été émis. Ils estiment aussi que les autorités ont fait pression sur la magistrature pour l’emprisonner, sa chaîne diffusant des émissions critiquant le gouvernement. L’affaire avait fait scandale car, quelques jours plus tôt, M. Fehri avait annoncé cesser la diffusion d’une mission de satire politique de Guignols à la suite de pressions des islamistes d’Ennahda qui dirigent le gouvernement. La Cour de cassation était censée remettre sa décision le 20 novembre, mais la juge chargée du dossier avait été dessaisie de l’affaire, selon Me Dahmani, après qu’une lettre anonyme a accusé cette magistrate d’avoir été payée par Sami Fehri pour prononcer sa libération. AFP