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L’école malienne reviendra-t-il à l’école ?”. Comment cela peut-il être réalisé ? En tout cas, ces questions restent posées par les autorités, surtout quand on constate malheureusement que les parents d’élèves ont démissionné de leur rôle d’éducateurs dans notre société.

Pour preuve, les élèves et étudiants de la nouvelle génération n’ont plus le souci de leur avenir.Ils préfèrent s’adonner à la violence dans les écoles contre leurs propres enseignants. C’est le cas d’ailleurs des étudiants de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP).

En effet, selon nos sources, les étudiants de cette faculté ont menacé de mort le Doyen de l’établissement en la personne du Pr Harouna Dembélé. Ce dernier aurait échappé au lynchage grâce au secours énergique des policiers qui sont arrivés précipitamment au sein de la cour de la FSJP.

L’événement s’est déroulé hier lundi vers 9 heures du matin dans ladite faculté. Ainsi, l’on se pose la question de savoir pourquoi cette agitation des étudiants est arrivée jusqu’à la menace de mort ?


Les causes de cette ménace de mort

Il faut noter que la menace de mort contre les enseignants maliens est une pratique courante dans notre université. Car, il n’y a pas très longtemps, les étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et
d’Odonto-Stomatologie (FMPOS) ont menacé de l’un des grands professeurs du nom de Abdel Karim Koumaré en lui arrachant le micro pendant qu’il était en plein cours magistral.

C’était à la suite d’une assemblée générale décrétée par les étudiants.

Ce dernier ne fut sauvé grâce à son esprit de sagesse et de civisme en faveur de cette faculté. S’agissant de la menace de mort du Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), ce serait partie, selon les versions des étudiants d’une part du mauvais résultat des examens au titre de l’année 2006-2007.

Il s’agit là des questions de repêchage, c’est-à-dire faire passer le maximum d’étudiants malgré leur médiocrité pour soi-disant éviter la violence des étudiants, la corruption, libertinage, le laxisme. Pourtant, c’est contre ces pratiques que la nouvelle administration dirigée par le Doyen Harouna Dembélé sévit.

D’autre part, il s’agit d’une révolte contre la grève illimitée décrétée par le Syndicat SNESUP de la FSJP et la FSJP depuis le mercredi 7 mai 2008. Cet arrêt inconditionnel de travail a pour cause de contraindre le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique Amadou Touré à reconnaître son tort de s’immiscer dans les affaires intérieures de cette faculté lors de la proclamation des résultats.


Cette grève valait- elle la peine ?

Probablement non, d’après les étudiants et la plupart des enseignants de la FSJP, car disent-ils, pourquoi aller en grève illimitée après que les résultats soient tombés ? N’est-il pas temps de faire face à la nouvelle année ? En tout état de cause, cette faculté a intérêt à démarrer sa nouvelle année universitaire 2007-2008 si réellement les étudiants veulent que l’année soit sauvée, car nous sommes déjà à la moitié de la fin d’année scolaire.

Il est également important de souligner que les enseignants iront en congé à la fin du mois de juillet prochain pour répondre le 1er octobre 2008. Ceux-ci vont-ils accepter de travailler durant ces deux mois de congé ? Et à quel prix ? Voilà autant de questions qui méritent une réflexion particulière.

Mise en garde des professeurs

Dans cette faculté, il est temps que les enseignants de la FSJP prennent conscience de la gravité de la situation. En effet, il faut qu’ils arrêtent avec leur lutte clanique ou syndicaliste pour mettre en branle l’avenir des étudiants.

Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui responsables de la situation que connaît cette faculté. Ils doivent lutter contre les pratiques du genre: achat des notes, attribution de notes par complaisance ou sexuellement transmissibles, corruption, incompétence, incivisme.

A cause de ces mauvais comportements, l’on se demande où est passé l’éthique et la déontologie de l’enseignement. En effet, beaucoup d’enseignants de cette faculté se demandent où veut aller le SNESUP avec cette faculté ?

C’est pourquoi, ils accusent aujourd’hui le professeur Djimbonding Dembélé et le Docteur Abdou Mallé, secrétaire général du SNESUP d’avoir rendu la situation difficile à la FSJP. Toute chose qui est à la base de cette révolte des étudiants contre le Doyen Harouna Dembélé.

Selon certains, le Doyen a plaidé en faveur des étudiants en demandant de repêcher jusqu’à 7,00 de moyenne. Ce qui n’a pas été accepté par les deux syndicalistes.

Quelle responsabilité pour le ministre ?

Quand bien même nous sommes dans un Etat de droit, il va falloir que le gouvernement prenne ses responsabilités pour mettre chacun devant ses responsabilités. Car, l’on ne peut pas continuer à désorganiser tout un système mis en place par l’Etat. Personne n’est au-dessus de la loi et chaque entité a ses limites.

Aujourd’hui, il y a une confusion et pour preuve, à la FSJP ce sont les étudiants qui décident de leur rentrée scolaire. C’est dommage que la situation à la FSJP est en passe d’atteindre son paroxysme. Cette faculté connu sous le nom de l’ex-Ecole Normale d’Administration était autrefois un des établissements les plus enviés en Afrique. Un grand nombre de hauts cadres du Mali sont passés par cette école.

Il y a donc lieu d’avoir un sursaut pour réhabiliter cette faculté pour un meilleur avenir des élèves et étudiants. Or, cela n’est pas possible sans une école apaisée et performante.

Hady BARRY

13 Mai 2008