Partager

justice.jpg

La famille judiciaire est appelée à prendre des engagements concrets car, aujourd’hui, une saine distribution de la justice est une forte exigence des citoyens.

La famille judiciaire vient de s’engager dans une démarche structurante pour « initier et réussir le changement » afin d’amorcer le renouveau du service public de la justice.

C’est le sens imprimé à la rencontre qui a débuté hier à l’Institut national de formation judiciaire « Me Demba Diallo« . Présidée par le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, la rencontre a regroupé tous les représentants de la famille judiciaire : magistrats, auxiliaires de justice (avocats, notaires, huissiers, commissaires-priseurs, surveillants de prison…) et syndicats.

Notre pays, lit-on dans une note remise aux participants, vit un moment où il ne s’agit pas d’avoir les meilleures idées, mais de savoir les mettre en œuvre. Il est vrai que la justice, telle que distribuée aujourd’hui au Mali est parfois considérée comme un des premiers facteurs aggravant les problèmes que vivent les Maliens et le Mali.

La famille judiciaire est donc appelée à conquérir sa crédibilité par des actes, à redonner confiance aux agents et à les valoriser dans leurs efforts pour une meilleure distribution de la justice.

Les orientations recherchées par la rencontre, poursuit la note, sont d’initier et réussir le renouveau du service public de la justice, de reconquérir la crédibilité et de montrer que le changement est possible.

La réflexion s’étendra sur trois jours. Les participants vont partager le diagnostic sur la manière d’opérer, faire l’inventaire des valeurs, valider dans ce sens un document intitulé « charte des valeurs de la justice » et préparer les ateliers de « mobilisation de la famille judiciaire » en déterminant les « thèmes mobilisateurs » dans une formule motivante.

Il est également prévu de préparer les ateliers de mobilisation des acteurs de la famille judiciaire, en planifiant l’organisation des ateliers, corps par corps.
Dans son intervention, le ministre de la Justice a rappelé l’adoption, voilà quelques mois, d’une « charte des valeurs de la justice« , expression de l’engagement des cadres du département (exerçant des fonctions administratives ou jugeantes) à contribuer au renouveau du service public de la justice.

Maharafa Traoré a insisté sur la nécessaire synergie entre acteurs de la justice. Cette rencontre, plaide-t-il, doit donc permettre d’approfondir le débat engagé en enrichissant ou en modifiant si nécessaire la charte.
Il s’agit pour le département, indique le ministre, de réunir avec le concours des acteurs les conditions optimales de succès du renouveau auquel tous sont conviés, et qui doit se traduire en engagements concrets, car aujourd’hui « une saine distribution de la justice est une forte exigence des citoyens« .

Maharafa Traoré est convaincu de la nécessité et de la faisabilité de ce renouveau avec les ressources humaines de qualité dont peut se prévaloir la famille judiciaire. « L’institution judiciaire doit reconquérir sa crédibilité par des actes simples qui donneront confiance aux citoyens, car la justice doit être un facteur de paix sociale, de stabilité et de progrès« , a préconisé le ministre.

Il faut, a-t-il précisé à ce propos, « aller vers une administration efficace, une justice assainie et une intensification de la lutte contre la corruption« . Ce qui, de son point de vue, nécessite une culture du sens de l’Etat et du civisme dans l’application de la loi et des règlements, un cadre de travail consensuel, propice à la cohésion, à la solidarité et à l’éclosion d’une attitude positive, participative et responsable. Maharafa Traoré préconise un changement de mentalité et de comportement propre à combler les attentes des populations en matière de justice.

La rencontre est donc appeler à préparer les composantes du renouveau et rechercher les points autour desquels la famille judiciaire est prête à se mobiliser. A charge pour les participants de valider la charte des valeurs, en l’enrichissant pour en faire un code de conduite permettant à chacun d’être mieux outillé pour la mise en œuvre des changements que requiert l’état de la justice de notre pays.

Le ministre a souhaité aux travaux d’aboutir à une vision partagée du travail, des valeurs à préserver ou à développer pour la réalisation des missions assignées à l’institution judiciaire de manière à pouvoir dire « comment nous voyons l’avenir de notre justice, comment mettrons nous en œuvre les mesures arrêtées pour sa réhabilitation« .

A. LAM – L’Essor

20 Février 2008.