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Aujourd’hui au soir du XXème siècle, toutes les nations dites industrialisées se targuent de posséder un régime démocratique. Partout des élections, des partis, la séparation des pouvoirs, l’alternance politique. En Europe de l’Est, la remise en cause du vieux système politique. Mais laquelle de ces nations sépare l’élite dirigeante émanant du peuple, de ce peuple lui-même ? Qui est donc le peuple ? Qu’est- ce le parti ? Dans quelle mesure les agents chargés de la mise en œuvre des volontés du peuple, c’est à dire les agents du gouvernement agissent-ils ?

N’oublions pas que le degré de liberté dont bénéficie le peuple dépend de la façon dont tourne la machine gouvernementale. Or, il n’est pas bien difficile de copier une machine simple, il suffit de présenter le modèle à des techniciens qualifiés et compétents. Mais il n’est pas possible à un peuple d’apprendre à copier un art de gouverner simplement parce qu’il l’a décidé.

Et comment un peuple peut-il faire l’apprentissage de la liberté que s’il est libre ? Comment peut-il rester libre s’il n’est pas maître des mécanismes qu’il utilise pour son autodétermination ? L’égalité politique peut s’octroyer par décret mais la liberté est insaisissable.

De toute évidence une démocratie dite pluraliste faite d’alternance de partis, ne naît pas simplement du désir de quelques individus seulement, fussent-ils enfants prodiges ou messagers du bonheur à l’intérieur du pays, pas plus quelle ne peut être mise en place du dehors par des étrangers.

La démocratie n’est pas exportable partout, à tout moment, vers tout peuple mais elle est le résultat d’une évolution historique interne. La démocratie véritable pour nous, monolithique ou non, est celle qui tient compte des valeurs culturelles traditionnelles, du degré d’alphabétisation, du compromis du degré de patriotisme et de civisme, somme toute d’un consensus national.

Que de crimes commis au nom de la démocratie et de la liberté ! L’homme étant au début et à la fin de toute entreprise, l’éternelle inéquation que doit résoudre le responsable politique reste incontournable, à savoir : comment rester populaire en prenant des mesures impopulaires légales pour le bonheur de ce même peuple dont il est l’émanation.

Adama M. GUINDO

Secrétaire aux Arts et à la Culture du BEN UNJM

Actuellement Chargé de mission au ministère de l’industrie de du Commerce

Source Sukaabè N° 7 Juin 1990


15 octobre 2007.