Partager

La France, à travers le fonds de diversité culturelle, a décidé de soutenir l’informatisation et l’accès à l’Internet des villes de Tombouctou, Djenné et Bandiagara. En outre, dans le cadre du même projet, le Musée national et la section photo de l’agence malienne de presse et de publicité (AMAP) pourront être visionnés sur le net. Le directeur du Centre Culturel Français (CCF), Jean Luc Baillet a fait la révélation hier mardi 15 mai lors de l’ouverture de la Fête de l’Internet au CCF de Bamako.

Sans risque de se tromper, l’on peut affirmer qu’aujourd’hui la coopération entre le ministère de la Culture malien et le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’ambassade de France est au beau fixe.

En effet, ce dernier vient de financer, à travers le Fonds de diversité culturelle, l’informatisation et l’accès à l’Internet des villes de Tombouctou, Djenné et Bandiagara.
Ces localités qui sont sélectionnées sur la liste des sites du patrimoine culturel mondial seront consultables sur l’Internet.

Ainsi, de nombreux touristes pourront-ils- être incités à venir visiter le Mali. Il est inutile d’affirmer que le monde entier pourra visionner les images du Mali profond. Ce vaste projet va marquer un nouveau départ pour la culture malienne qui ambitionne d’occuper la place qui lui revient sur le plan mondial.

Somme toute, il convient de souligner que ce projet entend donner l’opportunité aux cadres du département de la Culture de maîtriser davantage les nouvelles techniques de l’information et de la communication.

S’agissant de la célébration de la fête de l’Internet, elle a été marquée, cette année, par l’implication de l’Association malienne pour l’initiation et la sensibilisation aux technologies de l’information et de la communication (AMIS-TIC). Qui a organisé un atelier d’initiation à l’intention des jeunes au CCF. Les activités se déroulent depuis hier et ce, jusqu’au 19 mai.

Durant cinq jours, des réseaux d’échange d’informations et de partage des connaissances par et pour les utilisateurs des TIC pour le développement au Mali tel que Togunet ont installé des stands dans la cour du CCF où ils font la promotion de leurs produits.

La cérémonie d’ouverture de cet événement, placée sous l’égide de Gaoussou Drabo, ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, a enregistré la présence du directeur de la Commission de régulation des télécommunications (CRT), de celui de l’AGETIC. L’ambassadeur de France, Michel Reveyrand de Menthon et d’autres personnalités du monde des télécommunications étaient également présents.

Dans son discours à l’ouverture des travaux, le président de l’AMIS-TIC a exprimé sa volonté de voir cette fête instituée comme une tradition. Un moyen pour réduire la fracture numérique. C’est-à-dire permettre l’accès de tous à l’Internet en exhortant les opérateurs à soutenir les actions tendant à promouvoir l’accès à l’Internet au Mali en particulier et en Afrique en général.

Car aujourd’hui dans la société de l’information, l’Afrique est en retard par rapport aux autres continents. Les ¾ des internautes vivent dans les pays de l’OCDE à revenu élevé abritant 14 % de la population mondiale. L’Afrique héberge à peine 0,00001 % du total mondial des pages Web.

Par rapport au pouvoir d’achat, l’Internet est de 650 à 1500 fois plus cher en Afrique qu’en Europe. La volonté de l’AMIS-TIC est à encourager. Car aujourd’hui, nul n’ignore l’importance de l’Internet dans le développement social. Cet instrument n’est plus un luxe. Il est indispensable dans presque tous les domaines d’activité.

Dans le domaine de la santé, grâce à la télé-médecine, de nombreuses vies humaines ont été sauvées. Dans le domaine de l’économie, des logiciels ont été conçus pour permettre le traitement rapide des données comptables.

Eu égard au bien-fondé de l’ambition de l’AMIS-TIC, le ministre Drabo n’a pu s’empêcher de saluer le courage des responsables de l’Association avant de déclarer l’atelier ouvert.

Abdoul Karim KONE

16 mai 2007.