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Une poubelle d’engins hors d’état de service

Le Groupement mobile de sécurité (GMS) ne dispose pas, aujourd’hui, de fourrière. Les véhicules, les motos, les vélos et les pousse-pousse, saisis dans le cadre des opérations du GMS, sont garés au cœur du service dans l’anarchie totale. Ce qui a transformé le service en une poubelle d’engins. C’est le constat qui a filtré de la visite que la députée élue de la Commune III, Mme Touré Safiatou Traoré a effectué dans ce lieu hier.

Les responsables du Groupement mobile de sécurité (GMS) en l’occurrence, le Commandant en chef, le Contrôleur général de police, Moussa Camara, le Commandant en chef adjoint du GMS le Commissaire divisionnaire, Cheick Bah, ont accueilli au sein de leur service la députée élue de la Commune III, Mme Touré Safiatou Traoré. Elle est venue s’informer sur les conditions dans lesquelles le GMS travaille.

En prélude à la visite des différents locaux, le Commandant en chef, le Contrôleur général de police, Moussa Camara, a présenté à Mme Touré Safiatou Traoré, le GMS. Lequel a un effectif de 1836 agents, soit la taille d’un régiment.
Insuffisance d’équipements

Le GMS, qui comprend six compagnies de maintien d’ordre plus la Compagnie de la circulation routière (CCR) abrite en son sein la division matérielle et maintenance de la police, une cité de 10 logements pour les Commissaires, une cité de 12 logements pour les Sous-officiers, une maternité. S’y ajoutent un centre social, un centre d’instruction composé de dortoirs et de salles de classes, une cantine et un complexe sportif en chantier.

Comme missions, le GMS s’occupe principalement des opérations de maintien ou le rétablissement de l’ordre, la garde statique de certains sites et ambassades, la sécurisation des itinéraires et escortes des personnalités nationales et étrangères et la fluidité de la circulation dans le District.

Cependant, force est de constater que le GMS est, dans l’exercice de ses missions, confronté à de nombreuses difficultés. L’insuffisance d’équipements vient en tête de liste.

Aujourd’hui, le Groupement ne dispose que de 320 casques pour 1 400 éléments. Pour le même effectif, le nombre de bâtons de défense est de 150. Les talkies-walkies sont en quantité insuffisante.
70 Talkies-walkis fonctionnels sur 104

Sur les 104 dont dispose le GMS, seul 70 appareils sont opérationnels. Ils sont repartis entre les compagnies comme suit: 25 pour la Compagnie de maintien d’ordre et 45 pour la CCR. Laquelle assure le contrôle de 70 carrefours dans le District de Bamako. Au lieu de deux batteries par talkie- walkie, le service ne dispose que de 80 batteries pour les 70 appareils.

Ainsi, en pleine activité, les batteries se déchargent et empêchent la bonne communication entre les agents en faction sur le terrain.

Pour ce qui est de la mobilité des troupes, elle est aujourd’hui assurée par deux camions, deux cars qui sont, en permanence, en panne, trois véhicules de transport des troupes. A rappeler que le GMS dispose de quatre grues dont deux en mauvais état.

S’agissant du carburant, il faut souligner que la dotation trimestrielle est 6 500 litres d’essence pour une consommation minimum de 120 litres par jour.

L’absence de logement d’astreinte pour le personnel de commandement et d’encadrement des différentes compagnies est une difficulté qui se pose également au GMS. Il faut souligner le non-casernement des éléments de maintien d’ordre. L’incivisme de certains usagers et le laxisme, voire la complaisance de certains posent également des difficultés au GMS.

Enfin, l’anachronisme de certains textes notamment l’arrêté interministériel N° 712/ MICT-MEF-MAETEU-MATCL-SG du 17 avril 2002 déterminant les modalités pratiques de l’implication et du fonctionnement des postes de contrôles,

des carrefours de circulation et des carrefours de fluidité dans les périmètres urbains et l’arrêté N°012/HCDB-CAB du 10 juin 2002 portant création et l’implantation des postes de contrôle, des carrefours de circulation et des carrefours de fluidité dans le périmètre urbain du District de Bamako est aussi une difficulté phare.

Le clou de la visite a été le tour des différents services.
Décongestionner le GMS.

Ainsi, Mme Touré a passé en revue le bâtiment abritant la CCR, les bureaux des Commandants de compagnies, la salle de Gym, le garage, entre autres.

Il convient de souligner qu’aujourd’hui à cause du manque de fourrière, le GMS est devenu une poubelle des engins hors d’état de service. Il s’agit notamment des véhicules, des motos, des vélos et des pousse-pousse saisis par les éléments du GMS.

Ces engins sont garés au cœur du groupement dans l’anarchie totale. Il urge pour l’Etat de doter le GMS d’une fourrière pour décongestionner le Groupement.


Abdoul Karim KONE

09 Juillet 2008