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L’appel de l’opposition à une journée « villes mortes » pour exiger le départ du président Joseph Kabila en décembre a bien été suivi mercredi à Kinshasa, mais a été largement ignoré dans les autres grandes villes de la République démocratique du Congo. L’opération « carton jaune » au chef de l’État lancé par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a été très largement suivi dans la capitale, selon des journalistes de l’AFP : les rues sont restées pratiquement désertes et l’activité économique quasi-nulle. La grève générale a aussi été largement observée à Mbuji-Mayi, bastion d’opposition dans le centre et troisième ville du pays, selon des témoins. Elle a été ignorée en revanche à Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays et à Kisangani (nord-est). A Kananga (centre), autre ville majeure, l’activité a tourné au ralenti toute la matinée mais est revenue à la normale à la mi-journée. A Matadi, l’activité du seul port en eau profonde du pays a été normale, selon des témoins tandis qu’à Mbandaka (nord-ouest), la ville a pris une coloration jaune, les gens allant travailler, mais majoritairement vêtus de cette couleur en signe de contestation, selon des habitants. L’UDPS a rejeté cet accord et a appelé à des pourparlers élargis pour sortir le pays de la crise politique qu’il traverse depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 lors d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Dans l’est du pays, la ville de Bukavu, sur la rive sud du lac Kivu, a totalement ignoré l’appel du Rassemblement, selon le correspondant local de l’AFP. A Goma, ville jumelle de Bukavu sur la rive nord du lac, l’appel de l’opposition a été diversement suivi. La circulation a été normale mais la majorité des boutiques est restée fermée.En fin de matinée, 200 personnes ont manifesté sans incident majeur, carton jaune à la main, aux cris de « Le mandat est terminé ! Tu dois partir ! » AFP