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vote2.jpgVu la lenteur dans le rythme d’enlèvement des cartes d’électeurs, notamment à Bamako, le gouvernement a décidé de faire de demain, mercredi 25 avril, « une journée d’engagement civique », en vue de permettre aux travailleurs d’aller retirer leurs cartes d’électeur auprès des commissions de distribution. La nouvelle a été donnée hier dans la matinée par le ministère de Fonction Publique, de la Reforme de l’État et des Relations avec les Institutions, à travers un communiqué qui précise que « cette journée est chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national« .

En effet, c’est demain mercredi à minuit que prend fin la distribution des cartes d’électeur pour le scrutin présidentiel de dimanche prochain.

La journée d’engagement civique a fait ses preuves par le passé. En 2002, lors de l’élection présidentielle, face au peu d’empressement des citoyens à aller retirer leurs cartes d’électeur, les pouvoirs publics avaient initié cette opération qui sera reconduite à l’occasion des municipales de 2004. Il n’y eût pas de rush des citoyens vers les centres de distribution lors de ces deux opérations, mais elles permirent d’accélérer véritablement le rythme de retrait des cartes.

Avec la journée de demain, les pouvoirs publics espèrent que les électeurs iront prendre les cartes qui conditionnent le vote.

Cette opération intervient après que le gouvernement ait assoupli les conditions de retrait des cartes. Au début, l’enlèvement était individuel et conditionné à la présentation de l’une des pièces suivantes : cartes d’identité nationale ou scolaire, permis de conduire, carnet de famille, fiche jaune du recensement administratif à caractère électoral, livret de pension militaire.

Le 14 avril dernier, des mesures d’assouplissement ont été prises : le retrait collectif est désormais autorisé à travers la présentation du carnet de famille. A défaut de ce document, un seul membre de la famille muni d’une pièce d’identité nationale peut enlever la carte de tous les autres qui n’ont pas pu effectuer le déplacement.

Avec la fiche jaune, le retrait collectif est aussi permis.

Ces mesures ont fait bouger le taux de retrait des cartes. Cependant, constat a été fait que ce n’est pas encore la grande mobilisation à Bamako.

Dans le district de Bamako, les personnes du 3ème âge demandent qu’on leur apporte leur carte à la maison, tandis que les plus jeunes ont rarement la patience de chercher leur nom sur les listes électorales, qui constituent un véritable casse-tête chinois.

Une semaine après de début de l’opération de distribution, le centre de distribution de Samé n’affichait pas 200 cartes enlevées. Mais depuis le 14 avril dernier, les choses ont commencé à bouger, a assuré Bakary Gassama, un responsable du centre de distribution. Ainsi, selon lui, rien que durant la journée de samedi passé, plus de 400 cartes ont été enlevées.

Pour Mr Gassama, la seule difficulté à laquelle est confronté le centre, réside dans le fait que le délai de validité de la plupart de nombreuses cartes d’identité présentées est dépassé. Pour lui, l’essentiel est que la pièce d’identité soit lisible. Si tel est le cas, on donne la carte d’électeur sans tenir compte du délai de validité.

Jusqu’à dimanche passé, le taux d’enlèvement des cartes au centre installé dans l’enceinte du centre secondaire d’État civil du Badialan III s’élevait à 24%. Le président du centre, Ibrahima Doucouré, très remonté contre la lenteur du retrait des cartes, estime que « Pour que le pouvoir qui sortira des consultations à venir soit véritablement légitime, il faut que le taux de participation soit élevé ». Mr Doucouré suggère d’aller vers un système d’inscription volontaire sur les listes électorales et que l’obtention des pièces administratives soit conditionnée à la possession de la carte d’électeur !

Depuis le 14 avril, le centre de distribution de Lafiabougou enregistre en moyenne 300 retraits par jour, a assuré Fatou Koné, présidente de la commission de distribution. Exceptionnellement dimanche à midi, le centre comptabilisait environ 600 cartes récupérées. Ici, l’autorisation du retrait collectif semble avoir été mal interprétée. Ainsi beaucoup d’électeurs se présentent avec un carnet de famille sur lequel ne figure même pas leur nom, pour demander un retrait collectif. Ils ignorent que pour effectuer cette opération avec un carnet de famille, il faut d’abord appartenir à cette famille.

La présidente du centre assure avoir été plusieurs fois insultée sur la question, mais est toujours restée ferme sur le règlement et a fait appel aux forces de l’ordre, quand cela était nécessaire.

Massa Coulibaly, le chef du centre de Badalabougou en Commune V, affirme que nombreux sont les habitants qui n’ont pas de pièces d’identité et on a donc beau assouplir les conditions d’enlèvement, le problème reste entier, selon lui.
Beaucoup d’électeurs, selon Mr Coulibaly, se présentent avec leur ancienne carte pour prétendre retirer la nouvelle et lorsqu’on leur dit d’aller chercher une des pièces exigées pour le retrait des cartes, ils ne reviennent plus. Le taux d’enlèvement des cartes du centre de Badalabougou tourne autour de 31%.

Autre problème enregistré ici : près d’une cinquantaine d’électeurs résidant à Sabalibougou doivent aller chercher leurs cartes à Badalabougou où ils figurent sur les listes.

De même, en Commune V, un problème de motivation des membres des commissions se pose également. Au début, ceux-ci travaillaient de 7h30 à 16h et percevaient 1000 Fcfa par jour. Maintenant, la journée de travail se prolonge jusqu’à 19h. Les membres des commissions demandent que ces heures supplémentaires se répercutent sur leur rémunération. Cette doléance n’étant pas encore satisfaite. Résultat : au centre de Torokorobougou, on a décidé d’arrêter à 16h jusqu’à ce que cette exigence soit prise en compte.

Dans les centres de distribution de la Commune VI, partis politiques et candidats sont fortement représentés. En effet, c’est la circonscription du District qui a le plus grand nombre d’électeurs.

Dimanche dernier, 2950 cartes ont été enlevées à la commission I de Magnambougou et 4357 à la commission II du même centre.

Donc, citoyens, pour ceux qui n’ont pas été chercher leurs cartes d’électeur, profitez de la journée pour le faire, afin que le taux de participation au scrutin du 29 avril, soit honorable !

24 avril 2007.