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Ces principes de vie, puisqu’on peut les appeler de cette façon aussi, ont pour but premier et ultime, la réalisation du bonheur humain. C’est dire que les hommes ont toujours été et restent les artisans de leur devenir. Ils font leur vie mais pas de façon arbitraire. Bien entendu donc ils tenus d’obéir aux lois objectives du développement de la nature et la société. Comme dire qu’à fouiller dans toutes l’histoire de l’humanité, les hommes ont jamais eu de souvenir venu d’ailleurs que de la société.

Parmi les formes d’organisation, c’est bien la démocratie qui fait ici l’objet de notre réflexion. Qui est ce donc la démocratie, ou est-elle née et vue de quoi? Quelles peuvent être les variables de la démocratie?

La démocratie répond elle aujourd’hui aux attentes des hommes des classes sociales? Autant d’interrogations qui méritent une analyse profonde, méticuleuse. Nous nous contenterons ici de faire un bref exposé de la part de l’Afrique dans ce joyau de l’humanité qu’est la démocratie.

Pour cerner l’aspect africain de cette démocratie, il importe avant tout de situer le concept dans son contexte historique. Là, il ne s’agira pas pour nous de faire une page d’histoire mais un repère d’analyse et d’appréciation de la démocratie ici en Afrique et donc particulièrement au Mali.

Historiquement donc, nous pouvons dire que le concept de démocratie tire sa source de la Grèce antique même si la pratique démocratique n’a pas été l’apanage de cette aire géographique et de la société Grecque. La Grèce antique donc, le mot signifiait: le pouvoir du peuple. On tire le concept de deux vocables Grecs à savoir: démos (peuple) cratos ‘pouvoir). Comme pour être plus explicite, la démocratie en Grèce antique était une forme d’organisation qui se voulait apporter autant ce faire que peut mieux être un plus grand nombre au peuple.

Attendons donc par peuple, non pas la population comme le présentent les confusionnistes dans le rang des intellectuels Africains, mais la majorité de la population qui vit de sa sueur, du fruit de son travail. La démocratie signifie donc dans acception originelle Grecque: le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Le philosophe Grec de l’antiquité Platon la concevait comme le pouvoir de la multitude.

Etant de la classe aristocratique, ce philosophe ne pouvait pas bien apprécier un tel régime qui d’ailleurs à ses yeux serait source de pagaille. Que valait la démocratie pour les Grecs? C’était la forme d’organisation politique qui permet tout au peuple de se prononcer directement ou indirectement sur les affaires du pays en vue de participer à leur gestion. De l’antiquité à nos jours bien d’eaux ont coulé sous le pont de la démocratie à travers le monde.

Le monde occidental capitaliste s’est saisi du concept d’une démocratie pour signifier la gestion bourgeoise de la politique et de l’économie. Que signifie en vérité cette démocratie que l’on pratique aujourd’hui dans des pays capitalistes comme les USA, la Grande Bretagne, la France? Elle est ni plus moins l’expression de la volonté des nantis de gérer à leur convenance les intérêts des plus démunis. Cette forme d’organisation n’est nullement l’expression de la volonté populaire mais bien plutôt de celle de la classe bourgeoise qui vit de l’oppression et de l’exploitation des peuples laborieux.

La démocratie pratiquée dans les pays capitalistes est tout, sauf la démocratie. Cette forme de gestion set un vernis peignant une coquille vide. Cela est d’autant exact que la démocratie dans ces pays capitalistes est tout simplement la bourgeois-cratie ou le règne de l’argent aux dépens des intérêts des masses laborieux, des peuples de ces pays.. Pour preuve simple quel pauvre peut-il se présenter aux élections dans ces pays? Cette démocratie mérite d’être appelé la plutocratie ou le pouvoir de l’argent. Mais il est aisé de constater que l’argent ne peut porter au pouvoir que ceux la seulement qui le possède. Dans ces conditions, la crédibilité, la probité morale ne portent jamais les vrais hommes du peuple aux affaires. L’argent a ceci de particulier en démocratie capitaliste qu’il achète les consciences sans le moindre signe de responsabilité.

La démocratie en Afrique, taillée sur mesure capitaliste présente essentiellement le même contenu, la même figure: la majorité démocratiste ne représente pas vraiment les intérêts supérieurs du plus grand nombre. Par exemple dans une population de 12 millions, lors des élections, seulement 2 millions votent, il y a 500 abstention et 200 bulletins nuls. Sur le million et 999.300 qui restent, admettons 999.300 votent pour une formation politique. Celle-ci est déclarée selon les principes démocratiques en vigueur partie majoritaire. Mais à dire vrai non seulement les 2 millions de votants ne sauraient représenter les 12 millions mais surtout les 999.300 n’expriment pas la voix du plus grand nombre. L’on va rétorquer que les autres n’ayant pas voté ne sont pas comptabilisables.

Sans soucier de savoir pourquoi ils n’ont pas voté! Mais chez nous cette abstention prouve à suffisance que les peuples n’ont pas confiance en leurs démocraties et qu’au contraire, ils sont convaincus que ceux-ci ne font que se servir d’eux au lieu de les servir dignement. On peut donc dire que le fossé est si grand entre les masses laborieuses et les prétendus démocrates que l’on ne peut à juste titre appeler leur règne « démocratique« . Ce’st dire que les démocraties africaines sont la transplantation de celle de l’Occident capitaliste complètement coupées des intérêts des masses laborieuses. Nul doute aujourd’hui que la crise qui secoue les banques occidentales capitalistes donne parfaitement raison Marx selon qui les contradictions internes au système capitaliste feront explosé celui-ci de l’intérieur. C’est en cela qu’il soutenait le capitalisme est son propre fossoyeur.

La démocratie bourgeoise étant l’expression de la défense des intérêts des nantis, elle est par la même en sérieuse crise. Surtout lorsqu’on sait qu’elle ne représente nullement les intérêts des peuples laborieux, démocratie est appelée à mourir de fait. Cela est d’autant inévitable que les peuples comprennent lentement mais sûrement que leur bonheur ne se trouve nullement dans les pratiques bourgeoises de la démocratie. En tout cas au Mali, après 17 ans de gestion multipartiste et démocratiste de nos affaires, le peuple malien ne voit toujours pas le bout du tunnel. Bien au contraire! La démocratie malienne brille par l’absence de débats sérieux et scientifiques sur les grandes questions nationales, par la faim, la malnutrition, le pillage des ressources dans du folklore démocratiste.

Aujourd’hui l’avenir est sombre pour le peuple laborieux. Cela se sent de plus en plus hélas, dans tous les secteurs de la vie nationale: de l’économie à la politique en passant par la culture, l’éducation. Aujourd’hui, plus que jamais, la gabegie, la délinquance financière, l’obscurantisme politique, sont entre autres certaines marques fondamentales de notre démocratie qui est présentée à l’extérieur comme un bon exemple. Ce jugement est tout simplement fallacieux et a ceci de méchant qu’il insulte la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour un Mali réellement démocratique, c’est-à-dire un Mali à l’avantage des hommes et des femmes qui vivent de leur sueur.

La démocratie malienne telle présentée et notée par les maîtres d’occident ne fait nullement le bonheur de notre peuple laborieux. Tout au plus, elle aggrave la misère et l’humiliation de ce peuple. Aujourd’hui, l’école malienne est malade et alors très malade, le panier de la ménagère est complètement démuni au regard de la politique de paupérisation croissante des travailleurs du Mali. On ne peut pas comprendre cette gestion catastrophique de nos affaires, aimer ce pays et dire que l’avenir est prometteur.

S’il ne faut tomber dans un pessimisme béat, il n’est pas non plus sérieux de s’enfermer dans un optimisme mensonger. Aujourd’hui, il faut changer radicalement le contenu de notre démocratie, car elle sert les nantis et aliène les masses laborieuses. Ce qui est aujourd’hui indébitable c’est que les démocraties occidentales bourgeoises sont à l’antipode des intérêts supérieurs de notre peuple travailleurs. Il faut donc repartir si nous voulons que la lutte de ce peuple porte fruit à l’avantage des plus démunis. Cela est envisageable dans la mesure ou le capitalisme est dans sa logique de décente dans les enfers.

La vraie politique étant la prévision, les politiciens maliens doivent saisir cette opportunité de la crise financière capitaliste pour exiger un nouveau départ pour notre démocratie qui à ce jour ne sert que l’intérêt des riches aux dépens des masses travailleuses du Mali. Cela est d’autant indispensable que les peuples d’Afrique aient plus que jamais besoin d’un nouveau départ.


Fodé KEITA

03 Novembre 2008