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La promotion Droit Public Modibo Sidibé de l’ex-FSJE relance le débat

Dans le cadre de la célébration de la journée de l’Unité Africaine, la promotion Droit Public Modibo Sidibé 1999-2003 de l’ex-Faculté des Sciences Juridiques et Economiques (FSJE) a suscité une conférence-débats sur les défis à relever par la jeunesse pour asseoir un véritable développement durable mais aussi une intégration à la hauteur des ambitions.


Les conférenciers de ladite rencontre étaient Mamoutou Thiam, secrétaire général l’AMS-UNEEM et Bassidy Diabaté, le modérateur était Mme Sy Kadiatou Sow.


L’Afrique, une population jeune

Le président de la promotion Mohamed Keïta, dans son allocution de bienvenue, a dit que la jeunesse du continent représente aujourd’hui, du point de vue démographique, un poids considérable.

Cette donnée géopolitique incontournable commande aux Etats Africains, à la société civile d’asseoir un regard particulièrement attentif sur le présent et l’avenir de la jeunesse africaine. Une population à majorité jeune est une potentialité, une richesse, mais elle peut être aussi un fardeau si on la considère comme une fatalité.


L’objectif de la conférence

L’intérêt essentiel de la rencontre selon M. Keïta, c’est de susciter le débat d’idées autour de la place et du rôle de la jeunesse face aux défis de l’intégration africaine, notamment celui de l’éducation et de la formation professionnelle, l’emploi des jeunes, la citoyenneté, le défi de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Il s’agissait pour la promotion en question d’apporter sa contribution à l’émergence d’un nouvel état d’esprit des jeunes, en les amenant d’abord à identifier les défis qu’impose l’intégration africaine, ensuite en les sensibilisant sur le fait que ces défis ne sont pas au-dessus des moyens si les jeunes se donnaient les compétences nécessaires.

Il s’agissait également de trouver les meilleures voies afin que la jeunesse soit compétitive sur l’arène internationale et de leur offrir une tribune d’expression qui leur permettra, à travers l’exposé des conférenciers, de comprendre et d’être suffisamment informés sur les orientations de la politique d’intégration africaine.

Le président de la promotion a en outre profité de la rencontre pour lancer un appel patriotique à tous les acteurs de l’école malienne pour trouver une solution imminente, durable et salvatrice à cette crise.


Les contours de l’intégration

Mamoutou Thiam, dans son exposé, a tenté de définir l’intégration qui, selon lui, est une conviction, un sentiment de fierté, une prise de conscience de soi, de son existence, dans ses rapports avec les autres.

Pour les mouvements et associations des jeunes du continent comme pour toutes les générations du 21ème siècle, la perspective de ce gouvernement d’union, devra répondre aux aspirations légitimes du peuple africain en matière de mondialisation démocratique, de liberté et de droit à l’autodétermination, de paix, de développement durable, dans le strict respect de la dignité humaine et des droits des peuples.

Les courants politiques et mouvements sociaux réclamant l’unification politique des populations noirs étaient peu influents, limités à quelques cercles d’intellectuels. L’émergence et le leadership communautaires des associations des jeunes sont un début de correction de cette faiblesse de la société civile africaine sur la question de l’union.

Pas d’unité africaine sans les jeunes

Le combat pour l’unité de l’Afrique n’est possible qu’avec le concours de la jeunesse. Pour ce faire, les jeunes doivent s’engager sur la voie du dialogue et de l’intégration qui conduisent nécessairement à l’unité. L’objectif aujourd’hui de l’Union Africaine (UA) est de favoriser la participation de la jeunesse africaine au processus de prise de décision.

Une charte fut adoptée par les Chefs d’Etat, elle est destinée à mobiliser les organisations de jeunes, ainsi qu’à guider et à inspirer leur action. Elle dessine également pour les Etats membres, le cadre politique et stratétique en faveur du développement et de l’émancipation des jeunes afin qu’ils puissent tirer partie de ses dispositions.

23ème Sommet Afrique-France et insertion Socio-Politique des jeunes

Le conférencier poursuivra en disant qu’à la 23ème conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique et de France tenue à Bamako sous le thème <<La jeunesse africaine : sa vitalité, sa créativité et ses aspirations>>, au nombre de ces recommandations, a retenu :


l’insertion socio-politique et économique de la jeunesse dans le processus de développement de l’Afrique, la création du fonds euro-africain d’investissements en faveur de la jeunesse;

l’élaboration et la mise en oeuvre de programmes de lutte contre le VIH/Sida en direction de la jeunesse africaine rurale, la nécessité d’adapter les systèmes éducatifs et de formation aux réalités et besoins de modernisation des pays africains ainsi qu’aux exigences de la mondialisation ;


la conclusion d’accords ou conventions relatifs à la gestion des phénomènes migratoires comme facteur d’intégration, l’utilisation des NTIC pour promouvoir l’emploi des jeunes, les échanges et les opportunités d’affaires, l’éducation et le développement, y compris celui du monde rural.

Et enfin, la promotion de l’image de l’Afrique et du combat pour l’acceptation de la diversité culturelle qui garantit une meilleure compréhension entre les peuples et favorise l’instauration d’un développement solidaire et d’une paix durable.

Quant au cinquième forum pour le développement de l’Afrique, il a proposé un série d’actions tenant à la sauvegarde de la culture et de l’éducation en vue de la promotion de la santé, de la paix et des possibilités d’emploi.

A ce titre, la mise en place des infrastructures pour les arts et les sports, l’investissement dans le secteur et l’attribution d’un prix annuel aux jeunes talents africains, la création d’un corps de jeunes volontaires africains d’ici 2008 et le renforcement des structures de volontariat national, le congrès culturel africain sont des pistes à explorer par les gouvernements africains.

L’UA, la Communauté Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Banque Africaine de Développement (BAD), les agences du système des Nations Unies pour préserver les aspects positifs de la culture et promouvoir les langues africaines.


L’intégration des économies africaines favorise la compétitivité

M. Thiam, en guise de conclusion stimulait que derrière l’idéologie panafricaniste il y a une Afrique unie, projet caressé à l’aube des indépendances dans les années 50 et 60.

Il était alors question de créer un marché commun des biens et des services, de coordonner les politiques des taux d’intérêt et des taux de change et d’établir une discipline fiscale, de créer des infrastructures et de moderniser celles qui existaient déjà.

D’améliorer et de faciliter les services ou encore de développer les transports et les communications transfrontalières. Avec un marché unifié de l’emploi.

Pour les 53 pays africains peu développés dans leur majorité, ce projet n’a rien perdu de sa validité pendant toutes ces années. Unir les économies de ces pays revenait à réaliser des économies d’échelle, favorisant leur compétitivité.

Cela signifiait aussi accéder à un espace plus grand favorisant les échanges et l’investissement et créant de l’offre en amont et en aval.

Quant à l’autre conférencier, en l’occurrence Bassidy Diabaté, il a rendu un hommage aux uns et aux autres qui se sont battus pour l’intégration africaine tout en abordant l’intégration dans le développement. Les exposés ont été agrémentés par des contributions.

Mamoutou DIALLO

(Stagiaire

27 Mai 2008