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Au Mali, les porteurs d’uniforme sont incontestablement respectés que ce soit pour leur physique imposant ou leur langage intimidant, personne ne veut avoir à faire à eux. Puisque peu importe la situation donnée, ils sont sûrs que lorsqu’il sera question de trancher entre l’un d’entre eux et un civil, la bataille est déjà gagnée : « ils s’en sortiront haut la main !». Ce qui donne d’ailleurs à certains d’entre eux un caractère insolent. Cependant, lorsqu’il s’agit de trancher entre deux porteurs d’uniforme, il faut savoir que les grades comptent ! Abou Touré, un nouveau recru de la gendarmerie raconte sa mésaventure. Suivez !

« Porter l’uniforme militaire était avant tout pour moi un honneur. Depuis mon tendre enfance, j’en avais toujours rêvé. Alors lorsque j’ai pu être recruté à la gendarmerie nationale, j’étais au ange. A l’époque, il faut savoir que j’étais très arrogant et je n’hésiterais à me servir de mon statut de gendarme pour intimider les civils et cela dans n’importe quelle situation. Il faut croire je me trouvais assez supérieur et intouchable. Comme si porter l’uniforme de gendarme m’immunisais de tout. Et bien sûr j’y croyais fermement ! J’ai continué ainsi jusqu’à ce que je fasse un accident de circulation…»

Ce jour-là, bien vrai que j’étais celui qui avait causé l’accident en question, et bien évidemment celui à blâmer, mais je me suis immédiatement monté sur les grands chevaux. De plus, la posture et le vestimentaire de ma victime me laissaient croire que je n’avais rien à craindre. Sa vieille voiture toute abîmée laissait penser que j’avais à faire à un vieux inoffensif. Alors pour ne pas avoir à cautionner les dégâts, je me suis mis à lui crier dessus pour l’intimider afin qu’il puisse abandonner les charges. »

« Cependant, l’homme est resté calme face à mes agissements. Il est resté serein jusqu’à qu’un policier arrive pour faire le constat. Et à ma grande surprise et mon désarroi, le policier au lieu de me saluer parce que j’étais en uniforme s’est immédiatement dirigé vers l’homme en question. Le policier lui a fait un salut militaire avant de dire cette phrase qui m’a laissée perplexe : « Mes respects mon général… »

« Ce n’est qu’à ce moment que j’ai compris que je venais de me frotter à un général habillé tout bonnement en civil. Pris de panique, j’ai enlevé mon chapeau militaire et me suis mis à le supplier.

Mais malheureusement pour moi, ce dernier était très strict, j’ai reçu une punition exemplaire. Depuis ce jour, je suis moins arrogant et plus intègre.

Soumba Diabaté

@Afribone