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Une réaction d’envergure des Etats, des bailleurs, des organisations régionales et des éleveurs contribuera à dynamiser la filière.La production locale de lait en Afrique de l’ouest a du mal à satisfaire la demande des consommateurs. Tous nos pays effectuent donc des importations massives de produits laitiers pour combler ce déficit structurel. Du coup, s’interroger sur les mesures à prendre pour valoriser le lait local apparaît comme une évidente nécessité.

Indépendamment des politiques et initiatives de chaque pays, des organisations non gouvernementales se sont mises en groupement pour fédérer les différentes activités prévues dans notre sous-région. De fil en aiguille est née l’idée d’un atelier sous-régional sur la filière de lait local en Afrique de l’ouest qui se tient depuis hier au Cres de Badalabougou.

jpg_lait.jpgOrganisée conjointement par les Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF), Vétérinaires sans Frontières Belgique (VSF – B), Initiatives conseils développement (ICD) ainsi que l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP), la session réunit les différents acteurs de la filière du lait local de la sous-région ouest africaine. Ils sont venus du Burkina Faso, de Mauritanie, du Niger et du Sénégal pour se joindre aux éleveurs de chez nous. D’autres sont venus de France et de Haïti.

Lors de la cérémonie officielle d’ouverture, le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Ba, a clairement identifié l’objectif recherché : cerner les priorités et moyens à mettre en œuvre pour dynamiser la filière et enclencher une réaction d’envergure des Etats, des bailleurs, des organisations régionales et des éleveurs eux-mêmes au profit de celle-ci. Dans la sous-région sahélienne, l’élevage est au cœur des systèmes de production des ménages ruraux. Les produits de l’élevage (lait, viande) sont des sources de revenus et de protéines, essentielles à la sécurité alimentaire.

Le ministre Ba a rappelé que cette situation de crise s’est aggravée avec la flambée des prix du lait, conséquence de la crise laitière de ces deux dernières années. Les Agronomes et vétérinaires sans frontière ont relevé que les Etats ouest africains souhaitaient mettre en œuvre des politiques de valorisation du lait local afin, entre autres, de renforcer leur souveraineté alimentaire, développer leur économie, créer des emplois et réduire leur déficit commercial. Dans cette optique, des tentatives infructueuses de dynamisation de la filière à travers des programmes nationaux ont vu le jour.

Quels sont alors les facteurs contribuant au sous développement de la filière du lait local ? Les spécialistes soulignent la faible prise en compte des réalités locales dans l’élaboration des différents programmes, la modicité des investissements structurants au profit de la filière et l’accès très difficile pour les éleveurs au marché compte tenu de l’absence de structuration de la filière et du caractère fortement périssable des produits laitiers. Sans oublier la minoration de l’élevage familial (qui fournit 98% de la production) dans l’établissement des politiques laitières, au profit d’une minorité de gros éleveurs périurbains.

Les travaux qui s’achèvent demain sont axés précisément sur la place, le rôle et l’implication des petits et moyens éleveurs dans le développement de la filière lait. Les assises devraient déboucher sur un partage et une mutualisation des travaux de capitalisation en cours de réalisation au Mali et au Sénégal, un échange d’expériences entre organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest et d’Haïti sur les solutions pertinentes pour lever les points de blocage de la filière.

Il apparaît, à ce propos, nécessaire de susciter la création d’un réseau régional ouest africain propre à exercer une incidence politique aux niveaux national et régional. Les participants s’attacheront également à concevoir une boite à outils de mise en place et de gestion des mini laiteries.

Amadou M. Cissé

L’Essor du 15 Septembre 2010.

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Pour la capitalisation de la filière lait en Afrique de l’ouest : Les acteurs de la sous-région en conclave à Bamako

Pendant trois jours, les participants vont partager et mutualiser les travaux réalisés sur la filière lait au Mali et au Sénégal et aussi procéder à des échanges d’expériences entre Organisations Paysannes de l’Afrique de l’Ouest et d’Haïti sur les solutions pertinentes aux contraintes du développement de la filière lait. La création d’un réseau régional ouest africain des professionnels de la filière lait est attendue à la fin des travaux.

La salle de conférence de l’ex- Centre régional d’énergie solaire (CRES) abrite, depuis hier, un atelier sous-régional de capitalisation de la filière lait local en Afrique de l’Ouest.

Initié par l’Association des Organisations Professionnelles Paysannes du Mali (AOPP) en partenariat avec Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF), Vétérinaires sans frontières Belgique (VSF B) et Initiative conseil développement (ICD), l’ouverture était présidée par le ministre de l’Elevage et de la pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ.

Le Projet de capitalisation de la filière lait local en Afrique de l’Ouest, qui est mis en œuvre au Mali et au Sénégal, a démarré par des travaux de capitalisation qui ont conduit à la tenue de plusieurs ateliers locaux sur la filière. Le présent atelier sous-régional est le couronnement de ces travaux. Il porte sur la place, le rôle et l’implication des petits et moyens éleveurs dans le développement de la filière lait.

Il vise à partager et mutualiser les travaux réalisés sur la filière lait au Mali et au Sénégal et à procéder à des échanges d’expériences entre Organisations Paysannes de l’Afrique de l’Ouest et de Haïti sur les solutions pertinentes aux contraintes du développement de la filière lait.

L’atelier vise également à susciter la création d’un réseau régional ouest africain des professionnels de la filière lait ; concevoir une boite à outils d’aide à la décision pour la mise en place de mini laiteries ; et aussi à élaborer des modèles d’organisation et de gestion des mini laiteries.

La sous-région ouest africaine dispose d’un potentiel laitier important, mais qui profite très peu aux communautés, notamment à cause du caractère extensif de l’élevage, de la saisonnalité de la production laitière, de l’existence de certaines maladies et du coût élevé des intrants.

Dans son intervention, le secrétaire général de l’AOPP, Bakary Diarra, a indiqué que le Mali s’est engagé, à travers la Loi d’orientation agricole, à asseoir une agriculture professionnelle. Il a souligné que plusieurs facteurs contribuent au sous développement de la filière. A savoir la faible prise en compte des réalités locales dans l’élaboration des différents programmes, la faiblesse des investissements structurants au profit de la filière, l’accès très difficile pour les éleveurs au marché, compte tenu de l’absence de la structuration de la filière et du caractère fortement périssable des produits laitiers et la faible prise en compte de l’élevage familial ( qui fournit 98% de la production) dans le cadre de l’établissement des politiques laitières au profit d’une minorité des gros éleveurs périurbains.

Le directeur d’Agronomes & vétérinaires sans frontière, Jean Jacques Boutrou, a déclaré que cet atelier permettra de mutualiser leurs connaissances et de dégager les voies pour le développement de la filière. Quant au représentant d’Inter-réseaux du développement rural et partenaire financier de l’activité, Souleymane Traoré, il a espéré qu’au terme de la rencontre les acteurs du secteur trouveront un argument solide pour mieux défendre la filière.

Pour sa part, la ministre de l’Elevage et de la pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ, a indiqué que le poids des importations de lait sur les budgets de nos Etats nous incite à mettre davantage l’accent sur les productions locales.  » Le potentiel existe et les contraintes sont identifiées. Nous devons, en conséquence, mobiliser les moyens nécessaires pour inverser la tendance afin de rendre plus disponible et plus accessible à tous le lait local « , a-t-elle déclaré.

La ministre a saisi l’occasion pour féliciter les organisateurs de cet important atelier, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de capitalisation de la filière lait local en Afrique de l’Ouest. Avant d’exhorter l’ensemble des participants à débattre sereinement des différents thèmes qui seront exposés par les experts.

Soumaila GUINDO

Indépendant du 15 Septembre 2010.