Partager

Le colloque réfléchira à un enjeu crucial pour l’humanité, une alimentation correcte pour tous.Le traditionnel Forum de Bamako organisé chaque année par la Fondation du même nom se déroulera cette année du 16 au 20 février prochain. Le thème central de cette 10e édition est « l’Afrique 50 ans après : le défi alimentaire la faim sur le continent ».

jpg_forum-faim.jpgLa rencontre s’annonce donc comme un exercice de décryptage du défi de l’insécurité alimentaire dans la perspective du changement climatique mondial. En prélude à l’événement, le Premier ministre Modibo Sidibé qui préside la Fondation du forum de Bamako, a animé lundi un point de presse à la Maison de la presse sur les enjeux et les perspectives de ce rendez-vous entre intellectuels africains et experts étrangers.

La rencontre s’est déroulée en présence de Abdoullah Coulibaly, le président directeur général de l’Institut des hautes études en management (IHEM), l’initiateur du Forum, et de Patrice Renault Sablonière, le secrétaire général de la Fondation du forum de Bamako. À ce beau monde se sont joint le président l’Union des journalistes de l’Afrique de l’ouest, Ibrahim Famakan Coulibaly, le président de la Maison de la presse, Makan Koné, et une foule d’étudiants de l’IPR.

Le forum de Bamako, a rappelé Modibo Sidibé, aborde sa 10e édition avec des ambitions renforcées. Manifestation unique en son genre en Afrique, le forum s’est imposé comme un espace de réflexion de haut niveau sur l’avenir du continent.

En quelques années, il a ainsi réussi à rassembler de nombreuses personnalités et organisations venues de tous les horizons pour plancher sur des thèmes de grande actualité pour le continent. Le forum de Bamako organise un colloque annuel, hors des cadres conventionnels et institutionnels, conjuguant liberté de parole, convivialité et haut niveau de débats.

Chefs d’entreprise, hommes politiques, décideurs publics, universitaires, experts, représentants de la société civile et des médias de tous les continents dialoguent sur les orientations et les enjeux du développement de l’Afrique.

Le rendez-vous bamakois participe ainsi au métissage de connaissances et au partage des savoirs et gagne chaque année en notoriété. Accompagné et soutenu par de nombreux partenaires publics et privés, la manifestation publie à chacune de ses éditions un mémorandum remis au président de la République du Mali. Ce document ainsi que les contributions produites dans le cadre des travaux sont des outils d’analyse, de réflexion et de proposition destinés aux décideurs et organisations impliquées dans les questions de développement en Afrique.

Les résultats des travaux sont aussi mis à la disposition du grand public par divers canaux : Internet, articles de presse comptes-rendus, publications et débats radiodiffusés et télévisés. Depuis plusieurs années, le forum suscite légitimement une forte mobilisation des grands médias internationaux notamment par l’organisation à chaque édition de rendez-vous télévisés et d’émissions de radio.

Créé et organisé par Abdoullah Coulibaly, président fondateur de l’Institut des hautes études en management dans l’esprit d’une formation de qualité et d’une promotion des élites africaines, le forum est aujourd’hui pris en charge par la Fondation forum de Bamako. Celle-ci a été créée en 2008 pour poursuivre l’effort de réflexion tout au long de l’année avec l’ambition de donner au rendez-vous une assise stable et permanente. En choisissant de réfléchir à un enjeu crucial de l’humanité, une alimentation correcte pour tous, le forum fait honneur à sa réputation.

Il s’interroge sur le bilan d’un demi-siècle d’indépendance en Afrique et sur les politiques mises en œuvre pour garantir le bien être des peuples africains. Il entend aussi réfléchir au développement d’une agriculture moderne, capable de répondre aux besoins essentiels des populations tout en se constituant en secteur économique rentable, dans le respect des équilibres environnementaux, Le forum s’articulera autour de 12 sessions, a indiqué Bino Témé, le directeur de l’IER.

La session inaugurale sera consacrée au paradoxe de la pauvreté en Afrique. Les sessions 1, 2 et 3 s’intéresseront à la situation alimentaire, à la place et au rôle de l’agriculture et aux grands enjeux du développement de l’Afrique. Les thèmes « capital humain », « l’agriculture africaine face aux problématiques nouvelles » et « quelle politique agricole commune pour le développement du continent ? » seront développés en sessions 4, 5 et 6 du forum.

Les autres sessions entretiendront le public du financement de l’agriculture, du point de vue des acteurs, des expériences croisées des pays et des zones régionales et du rôle des médias dans le processus du développement de l’Afrique.

À quoi serviront les conclusions ? « Le forum est un espace de réflexion. Nous ne devons pas laisser les autres le soin de réfléchir à notre place. C’est un espace ouvert et ses résultats sont ouverts à tous », a expliqué Modibo Sidibé en précisant que le forum n’avait pas vocation à mettre en œuvre ses recommandations.

Interpellé sur une éventuelle autocritique, Abdoullah Coulibaly a situé le forum dans un processus et jugé que l’heure du bilan n’avait pas encore sonné. Cependant, a-t-il noté, des hommes de qualité viennent d’année en année, ce qui suppose que le processus n’est pas mauvais.

S’il y a échec, a jugé Abdoullah Coulibaly, ce serait au niveau de l’implication des étudiants et de la mobilisation des ressources.

Souleymane Doumbia

L’Essor du 10 Février 2010.