Partager


Toutes les autorités qui se sont succédées à la tête du Mali de l’indépendance en 1960 à nos jours ont chacune, en ce qui la concerne, tenté de lutter contre ce fléau avec des fortunes diverses. Le président de la République, le Général Amadou Toumani Touré, dès l’entame de son 1er quinquennat, a créé en 2003 le Bureau du Vérificateur Général dont l’originalité réside dans sa double indépendance organique et fonctionnelle.

En plus du Végal, il y a le Contrôle Général des Services Publics, les différentes inspections auprès des structures étatiques, la Section des Comptes de la Cour Suprême entre autres. Bon an mal an, ces services produisent des centaines de rapports de contrôle de gestion et d’inspection dont certains sont adressés aux autorités judiciaires pour des éventuelles poursuites. A l’heure des décomptes, c’est la déception de bon nombre de citoyens et des partenaires qui assistent à la dilapidation des deniers publics. A qui la faute?

DE LA GESTION DES DOSSIERS

Par rapport à la corruption et à la délinquance financière au Mali, la responsabilité doit être partagée, puisque corrupteur et corrompu sont à mettre dans le même panier. Mais s’il faut faire la part des choses, la balance se penchera du côté de la justice qui n’arrive pas à suivre les structures de contrôle et d’inspection. De 2002 à 2007, la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration (CASCA) a, à elle seule, étudié plus de 800 dossiers dont plus d’une centaine ont été transmis aux autorités judiciaires.

Bon nombre de citoyens ne comprennent pas l’attitude de la justice indépendante pourtant des pouvoirs exécutif et législatif. Dans l’exercice de ses fonctions, le magistrat n’est soumis qu’à l’autorité de la loi qui a tout prévu. Le devoir du juge est d’observer la loi et de juger en âme et conscience.

Une fois que le juge est saisi d’un dossier, toute intervention, même celle du président de la République est contraire au principe sacro saint de la séparation des pouvoirs et à l’indépendance du pouvoir judiciaire. En tout cas, la CASCA souhaite vivement que les autorités judiciaires et administratives diligentent le traitement des dossiers dont elles sont saisies.

C’est à ce seul prix que le renouveau de l’action publique et la restauration de l’autorité de l’Etat au coeur du Projet de développement Economique et Social (PDES) sur la base duquel ATT a été réélu sera bien exécuté. L’autorité de l’Etat va t-elle enfin s’exercer dans toute sa rigueur? Autrement dit, que ceux qui se rendent coupables d’actes de délinquance financière soient punis, et que ceux qui sont compétents et intègres soient récompensés.

DU LAXISME

Le président de la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration retient dans son onzième bulletin que les irrégularités tiennent en grande partie à l’absence de base d’action, la confusion dans les rôles et responsabilités, le pilotage à vue comme mode de gestion et l’inexistence de base de suivi évaluation des performances des hommes et des services.

Seuls les avantages liés à la fonction importent, tout le reste n’est que de la diversion aux yeux des criminels à col blanc. C’est pourquoi d’ailleurs les structures de contrôle et d’inspection reviennent chaque année sur les mêmes constats et recommandations. A quand la fin de ce cercle vicieux?

Daba Balla KEITA

09 avril 2008.