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La journée du 10 Novembre était dédiée aux stagiaires du monde entier. Le but de cette journée mondiale est d’attirer l’attention sur les abus de certaines entreprises lorsqu’elles embauchent des stagiaires.

Il existe des entreprises qui intègrent le stagiaire à leur business plan comme moyen d’ajustement pour en faire une clé de son développement. D’autres par contre accueillent régulièrement des stagiaires et leur offrent un réel tremplin vers l’emploi.

La précarité de cette position est une réalité. En effet, dans tous les statuts qui régissent le monde de l’entreprise, celui de stagiaire est sans doute le plus fragile.
Du manque de considération, à l’inutilité immense que l’on peut ressentir en passant par l’exécution de tâches « hors-contextes », cette période est, pour beaucoup une période d’ascenseur émotionnel. À l’occasion de la Journée internationale des stagiaires, certains s’expriment sur leur parcours.

Amadou Coulibaly, stagiaire
« Mon pire stage fut celui dans une structure importante de la place. Je n’ai presque rien appris là-bas. Les chefs ne sont pas ponctuels et les collaborateurs non plus. Ce sont les bénévoles que se » tapent « tout le boulot. Ces derniers ne vous apprennent que le strict minimum possible. Les chefs (un peu sociables) causent dans les bureaux, les autres dorment ou se promènent. A la fin, j’ai fait plus de deux mois pour pouvoir récupérer mon attestation de stage. Pour cause, la directrice en charge avait des contraintes sociales ou des raisons de santé : des mariages ou était fatiguée ».

Aminata Ongoïba, employée
« J’ai été entourée de gente masculine lors d’un stage que je fais. Je supportais des regards curieux. Certains travaux ne m’étaient pas familiers, mais j’essayais tant bien que mal de réaliser mes tâches. Sur le terrain, je faisais tout ce qu’ils faisaient et cela étonnait certains hommes. Ce qui me dérangeait beaucoup. »

Alhassane kanté, stagiaire
« Lorsqu’un stagiaire devient un coursier, un commissionnaire, il doit comprendre que ce n’est pas sa place. J’ai été confronté à une situation pareille et j’ai pris mes jambes à mon cou. En plus le patron me pensait être un homme à tout faire. J’étais excessivement exploité et je n’apprenais rien. Si les stages deviennent une exploitation de l’homme par l’homme. Mieux vaut s’en soustraire »

A l’occasion de cette journée internationale, des mobilisations ponctuées de débats sont organisées à travers le monde par plusieurs collectifs et ONG. Au Mali, silence radio ! Alors que soulever la question du stagiaire est un droit qui leur est dû. Et si au Mali on pensait à remettre un prix aux entreprises répondant au mieux aux critères d’évaluation (rémunération, conditions de travail, contenu d’apprentissage, supervision, organisation et évolution de carrière) lors d’un stage effectué dans leur structure ?

Aissata Keita

Bamako le 12 Novembre 2018

©AFRIBONE