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Le 20 février 2010, les lampions se sont éteints sur la 10ème édition du forum de Bamako, dont le thème était cette année : « L’Afrique 50 ans après : le défi alimentaire, la faim sur le continent ». Après cinq jours de débats et dans l’espoir de mettre à l’abri de la faim, les participants ont formulé des recommandations.

«Assigner à l’agriculture une mission de service public en vue d’une dotation budgétaire conséquente, financer l’agriculture principalement par des ressources financières internes au pays pour garantir sa durabilité, élaborer et mettre en œuvre une loi foncière sécurisante pour la production agricole afin d’amener les Africains à investir davantage dans le secteur agricole, promouvoir l’emploi non agricole dans les zones rurales, développer des stratégies d’adaptation des producteurs aux changements climatiques surtout dans les zones vulnérables, promouvoir la bonne gouvernance par l’application et le suivi des politiques agricoles mises en œuvre, et renforcer l’intégration des Etats et la mise en cohérence des politiques agricoles » sont autant de recommandations sorties de la 10ème édition du forum de Bamako.

En choisissant ce thème, les organisateurs ont voulu amener les Africains à s’interroger sur ce qu’ils ont fait durant les 50 années d’indépendance, quand on sait que la grande majorité des habitants du continent souffre de la faim et cela malgré de fortes potentialités agricoles.

Pour analyser en profondeur les causes du phénomène et de proposer de nouvelles perspectives, le Forum a réuni des hommes politiques, des spécialistes de l’agriculture au sens large du terme, des scientifiques, des acteurs économiques et des hommes de médias.

Pendant cinq jours, une cinquantaine de communications ont été présentées et ont fait l’objet de discussions. Après une analyse sans complaisance de la situation alimentaire et nutritionnelle qui prévaut sur le continent africain, les participants ont retenu que la situation du continent, de 1960 à nos jours, montre une récurrence de la faim et de la pauvreté avec des indicateurs très préoccupants.

« Sur le plan alimentaire et nutritionnel, de nombreux pays africains sont toujours confrontés à des pénuries et à une insécurité alimentaire du fait de la sécheresse, de conflits et de conditions rigides de l’offre », indique le communiqué final du forum.

Avant d’ajouter que sur un milliard de personnes souffrant de faim dans le monde, l’Afrique en compte 265 millions, soit le quart de la population mondiale souffrant de la faim.

Par ailleurs, les participants ont retenu qu’un Africain sur trois est malnutri, un enfant sur 6 souffre de famine et un enfant de moins de 10 ans meurt de faim toutes les 5 secondes. Au titre des causes de la faim et de la pauvreté en Afrique, les participants au Forum de Bamako ont classé les principales raisons en deux groupes.

Le premier englobe les phénomènes naturels dévastateurs, généralement soudains, imprévisibles, de grande ampleur, qui détruisent les cultures et anéantissent les cheptels. Ce sont : les tremblements de terre, les inondations, les sècheresses, les invasions de criquets, les maladies épidémiques des plantes.

Le second groupe implique directement des comportements humains que sont les guerres et les conflits avec leur cortège de destructions et la mauvaise gouvernance. Mais, les participants au forum, malgré les difficultés, ont admis que les pays africains ont des atouts.

Ce sont : les grandes potentialités agricoles du continent, une population jeune et en pleine croissance, un taux de scolarisation et d’alphabétisation en forte augmentation dans certains pays, des stratégies réussies en matière de développement agricole, des Etats démocratiques en cours de construction.

En plus de ces potentialités, ils ont proposé aux Etats africains de s’inspirer des pays comme la Chine, les USA et certains continents comme l’Europe qui ont pu promouvoir leur développement économique et social et leur sécurité alimentaire en prenant l’agriculture comme le fer de lance de leur développement.

Mais surtout en adoptant une politique volontariste en faveur de l’agriculture par des investissements publics importants ou en subventionnant massivement leur agriculture.

Enfin, pour changer la situation actuelle, les participants ont énuméré un certain nombre de défis à relever : assurer la sécurité alimentaire d’une population en forte croissance ; améliorer le revenu de la population, notamment en milieu rural ; assurer une gestion durable des ressources naturelles ; assurer une bonne gouvernance des Etats ; assurer un financement durable de l’agriculture par des ressources internes ; assurer l’intégration politique et économique des Etats africains ; développer un capital humain performant.

Assane Koné

23 Février 2010.