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Parole est donnée aux jeunes des principaux partis politiques.

Lazare Tembely, président de la jeunesse Adéma-PASJ;

Dr. Madou Diallo, président du mouvement des jeunes de l’URD;

Ibrahima KEBE, commissaire principal de la jeunesse du parti SADI;

Lazare Tembely, président de la jeunesse Adéma-PASJ : «Tant que les gens seront nécessiteux, l’argent influencera les résultats des élections»

Le Mali organise en 2012 des élections présidentielle et législatives. Election présidentielle couplée d’un référendum. Ces élections s’avèrent très ouvertes compte tenu du contexte particulier lié au fait que le président Amadou Toumani Touré termine ses dix ans et, certainement, ne sera pas candidat. De nouveaux candidats s’annoncent. Nous avons une centaine de partis politiques qui est intéressée par le pouvoir, un nombre important d’indépendants qui pensent qu’ils ont leur chance à tenter. Nous avons une dizaine de «candidats favoris».

jpg_lazare-adema.jpgAujourd’hui, le champ politique malien est caractérisé par un espace animé par une société civile qui pense avoir de plus en plus son mot à dire. Dans cet espace, des leaders religieux s’annoncent et tiennent à ce que leurs idées soient prises en compte. Aussi, les électeurs sont essentiellement jeunes (à peu près 60 %). Ces jeunes sont marqués par un certain nombre de problèmes (problèmes de formation, problèmes d’emploi, etc.) et pensent que certains candidats qui, depuis une vingtaine d’années, étaient là, n’ont pas tout à fait répondu à leurs aspirations. Ça peut entrainer un «vote sanction».

Nous sommes dans un pays très difficile. Le poids de l’argent, le poids des leaders religieux, le poids de l’influence familiale même seront déterminants dans la balance des résultats de 2012. Nous sommes aussi dans un pays marqué par des foyers de tension. Le nord devient difficile et cela a ses retombés.

Nous savons qu’une partie de la société civile n’est pas d’accord avec le référendum même si la majorité présidentielle s’est déjà prononcée à l’Assemblée nationale en le votant. Ce sera aussi une paire de manche dans l’organisation de ces élections. Seule une bonne organisation, la transparence dans la gestion de ces élections, feront que le Mali pourra s’en sortir grandi.

Des élections, quelque soit le territoire où elles se tiennent, ont souvent été taxées de frauduleuses par les perdants. La fraude a une multitude de formes. Il y a l’achat de conscience, les détournements de voix et beaucoup d’autres aspects. Ce qui est fondamental, c’est le fait que les gens se mettent d’accord. Je crois qu’au Mali, depuis 1992, il y a eu quelques échauffourées mais fondamentalement les acteurs politiques ont réussi à se mettre d’accord sur les résultats, même si ils ont été contestés.

Ce qu’on peut noter, c’est que nous sommes dans un pays à revenu insuffisant. Il y a souvent le matériel électoral qui manque, les agents électoraux ne sont pas bien formés, les formations politiques ne donnent pas une bonne éducation politique à leurs militants. Tout ceci fait que les résultats sont taxés de frauduleux. Mais je répète encore que ce n’est pas comme dans certains pays où les gens sont arrivés à la guerre. Au Mali, les gens se sont toujours dit que seul le consensus prévalait.

C’est en amont qu’il faut préparer les électeurs. La fraude est liée au manque de vigilance et souvent au poids de l’argent. Tant que dans le pays, les gens seront nécessiteux, l’argent va avoir une influence énorme sur les résultats. C’est clair et net. La meilleure arme que l’on puisse avoir contre ce fléau, c’est d’avoir des électeurs et des militants formés, engagés et déterminés pour la cause du candidat qu’ils défendent. Que les organes et institutions chargés de l’organisation, du contrôle et du suivi des élections (CENI, DGE, etc.) soient tous dans les normes. Parce que parfois le matériel électoral n’arrive pas à temps, les agents électoraux et les délégués des candidats ne sont pas bien formés, les bulletins ne sont pas bien remplis… S’il y a manque d’agents de surveillance, c’est le bourrage des urnes, le détournement des voix entre le bureau de vote et le centre de centralisation.

Comme le dit un philosophe, «la société modèle l’homme». Tant que nous souffrons, tant que nous restons nécessiteux, il va de soit que nous tombions dans l’influence des hommes qui ont les moyens financiers, les moyens matériels. Pour que nous soyons vigilants et pesions dans la balance, il faut que la jeunesse soit formée, informée et déterminée à avoir l’homme qui peut faire leur affaire. Pas aujourd’hui pour du thé, pour un tee-shirt, de l’argent. Mais pour demain, pour notre avenir. C’est à cela que j’en appelle à toute la jeunesse malienne. Seule la jeunesse peut atténuer le facteur de la fraude dans ce pays.

Nous, nous sommes un parti politique qui a son programme, son projet de société. Nous sommes convaincus que la solution des problèmes qui se posent à la jeunesse malienne se trouve à l’intérieur de ce projet de société. Nous n’avons aucun doute que celui qui se charge de porter ce projet de société soit en mesure de trouver des solutions idoines pour la jeunesse malienne. Ce n’est pas comme chez un candidat indépendant qui «griffonne» un papier qu’il présente au peuple. Nous avons réfléchi au sein du parti. Que X ou Y, soit désigné candidat, il ne l’est pas pour lui-même, il est candidat pour le programme du parti. La jeunesse Adéma est parmi les jeunesses de partis politiques les mieux organisées, les mieux mobilisées, la plus grande jeunesse, comme je ne me gêne pas de le dire. Je pense que le candidat qui est en mesure de trouver des solutions aux problèmes auxquels nous faisons face est le candidat Dioncounda Traoré.

Ce n’est pas seulement qu’il prend une part dans le bilan de la gestion démocratique du pays, il est aussi un premier acteur de l’avènement de la démocratie au Mali. Le Pr. Dioncounda a fait de la prison ; il a été victime de beaucoup de choses pour cette cause. Il s’est battu au sein du parti pour avoir le pouvoir avec le président Alpha Oumar Konaré. Après le 26 mars 1991, il a pris part à la gestion du pays depuis l’avènement de la démocratie. Il sait aujourd’hui les réalités de ce pays.

Dans cette gestion démocratique, il n’y a pas eu que de points noirs. Il y a eu tellement d’avancées pour les jeunes, les femmes, le pays. Comme toute œuvre humaine, elle peut avoir des imperfections. Aujourd’hui, nous allons vers la résolution des problèmes auxquels nous n’avons pas pu trouver de solutions hier. Notre candidat est conscient des problèmes qui sont posés à la nation. Les solutions, comme je l’ai dit, sont proposées dans le programme du parti. Chez nous ce n’est pas le candidat seul qui réfléchit. Nous, nous avons un parti fort, des hommes forts autour du candidat. C’est une équipe qui travaille. Ce n’est pas un super homme qui dicte ses lois aux autres. C’est en équipe que nous réfléchissons et travaillons.

C’est pourquoi je dis au peuple malien, aux électeurs, de comprendre le message de l’Adéma, d’aller au fond du programme et du projet de société de l’Adéma. Le candidat que nous avons désigné est un candidat consensuel au sein du plus grand parti politique du Mali. Je crois qu’il est aussi le candidat consensuel entre les autres candidats. Pris individuellement, je ne vois pas un candidat qui puisse faire autant de consensus autour de lui que le nôtre. C’est un homme de dialogue, un homme patient qui sait appeler les maliens au travail. Le peuple malien doit écouter le peuple Adéma pour qu’en 2012 nous nous mettions d’accord pour qu’il soit le président du pays. Ce qu’il faut dire, c’est qu’aucun candidat, aucun parti à lui seul ne pourra gagner les élections de 2012 ou gérer ce pays.


Dr. Madou Diallo, président du mouvement des jeunes de l’URD : «Il faudrait qu’on sente une évolution de 1992 à nos jours»

Les élections constituent un passage obligé de l’évolution démocratique d’un pays. Nous accueillons avec beaucoup de sérénité la perspective de 2012. Ce sont des élections un peu particulières parce qu’après dix (10) ans, le président, en fin de mandat, ne peut plus être candidat. Ce qui en fait des élections ouvertes. Ces élections ont aussi beaucoup d’enjeux par rapport aux attentes de la population, surtout de la jeunesse.

Nous savons que le peuple est préoccupé par certains problèmes qui sont même des défis à relever. Ces problèmes sont notamment liés à l’éducation, à la santé, à la sécurité alimentaire, à la sécurité de façon générale dans le pays. Voyez l’état dans lequel se trouve le nord malien ! Honnêtement, ce sont des élections qui peuvent constituer un tournant pour notre pays.

Je ne sais pas si 2012 fera exception en terme de fraude. Mais ce qui est important, c’est qu’il faut prendre toutes les dispositions pour que ces élections soient véritablement crédibles, apaisées, des élections dont les résultats seront acceptés par l’ensemble des acteurs. Il faudrait qu’on sente une évolution, de 1992 à nos jours, non seulement dans la transparence mais aussi par rapport au taux de participation. J’espère bien que ce seront des élections véritablement transparentes. Il faudrait qu’elles soient faites avec un fichier propre, que la neutralité de l’administration soit respectée sur le terrain. En dehors de cela, il faudrait que les partis politiques jouent leur partition. Qu’il y ait le fair-play. Que chacun reconnaisse les résultats. Pour que le processus électoral même marche, il faut une bonne collaboration, une coopération des partis politiques. Aujourd’hui, le Mali a une chance d’avoir une commission nationale électorale indépendante où les partis politiques sont représentés mais au-delà de ça, dans les bureaux et dans tout le processus, les partis ont des délégués et des représentants qui doivent jouer leur partition. A l’intérieur des bureaux de vote également, il faudrait que le travail soit fait de façon transparente avec des personnes crédibles.

jpg_diallo-urd.jpgLa jeunesse constitue la majorité des électeurs. C’est un enjeu important. Le taux de participation est déterminant pour démontrer le degré d’attachement de la population au pays. Pour moi, c’est un minimum pour la jeunesse que d’aller voter. Quand on regarde les acteurs qui interviennent dans le processus électoral, les délégués de la cour constitutionnelle, les membres des bureaux de vote, les représentants des partis politiques, on voit que ce sont les jeunes qui constituent la majorité. Il faudrait que ces jeunes soient formés, qu’ils sachent ce qu’ils ont à faire et le jour en question et durant tout le processus que ces jeunes soient engagés, vigilants et déterminés pour ne pas entrer dans quelque magouille que ce soit.

Même si les candidats sont de la même génération, il faudrait savoir qu’il y a une très grande différence entre eux. D’abord, il y a souvent plus de dix (10) ans d’écart. Ensuite, je ne partage pas l’idée que ces candidats aient le même parcours. Le fait de participer à la gestion du pays pendant ces vingt dernières années ne suffit pas pour dire qu’ils ont le même parcours. Certains ont eu d’autres expériences en dehors du processus gouvernemental. Pour parler de mon candidat, vous savez l’expérience qu’il a eu au niveau de la CMDT, en contact, pendant plus d’une décennie, avec les contoculteurs, les paysans, et tous ceux qui participent au cycle de transformation du coton (opérateurs économiques, responsables de l’Etat, etc.).

Il vient également de faire deux (02) mandats à la tête de la commission de l’UEMOA. C’est une vision internationale et vous savez le succès avec lequel ce travail a été accompli. C’est pour vous dire que ce ne sont pas des parcours identiques. Même leurs regards, leurs visions, leurs projets pour le Mali diffèrent. Mon candidat, en fonction de son expérience, a les ressources, la possibilité et la détermination d’offrir un lendemain meilleur au Mali, de permettre au Mali de démarrer sur le plan économique, d’avoir une base de développement qui va sous-tendre la politique éducationnelle, la politique par rapport à la sécurité alimentaire, la politique sécuritaire de ce pays. Il a tenu à signaler que lui président, il n’y aura jamais question de partition du Mali. Ce sont des expériences positives qui doivent être exploitées dans ce contexte.

Il prend une part active dans la situation actuelle du pays, s’il s’agit de la participation de son parti à la gestion des affaires de l’Etat. Oui. Cela a été d’ailleurs plus que reconnu. Dans son discours d’investiture, Soumaïla Cissé a précisé qu’il avait un double héritage. Il était l’un des principaux acteurs du gouvernement d’Alpha Oumar Konaré. Son parti, c’est-à-dire l’URD, de 2002 à ce jour, a participé au gouvernement. A partir de là, il faut en tirer les leçons pour voir qu’est ce qu’on peut améliorer.

La jeunesse constitue la majorité de la population, plus de 70 %. Cela veut dire que les problèmes des jeunes doivent être au cœur des campagnes, des différents programmes. Et ça Dieu merci, Soumaïla Cissé l’a compris. Dans son discours d’investiture, il a eu à dire que le problème du chômage des jeunes constitue une bombe à retardement qu’il faut rapidement désamorcer. De là, je dirais aux jeunes maliens que jusque-là ils avaient été instrumentalisés. On faisait voter les jeunes pour du thé, des tee-shirts, un billet de mille (1000) F, cinq mille (5000) F mais après les élections, on oublie totalement la jeunesse.

Il revient à ces jeunes de reprendre leur destin en main et de faire comprendre à la classe politique que la jeunesse sait où elle va. Elle doit soutenir un candidat qui incarne l’espoir pour la jeunesse malienne. C’est justement à ce titre que, pour illustrer cet engagement au niveau de la jeunesse URD, nous avons pris l’initiative de non seulement faire appel à Soumaïla Cissé pour qu’il se présente mais aussi de nous engager à verser sa caution. Dans cette dynamique, nous avons été rejoints par des milliers de jeunes des associations, de clubs, de mouvements. C’est devenu aujourd’hui un engagement de la jeunesse malienne.


Ibrahima KEBE, commissaire principal de la jeunesse du parti SADI : «L’État prendra l’entière responsabilité des troubles électoraux»

Les prochaines élections seront une occasion pour les Maliens de sortir massivement pour retirer leurs cartes d’électeurs et sanctionner tous les candidats qui n’ont jamais été auprès d’eux quand ils réclamaient leurs droits légitimes qu’on a refusé de leur reconnaitre et de leur accorder.
Les prochaines élections seront une occasion pour leur prouver qu’être homme politique ne signifie pas se mobiliser à la veille des élections pour prétendre être président. Non ! Il faut être auprès du peuple, se battre avec lui pour qu’il puisse vivre dans la dignité. Ces élections seront une occasion de dire «NON» à tous ceux qui ont contribué au vote des lois pour la privatisation des sociétés et entreprises d’État et mettre des milliers de Maliens au chômage sans bénéficier des droits qui leur sont reconnus par les lois et les règlements en vigueur.

Ces élections seront une occasion de dire «NON» à tous ceux qui sont restés indifférents devant les conséquences désastreuses de l’immigration ; à tous ceux qui ont toléré l’impunité, le clientélisme, la corruption, la délinquance financière, le népotisme, l’injustice sous toutes ses formes, etc.

C’est une occasion pour le peuple du Mali de choisir comme président celui qui a toujours été auprès de lui, pour le soutenir dans les moments les plus difficiles.

jpg_kebe-sadi.jpgS’il y a élections en 2012, elles ne seront ni transparentes ni crédibles puisque le régime en place a été incapable de fournir jusqu’à présent un fichier électoral fiable. Il a violé la loi électorale qui est claire et nette par rapport à la mise en place de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante). Si c’est pour préparer des troubles électoraux, l’État prendra l’entière responsabilité, s’il n’accomplit à temps et correctement sa mission.
Il va en assumer l’entière responsabilité devant l’histoire. Depuis plus d’une année nous sommes en train de mettre en garde contre ce danger.

Nous espérons quant à nous que le peuple prendra ses responsabilités. Mais l’administration de l’État s’organise pour que le tir ne soit pas rectifié. On a vu le Président de la République, nommer des préfets et des sous préfets, changer des gouverneurs de région tout comme leurs conseillers, faire des nominations dans l’administration judiciaire, dans l’administration des forces armées. Ces agents sont les ouvriers de la machine électorale. La corruption politique ne sera pas punie, elle sera de cours. En somme il prépare les élections à sa manière.

Pendant ce temps, l’administration territoriale verrouille hermétiquement le système des élections pour n’offrir aucune possibilité à ceux qui ne sont pas le ou les candidats de son choix. Elle verrouille la CENI, le fichier électoral, manipule l’implantation des bureaux de vote pour faire en sorte qu’ils ne soient pas tous proches des électeurs.
La majorité parlementaire actuelle pour sa part, s’oppose à la suppression des procurations et des votes par témoignage qui sont une source importante de fraude, c’est pour cela que la carte biométrique n’a pas été faite, c’est pour cela que la carte d’identité n’a pas été facilitée pour nos concitoyens.

Nous à SADI, nous allons tout faire pour barrer la route à la fraude. Le choix du peuple doit être respecté.

Tous les mouvements de jeunesse jouent leur rôle selon la vision de leur parti. Nous, en tant que parti de gauche, notre rôle sera de barrer la route à tous ceux qui veulent nous amener à une élection frauduleuse. Ils ont déjà commencé. Ils ont peur parce qu’ils savent le tort qu’ils ont fait au peuple du Mali. Nous utiliserons en tout cas tous les moyens légaux pour barrer la route à la fraude. Et une élection saine est une élection réussie sans fraude.

Des candidats sont supposés favoris par certaines presses internationales et leurs caisses de résonnances maliennes. Mais le candidat favori du peuple est celui qui se trouve auprès de lui chaque jour, qui défend les populations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, au niveau de l’hémicycle, au niveau des mairies. Et au Mali, il n’y en a pas deux. C’est le parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) avec son secrétaire général, le camarade Oumar Mariko.

Les autres candidats supposés favoris par ces presses n’ont pas de programme à nous soumettre à part asservir notre pays, soumettre d’avantage notre patrie aux bailleurs de fonds et extravertir son économie, nous réduire en tube digestif flasque gavé de mensonges. Parmi ces candidats, il y en a qui sont là depuis 1991. Certains ont été ministres des finances. C’est sous eux qu’on a eu près de 2500 milliards de F Cfa de dettes. C’est sous un de ces ministres des finances qu’il y a eu vingt-un nouveaux fonctionnaires milliardaires au Mali y compris lui-même. C’est pourquoi lors d’une élection présidentielle passée, il a pu disposer d’hélicoptères. C’est sous lui que le niveau des marchés publics gré à gré a été porté à 250 millions F CFA. C’était pour élargir les portes de la corruption.

Il y a aussi des candidats qui, lorsqu’ils étaient premiers ministres, ont dit que si par suite de grèves les enfants des pauvres n’étudient pas, les leurs iront étudier à l’extérieur et viendront nous gouverner ici. Comme si le problème du système éducatif était de la faute de ces enfants des pauvres.

Et aussi au lieu de trouver la solution aux problèmes du peuple mecontent qui marchait, un des soi-disant «favoris» a dit : «vous pouvez marcher jusqu’à KIDAL» (8ème région du Mali qui se situe au moins à 1600 km de Bamako). Quant à l’ADEMA PASJ qui a été au pouvoir de 1992 à 2002 et qui a joué un rôle principal sous le régime qui s’achève, elle a montré ses limites avec sa politique de confusion et de trahison.
Il est évident que ceux qui ont détourné des fonds publics ne peuvent rien nous proposer d’autre que de protéger ou sauver ceux qui ont pillé ce peuple.

Sauver le Mali n’est qu’une question de volonté politique ; et pour le faire il faut impérativement garantir la santé, l’éducation, la sécurité, l’autosuffisance alimentaire pour tous et l’intégrité territoriale à tout prix ; il faut lutter contre le chômage criminel des milliers de jeunes, des moins jeunes et des adultes ; il faut gérer de façon responsable l’émigration et enfin, reconnaitre et accorder au peuple du Mali ses droits légitimes.
Que peuvent apporter des candidats qui depuis 20 ans, ont participé en acteurs de 1er rang à la politique ayant abouti à leur enrichissement, à la corruption, à la destruction de l’école, à la misère de notre peuple. Les faire élire, c’est reconduire cette même politique.

En mars 1991, l’objectif principal était de rompre avec le régime dictatorial de Moussa Traoré auto promu général. Depuis, les dirigeants du parti SADI n’ont cessé de se battre pour les idéaux de mars 1991. Le camarade secrétaire général Oumar Mariko, le président Cheick Oumar Sissoko et tous les cadres sont toujours sur la même lancée et avec abnégation. Ils sont des exemples pour le Peuple qui le leur rend par son soutien massif. Vous savez, pour le mouvement de la Jeunesse SADI, le camarade Cheick Oumar Sissoko qu’on nomme par sympathie le «VIEUX» est une fierté, une solide référence. Avec le VIEUX, nous avons participé au gouvernement d’ATT de 2002 à 2007. Mais en partant au gouvernement, nous avons été clairs. Au départ, nous ne voulions pas y aller. Après un long et riche débat nous avons décidé majoritairement d’y aller pour prouver que le parti SADI n’était pas un parti qui ne veut pas collaborer. Nous avons démontré que nous pouvons travailler, montrer le bon chemin, faire du Mali un pays d’hommes et de femmes dignes et libres, bâtir une société démocratique, solidaire, durable.

Le camarade Cheick Oumar a été au gouvernement et sans détourner un centime. Cela est prouvé.
Nous sommes restés sur notre ligne. C’est pourquoi, quand nous étions au gouvernement, on assassinait nos militants, on fermait nos radios. Nous avons continué à nous battre pour la justice sociale et économique, la liberté et la dignité du peuple. On nous disait que nous sommes au gouvernement et que nous devrions nous taire. Nous répondions que nous étions entrés au gouvernement sous la condition que nous continuerions à défendre notre ligne.

Et quand le mandat est arrivé à terme, on s’est retiré. On a encore fait appel à nous, nous avons dit « NON » car la preuve a été faite que réellement, nous ne pouvons pas travailler avec un régime dont la ligne politique est aux antipodes de la nôtre. L’expérience a pourtant mérité d’être tentée.
Le parti SADI a contribué en gardant sa ligne de conduite sans voler, tricher, piétiner, mépriser, ignorer le peuple et sucer son sang.

Tout cela établit de façon irréfutable que les gens n’ont pas la même responsabilité dans la détérioration de la situation de notre pays. Ce qui prouve que notre candidat, «le candidat des pauvres» n’a pas de responsabilité dans l’échec des politiques.
En cette triste fin de mandat, ce régime et ses alliés veulent nous imposer une reforme Constitutionnelle inutile, liberticide, coûteuse et antidémocratique. Mais le peuple prendra ses responsabilités pour dire massivement NON.

La crise au Nord Mali résulte du fait que ce régime n‘a pas rempli ses obligations qui sont : la protection des populations civiles de leurs biens ; la dotation des militaires en armes, nourriture et munitions en qualité et quantité, la gestion d’une communication véridique et responsable, etc.

Parlant des dégâts collatéraux, je pense que les Touareg ne doivent pas tous être considérés comme des rebelles. L’intolérance qui s’est manifestée n’est que la suite de la gestion médiocre de la crise. Nous ne sommes pas d’accord avec la déchirure de la population.

Le peuple souffre réellement et je pense que c’est lui qui décidera qui prendra le pouvoir après les élections prochaines.

Propos recueillis par

Seydou Coulibaly

Le 9 Février 2012

© AFRIBONE