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La grève de la faim des cheminots continue de plus belle. Les femmes des cheminots sont sorties hier 27 décembre en soutien à leur mari poursuivant leur grève de la faim depuis 10 jours. Elles sont sorties de leur silence et semblent être déterminées à poursuivre cette grève avec leur conjoints cheminots.

Une lettre de la primature leur a été envoyée hier matin. Cette lettre fait savoir que des dispositifs ont été donnés par rapport aux salaires. Ces « dispositifs » restent inconnus pour l’instant. La lettre fait savoir qu’elle est « sensible à la situation » et que les autres mois impayés trouveront des formules idoines pour remédier à cette situation. Pour le moment, c’est une révolte contre vents et marées, froid et chaleur, silence et critique, qui est en train d’être poursuivie…

Le cri de cœur des femmes de cheminots :

Madame Togola Fanta Diallo : « Cela fait 9 mois que mon mari n’a pas de salaire. Ils nous ont pris nos maisons, les ont détruites. Ils nous ont chassés. On n’a vraiment rien a donné aux enfants. Nous souffrons que le gouvernement réagisse pas ! A cause de cette grève, mes enfants qui sont dans les écoles privées ont été obligés de les quitter pour rejoindre des écoles publiques durant leur trimestre à cause des frais de scolarités impayés ! »

Drissa Koné : « Aucune autre institution à part l’AMDH, ne nous a soutenue. Ils sont venus nous apporter leur soutien, Ni la CNDH ni aucune autre association de défense des droits de l’homme ne nous soutenu. C’est révoltant de savoir que les gens restent muets devant cette situation. C’est un combat pour tous. Tous les fonctionnaires doivent venir soutenir les cheminots dans cette situation car on peut tous y passer ! »

Amadou Ballo :
« Nous sommes à notre 9e jour. Le travail de cheminot est dur. Cela fait 10 ans que je le fais. Nos homologues sénégalais nous soutiennent. Eux par contre n’ont aucune plainte au niveau de leur gouvernement qui travaille dur pour le bien-être de la situation. Pas comme le nôtre qui fanfaronne à tout va ! Si le gouvernement doit aider des gens, c’est bien nous ».

Aminata Kanté : « Nous resterons unies avec nos maris. S’ils sont absents dans nos foyers, rien ne va. Nos enfants souffrent et sont déconcertés. C’est pourquoi nous sommes sorties massivement pour venir rendre visite à nos maris »

Les cheminots sont par ailleurs très révoltés contre M. Adama Sangaré, Maire du district de Bamako, qui ne s’est pas encore exprimé sur cette grève ni leur à montrer son soutien. Ils appellent tous les maliens à venir leur porter main forte de façon pacifique, ne se serait ce que moralement.

Aissata Keita

Bamako, le 28 Décembre 2018

©AFRIBONE