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En effet, par les soins de ce dernier, les services de la présidence de la République ont assigné Tiébilé Dramé en justice en envoyant à celle-ci un «rapport tripatouillé» qui épingle la gestion du Comité d’organisation du 23e Sommet Afrique-France.

Dans ce document jugé faux, les hommes d’ATT reprochent à l’équipe de Tiébilé Dramé des «matériels et des mobiliers de bureau manquants» d’une valeur de quelques dizaines de millions de francs CFA.

Comment en est-on arrivé là ?

Aussitôt les lampions du sommet Afrique-France de décembre 2005 éteints, le chef du gouvernement, Ousmane Issoufi Maiga a envoyé une mission conjointe du contrôle général des services publics et de l’Inspection des Finances afin de vérifier la gestion des fonds mis à la disposition du Comité d’organisation du 23e Sommet Afrique-France.

C’est ainsi que Tiébilé Dramé et ses collaborateurs se sont mis à la disposition des contrôleurs et se sont prêtés à leurs interrogations.

Le 13 mars dernier, le Contrôleur général des services publics adresse au président du Comité d’organisation du sommet un 1er rapport sur les constatations et conclusions des contrôleurs. Il lui donne 48 heures pour réagir.

Tiébilé Dramé s’exécute.

Ainsi, vers la fin du mois de mars, un contrôleur dépose au siège du Comité Afrique/Afrique une feuille volante contenant une liste «de matériels et de mobiliers de bureau manquants» d’une valeur de quelques dizaines de millions de francs CFA.

Cette liste sans lettre d’accompagnement ni bordereau d’envoi n’était point annexé au 1er rapport daté du 13 mars. Elle comportait entre autres, des motos, des machines à calculer, des agrafeuses, des dictionnaires, des services à café, des draps et couvertures utilisés par les chauffeurs et gardes du corps internés au GMS pour les besoins du sommet.

Malgré tout, Dramé a tenu à apporter au Contrôleur général toutes les précisions nécessaires à la localisation de la quasi-totalité des matériels et mobiliers considérés comme «manquants» par les contrôleurs.

Cette correspondance adressée le 28 mars sera superbement ignorée dans les paperasses des contrôleurs afin que Koulouba trouve une raison suffisante justifiant le transfert du dossier à la justice.

Et c’est ce qui fut fait le 4 septembre car ce jour-là l’ancien ministre des Affaires Etrangères est convoqué par la brigade d’investigation du pôle économique et financier du Tribunal de première instance de la commune III du District de Bamako.

Il s’y rend pour être entendu sur la gestion du 23e sommet sur la base d’un rapport radicalement différent de celui qui lui a été adressé le 13 mars et auquel il a apporté tous les éclairages quarante huit heures après.

Ce document bis ne lui a jamais été communiqué alors qu’il contient des griefs qui n’ont pas été portés à sa connaissance et sur lesquels il n’a pas eu l’occasion de s’expliquer.

C’est ce rapport tripatouillé, expurgé des appréciations positives qui figuraient dans le 1er rapport qui a été transmis au Premier ministre qui, à son tour, l’a adressé au président de la République.

Ni l’un ni l’autre n’a daigné informer Tiébilé Dramé du contenu et des conclusions dudit rapport. Au contraire, ATT s’est précipité pour instruire à ses services d’envoyer le dossier devant la justice.

Informé de cette situation, le Comité Directeur du Parena par la voix de son secrétaire général, le respectable Me Hamidou Diabaté soutient que «le premier rapport de contrôle a fait l’objet d’une malveillante manipulation dans le but de noircir la gestion du 23e Sommet Afrique-France, de salir le président du Comité d’organisation et de ternir la bonne image laissée par l’organisation d’un évènement qui fait la fierté de notre peuple et qui renforce la crédibilité et la réputation internationale de notre pays».

Le Parena s’étonne également que des contrôleurs sous serment aient pu du jour au lendemain changer leurs constatations et conclusions sans vérification supplémentaire et sans porter à la connaissance de la structure et des personnes contrôlées les nouveaux griefs formulés.

Le parti du bélier blanc estime que ces «pratiques rappellent celles des polices politiques de sinistre mémoire et représentent une honte pour notre pays et un danger pour la démocratie».

Aussi, exprime t-il sa vive indignation devant «cette machination grossière ourdie pour porter atteinte à la dignité d’un homme politique».

Enfin, le parti de Tiébilé Dramé laisse entendre qu’il n’est pas acceptable que le «Contrôle d’Etat soit un instrument de chantage et d’humiliation des cadres de notre pays».

Affaire à suivre.


Chahana TAKIOU

18 septembre 2006.