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La Fédération Nationale des Associations des Retraités du Mali (FNAR) a animé une conférence de presse hier jeudi 3 avril à la Maison des Jeunes de Bamako pour manifester sa préoccupation au sujet du projet de réforme du code des pensions des fonctionnaires civils, des militaires et des députés.

Le principal orateur de la rencontre était Sinaly Sidibé, le secrétaire général de la FNAR. Le secrétaire général était épaulé par Isack Sy, 2ème vice-président, Thiambal Sissao, le président et Mamadou Maïga, 1er vice-président.

L’EXPOSE DU SECRETAIRE GENERAL

Avant la publication du compte rendu du conseil des ministres du 20 février 2008, dans le quotidien national L’Essor, au sujet du projet de loi portant Code des pensions des fonctionnaires civils, militaires et des députés, la FNAR avait, en temps opportun, adressé des lettres exprimant les inquiétudes et préoccupations des retraités au ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, au Premier ministre, le président de la République.

Toutes ces correspondances sont restées sans suite. Depuis plus de 40 ans, le sentiment d’injustice, de méfiance caractérise les relations des retraités avec la Caisse des Retraités du Mali (CRM), ses gestionnaires et aussi l’Etat lui-même. Ainsi, pendant 40 ans, la revendication de la sécurité sociale n’a pas atteint ses objectifs et les retraités, en l’occurrence les personnes âgées continuent de se battre pour la reconnaissance de leurs droits.

Un black out total et concerté s’est fait autour des questions de retraites. Ni les syndicats, avant et après les événements de mars 91, ni les partis politiques, depuis l’ouverture démocratique, n’en font ni une doléance, ni une préoccupation ni une revendication. Les retraités ont ainsi été maintenus dans leur état d’oubliés, abandonnés à leur propre sort. Force était donc pour eux de s’unir et de s’assumer : voilà pourquoi ils ont créé la FNAR.

FNAR OCCUPE DES ACTIFS

Cela vient combler le vide laissé par ceux qui n’ont pas compris qu’une vie professionnelle bien remplie ne peut et ne doit avoir comme ambition et comme objectif que la garantie d’une retraite paisible et digne. Cette conférence de presse n’était donc qu’un témoignage, une interpellation un appel, voire un cri de coeur.

D’abord, elle est le témoignage de ceux qui, du fait d’une retraite obligatoire à 52, 55, 58, 60 ou 65 ans, manquent de recours contre le chômage, l’infortune, la maladie les handicapes de l’âge, le dénuement et les agressions de toutes sortes.

MARGINALISATION

Elle témoigne de leur maltraitance, de leur marginalisation, de leur exclusion, de la non prise en compte de leurs besoins et de leurs paroles dans les décisions qui les concernent, du manque de respect et de considération dont ils font l’objet, de la non reconnaissance de leurs droits.

Elles témoignent de leur volonté d’être fermes dans la défense de leurs droits, tout en restant, sages, patients et persévérants, respectueux des lois et règlement de leurs pays.

UN APPEL A L’UNTM ET A LA CSTM

Cette conférence de presse était également une interpellation. Elle interpelle les syndicats (UNTM, CSTM) qui n’ont rien fait pour approcher les retraités, les partis politiques et les gouvernements pour leur rappeler que le combat pour la retraite est d’abord leur combat. C’est le combat pour l’avenir immédiat. Ils se doivent de l’inscrire en bonne place dans leurs priorités, leurs préoccupations et leurs revendications.

La retraite dans un système de répartition comme le nôtre est essentiellement co-financée et co-gérée par les travailleurs en activités et l’Etat employeur. Tous ceux, parmi les actifs, que l’avenir préoccupe doivent raisonnablement être préoccupés par la retraite.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

04 Avril 2008.