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L’école malienne a connu une paralysie totale, du 5 au 6 mai 2009, à la suite d’«une grève générale d’avertissement» initiée par les syndicats d’enseignants du Mali. Calme total dans les cours d’école, des attroupements de professeurs pour des causeries sur des questions sociales ou sur le climat scolaire, etc., c’est le constat général que l’on puisse faire à l’issue de cette grève qui semble annoncer un bras de fer entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants.

Tous les ordres d’enseignements, du primaire au supérieur, étaient dans cette dynamique d’arrêt de travail à l’appel, d’une part, du syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec), et d’autre part, d’un collectif des syndicats de l’éducation qui regroupe le Snesup, la Coses, la Fen, la Fenarec et le Snep. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la grève a été largement suivie dans toutes les Facultés de l’Université de Bamako et dans les écoles publiques de l’enseignement primaire et secondaire.

De la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie (FMPOS) à la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) en passant par l’Ecole Nationale d’Ingénieur (ENI), l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP), la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG), la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (FLASH), l’Institut Universitaire de Gestion (IUG), et l’école normale supérieur, le constat était le même: vide total.

Les responsables syndicaux jugent que le mot d’ordre de grève a été excellemment suivi par les enseignants. Selon Abdou Mallé, toutes les écoles publiques et privées ont intégralement observé la grève. Les quelques écoles privées qui n’ont pas suivi sont celles où il n’existe pas de Comité syndical, a-t-il précisé.

En fait, on pouvait compter au bout des doigts quelques étudiants et responsables de l’administration qui se sont déplacés, soit pour s’exercer, par soif de lecture ou pour assurer la maintenance. En plus d’eux, les gardiens des lieux étaient également sur place.

Dans les facultés et grandes écoles, les réactions des étudiants sont presqu’unanime par rapport à cette grève des enseignants. «La grève des enseignants a chamboulé nos programmes», déclarent avec désespoir des étudiants.

Pour le bon déroulement de l’année scolaire et universitaire 2008 2009, des étudiants, à l’image d’Abdoulaye Coulibaly, étudiant en troisième année droit privé, appellent les différents protagonistes (gouvernement et syndicats d’enseignants) à trouver vite un terrain d’entente.

Les syndicats de l’éducation demandent notamment la relecture immédiat du décret fixant la composition, l’organisation et les modalités de fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation, l’octroi d’un siège aux syndicats d’enseignants, le respect de la liberté syndicale notamment dans l’enseignement privé et de la recherche, l’octroi d’une indemnité de logement aux enseignants du secondaire et du fondamental et l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique de l’Etat.

Les enseignants précisent qu’ils se feront valoir de tous les moyens légaux pour faire aboutir leurs revendications où ils envisagent déjà une assemblée générale unitaire des enseignants ainsi que des marches et des sit-in.

Les enseignants estiment que les autorités maliennes ont délibérément mis leur corporation dans la précarité faisant de l’enseignant le paria de la société.

Hadama B. Fofana / Seydou Coulibaly

07 Mai 2009