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Alors que les dernières exactions du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) perpétrées sur des populations noires à Kidal restent encore fraîches dans les mémoires, Amnesty International vient de publier un rapport qui accable l’armée malienne. Cette énième accusation a amené la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) à réagir.

Tortures, tueries, disparitions forcées de personnes, exécutions extrajudiciaires, le rapport d’Amnesty international publié ce vendredi 7 juin ne fait aucune concession à l’armée malienne. «Le bilan des forces de sécurité maliennes en ce qui concerne les droits humains depuis janvier est tout simplement déplorable», ont tranché les auteurs de ce rapport. Les victimes désignées par l’organisation humanitaires sont les touaregs et les arabes. Une franche de ces deux communautés blanches sont entrées en rébellion en janvier 2012. Ses offensives menées en coordination avec des groupes terroristes liés à Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) avaient abouti, en avril, à l’occupation totale du nord du Mali.

En janvier 2013, les forces armées maliennes, aidées par la France et des pays africains, ont lancé une contre-offensive visant à libérer le territoire. Ce processus de libération a valu plusieurs rapports et communiqués des organisations de défenses des droits de l’homme notamment Amnesty international et Human Right Watch. L’armée malienne qui nie catégoriquement ces récriminations, accuse ces organisations internationales de parti pris.

«Des gens ont été tués à Ténenkou [dans la région de Mopti, Ndlr] et jetés dans des puits sans qu’Amnesty international ne pipe mot», constate le directeur de la Dirpa, le lieutenant-colonel Souleymane Maïga. Ces faits ont bien été avérés et les auteurs de ces tueries seraient liés au Mnla. Le week-end dernier, ce même groupe armé s’est adonné à une rafle contre les Noirs à Kidal. La France dont les troupes de l’opération serval cohabitent avec eux, a condamné ces exactions qualifiées par le gouvernement malien « d’épuration raciale ». Les Etats-Unis ont également condamné ces abus.

Cependant les organisations de défense des droits de l’homme, pour leur part, sont restées muettes. D’où cet agacement légitime de l’armée malienne. «Amnesty international a perdu toute sa crédibilité. Ces derniers temps, cette organisation ne fait que des prises de partie », a indiqué le directeur de la Dirpa dans un entretien qu’il nous a accordé.

Le Mali n’est pas le seul pays à contester les rapports d’Amnesty internationale. Le Maroc, le Cameroun, la République démocratique du Congo, entre autres, ont récemment rejetés des rapports de l’ONG l’accusant de «partialité».

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 7 Juin 2013