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De Modibo à Alpha, en passant par Moussa Traoré, les Maliens ont toujours marché la tête haute. Mais depuis un certain temps, les Maliens sont vus d’un mauvais œil. Et cela, par la faute d’une diplomatie qui ne fait rien pour protéger les Maliens, surtout ceux vivant à l’extérieur. Parmi les exemples récents, il y a l’expulsion de 100 Maliens par la Libye, l’attaque de Siradiouba par les populations guinéennes appuyées par les hommes en tenue. Quant à la gestion chaotique des évènements du 23 mai 2006, le peuple continue à se poser des questions sur les dessous du fameux accord d’Alger du 4 juillet 2006.

Combien de temps les Maliens vont-ils continuer à accepter que le tissu de grandeur tant sauvegardé et renforcé par les différents régimes s’envole en fumée ?
Difficile de répondre. Mais les Maliens, dans leur écrasante majorité, pensent qu’ils sont des laissés pour compte. Et que leur diplomatie ne les protège plus.
Ils s’étonnent souvent des frasques de leurs dirigeants.

Sur le plan international, la voix du Mali ne résonne plus. Si oui, c’est seulement pour ridiculiser les Maliens, à travers des comportements de leurs dirigeants.

Comment comprendre le guide libyen, qui se dit ami personnel du président ATT et par ricochet un ami du Mali, expulse des Maliens comme des animaux, laissant derrière eux tout leur bien.

Ce n’est pas la première fois que la Libye s’adonne à cet acte ignoble. Le hic est que celui qui se dit ami de l’instigateur de l’Union africaine garde le silence. Et cela étonne étrangement les Maliens.
Pourtant, des présidents amis eux aussi de Kadhafi, ont souvent haussé le ton. Sans que l’amitié ne soit compromise.

Pour ce qui est de la gestion des évènements du 23 mai 2006, le Mali perd petit à petit sa souveraineté sur une partie de son territoire. La région de Kidal, dont il est question, est gérée par le trio Mali-Algérie-Libye.

Bien vrai que Kidal est une partie intégrante de notre pays, les autorités maliennes ne peuvent à l’heure actuelle prendre une décision sans consulter l’Algérie et la Libye. Le contraire provoquerait la colère de ces deux pays.

C’est dans ce cadre d’ailleurs que le président ATT était à Alger le week-end dernier. Au menu des échanges entre les deux chefs d’Etat, la coopération bilatérale. Au-delà de ce côté officiel, le voyage que le président malien a effectué en Algérie cache pas mal de dessous.

Tous ceux qui ont lu la presse malienne la semaine dernière se sont rendus compte que le déplacement de ATT ne visait qu’un seul objectif : la libération des otages dont les détenteurs (la bande de Bahanga) passent des jours tranquilles en Algérie.

Pourtant, le président Amadou Toumani Toumani avait solennellement déclaré, au cours de sa traditionnelle conférence de presse du 8 juin, que même si les négociations se déroulaient sous d’autres cieux l’accord sera signé au Mali. Cette déclaration du président était une réponse à celle des bandits qui souhaitaient la médiation de l’Algérie.

Notre surprise a été grande lorsqu’on a appris sur les antennes de l’ORTM que le gouvernement et les bandits ont signé un accord à Alger. La signature de cet accord n’a pas été vue d’un bon œil par une partie du peuple.

Si ATT se rend en Algérie, en dernier sauveur, cela ne surprend personne. Mais il ne fait que relever les carences de notre diplomatie.

Autre fait pas des moindres, c’est la signature des APE. Sans consultation des autres pays de la CEDEAO, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale avait donné la position du Mali au cours d’une conférence de presse : elle était claire, le Mali signera les APE avant la date fatidique du 31 décembre 2007. Mais à notre grand étonnement, les pays de la CEDEAO refuse en bloc de signer les APE.

Le cas le plus récent est celui de Siradiouba. Les autorités ont montré toutes leurs limites à redonner confiance aux populations de cette localité.

On peut dire que le Malien qu’il soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger ne sait plus à quel saint se vouer.


Yoro SOW

26 novembre 2007.