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Lâchés par leurs alliés d’hier, les rebelles du MNLA et les terroristes d’Ançar Eddine, d’Aqmi et du Mujao sont plus jamais affaiblis par la nouvelle donne. Face à l’armada internationale aux côtés du Mali, ils ne livreraient tout au plus qu’un baroud d’honneur. Ils ont déjà perdu la guerre.

Depuis la réunion, dans la capitale malienne, du groupe de contact, la situation au Nord du Mali ne cesse d’évoluer. La volonté de faire la guerre aux occupants telle que affichée par nombre de pays africains et occidentaux a son impact réel sur cette évolution.

En ce sens que 48 heures seulement après la fin des travaux de cette rencontre, un renfort de quelques centaines d’éléments a été annoncé à Kidal et à Tombouctou. Ces djihadistes sont annoncés pour prêter main forte à leurs « coreligionnaires » déjà en place depuis plus de six mois. De provenance diverse, ces nouveaux arrivants sont présentés comme les indésirables contraints au déplacement en Soudan, au Sahara occidental, au Nigeria, etc.

Cette information donnée en détail ne plaidant pas en la faveur des islamistes du Nord a été vite démentie par Iyad Ag Ghaly et Co. Mais, ce qu’ils ne voulaient pas entendre et qui est une réalité c’est qu’avant la guerre proprement dite, les alliés du Mali disposent de beaucoup d’informations sur les différents mouvements des troupes rebelles et djihadistes. C’est dire qu’ils sont surveillés comme du lait sur le feu à leur insu.

Le démenti de cette information par les djihadistes se justifie aussi par le fait qu’ils ne veulent pas s’isoler et comptent sur des renforts en temps opportun. En tous les cas, il n’enlèvera rien au sérieux à mettre dans la préparation des troupes de reconquête auxquelles on devra donner les meilleurs moyens militaires du moment.

Selon un confère de la place, le besoin de notre armée pour les causes de cette guerre prend progressivement corps. Et il sera effectif, selon d’autres sources, avant le délai de 45 jours exprimé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Selon plusieurs sources étrangères, le ralliement de certaines puissances sous-régionales et européennes comme l’Algérie, l’Allemagne à la cause du Mali vaut son pesant d’or.

Le premier (l’Algérie), compte tenue de sa position géographique avec le Mali, sera d’un apport stratégique dans le succès de l’opération de reconquête. L’Allemagne, forte d’un poids économique réel et de son influence au sein de l’Union européenne, et premier partenaire du Mali indépendant, pèsera lourde dans la balance malienne de la réhabilitation du Nord.

Ce n’est pas tout. Les résultats du voyage du président de la République au Qatar peuvent eux aussi changer positivement la donne. Car, dans les coulisses, ce pays est présenté comme un allié sûr des bandits armés. C’est ce que le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, tentera de vérifier au cours de son voyage au Qatar où il a effectué une visite de travail hier et avant-hier.

Si le Qatar lâche ses supposés « califes » d’une présumée guerre sainte, comme l’a fait la Suisse, ce serait les carottes cuites pour les islamistes qui n’hésitaient pas à présenter leur armada comme étant des plus sophistiquées pour faire peur à nos troupes. On suppose que cette même méthode déjà utilisée par ces éléments il y a 6 mois pour prendre nos principales capitales du septentrion en 24 heures, ne passera plus.

Avec les moyens de communication sophistiquée prochainement mis à notre disposition, c’est une guerre chirurgicale qui sera menée. Après la propagande, place donc à la vraie guerre : celle de la dignité recouvrée !

Markatié Daou

L’Indicateur du Renouveau du 24 Octobre 2012