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La cérémonie présidée par Adama Samas-sékou, a enregistré la présence de Nicolas Normand, ambassadeur de France, de Sékou Doucouré, représentant personnel du Chef de l’État au Conseil permanent de la Francophonie et secrétaire général de la Commission nationale des cultures africaines et de la Francophonie, Sékou Doucouré, des professeurs Ntji Idriss Mariko et Mamadou Bani Diallo et de Nicole Seurat, directrice du Centre culturel français, entre autres.

Vingt ans après le premier Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays ayant en commun la langue française, tenu à Paris du 17 au 19 février, le Mali, comme les autres pays du monde entier, a tenu, cette année, à rendre hommage, à l’occasion de la journée internationale de la Francophonie célébrée le 20 mars, à Léopold Sédar Senghor.

Cet hommage est d’autant plus significatif et mérité que 2006 coïncide avec la commémoration du centenaire de la naissance, à Joal, le 9 octobre 1906, du Président-poète, l’un de principaux pères fondateurs de la Francophonie.

C’est pourquoi, lors de cette soirée du jeudi 16 mars, tous les intervenants se sont accordés à dire qu’il n’y a pas meilleur représentant de la Francophonie que le métis culturel qu’a été Léopold Sédar Senghor.

Un homme qui a toujours défendu l’idée selon laquelle il faut assimiler les Européens, en sachant se servir des apports culturels extérieurs, et non être assimilé ou aliéné par eux.

La participation à la Francophonie de pays n’ayant pas le français comme langue officielle, la création de l’université Léopold Sédar Senghor d’Alexandrie, en Egypte, un pays arabophone, sont quelques-unes des preuves palpables que la Francophonie a un bel avenir devant elle.

Surtout si elle s’appuie sur l’intégration par la culture pour assurer un métissage culturel tout en permettant aux Francophones d’être profondément ancrés, comme Senghor, dans leurs traditions.

Abdou Diouf : « Garantir la diversité culturelle pour un monde plus juste »

Dans son message adressé aux Francophones, Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF, a rappelé que l’année 2006 a commencé par la mise en œuvre d’une nouvelle charte qui consacre cette organisation comme unique instance intergouvernementale de la Francophonie depuis la Conférence ministérielle d’Antananarivo à Madagascar.

« Cette réforme, dit-il, doit donner à la Francophonie une meilleure lisibilité mais aussi et surtout une plus grande efficacité qui, à n’en point douter, contribuera davantage à ancrer sa crédibilité« .

Il a exhorté tous les Francophones à se mobiliser, au cours de l’année 2006, pour la ratification de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles dont l’adoption par l’UNESCO « est une étape décisive dans la vie des peuples épris de justice et de paix« . Diouf a informé qu’en septembre 2006 se tiendra à Bucarest le XIe Sommet consacré, entre autres, aux technologies de l’information et l’éducation.

Il a ajouté, toujours parlant de la diversité culturelle : « Ce respect de l’âme des peuples ne peut qu’offrir aux hommes de nouveaux terrains d’échanges et de partage et ainsi leur permettre d’entrer dans l’ère d’une mondialisation à visage humain, riche de toutes les percées créatives et citoyennes de peuples divers mais résolus à s’enrichir de leurs différences« .

Le secrétaire général de l’OIF a précisé que cette organisation dédie l’année 2006 à Senghor « pour saluer sa traversée glorieuse de tout un siècle ». Une dédicace qui vient à point nommé: le Président-poète est né il y a cent ans, le 9 octobre 1906.

Au nom de tous, Diouf se dit aussi fier, pour ce 20e anniversaire de la Francophonie, de l’héritage de Senghor, et heureux de traduire la pensée de ce « combattant infatigable du dialogue des cultures » dans les actes quotidiens. Un homme pour lequel « la culture est au début et à la fin du développement« .

A noter qu’en 2005, plus de 1200 manifestations étaient consacrées à la fête de la Francophonie dans 120 pays. La cérémonie s’est achevée avec la projection d’un film retraçant la vie de Senghor et des débats sur ce film.

La célébration de la journée internationale de la Francophonie, lancée il y a 126 ans, aura montré cette année, consacrée à Senghor, que ce mage est riche d’une « étonnante modernité de sa pensée, de ses paroles, de ses écrits et de ses rimes », en bon enfant de la patrie-mère du monde.

Zoubeirou MAIGA

21 mars 2006.