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Nous en connaissons un qui allait, à l’occasion des élections générales de 2007, convier les Maliens à la fête électorale. Cette démarche aurait eu la vertu d’apaiser les esprits : en exorcisant les démons de la violence. Le Mali, terre d’accueil, de jatigiya et aussi de sinankouya, peut bel et bien traverser des épreuves plus graves que les élections. Alors pourquoi se crêper les chignons à ce point ? Parce que quelque part, entendons-nous, quelqu’un n’a pas joué son rôle « d’aîné sans être le plus âgé ». Or, gouverner, c’est prévoir. Hélas !

Aujourd’hui, au nom du soutien à tel ou tel autre, nous assistons à toutes sortes de tensions et d’agressions sinon suscitées, du moins entretenues : des affiches de campagne sont déchirées, des partisans en arrivent aux mains dans les transports en commun, un enfant passe la nuit dans un poste de police pour avoir « vandalisé » un portrait de campagne, des véhicules de campagne subissent des jets de pierre à l’intérieur… alors que des partis révèlent la fraude sans que cela n’émeuve outre mesure. Ni l’Etat ni ceux aux noms desquels ces pratiques font irruption sur la scène politique ne lèvent le petit doigt.

Au sujet des affiches déchirées, une de mes connaissances jure la main sur le cœur que celles-ci ne vont pas voter dimanche. Certes ! Mais où est donc le fair-play ? Parce qu’il ne nous semble pas juste de demander au public sportif d’accepter la défaite dans la dignité et se comporter autrement sur un autre terrain. Simple question d’équité. Qui peut d’ailleurs soutenir que les élections ne sont pas une compétition aussi rude qu’une phase finale de Coupe d’Afrique des nations ?

L’idéal, la maturité politique et l’esprit de démocrate sincère veulent que le vaincu félicite le vainqueur au soir du scrutin. Cependant, cela se prépare et s’entretient. En d’autres termes, dès le départ, les uns et les autres doivent être non seulement sur un même pied, mais ils doivent aussi tenir au code de bonne conduite pour des élections apaisées et transparentes comme à la prunelle de leurs yeux. Ce qui, apparemment, n’est pas encore le cas. Que Dieu assiste le Mali !

A. M. T.

23 avril 2007.