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Dans le cadre de la décentralisation, chaque
collectivité a recruté des agents payés directement
par la mairie. On retrouve ces agents parmi le
personnel de l’éducation, de la santé et de la mairie.

Mais à Yorosso, les travailleurs de la collectivité
vivent un calvaire. Ils n’ont jamais accès à leurs
salaires tant qu’une subvention de l’Etat ne tombe
pas. Chaque fois qu’ils revendiquent, l’administration
municipale promet une solution immédiate. Une façon de
leur donner le biberon, puisque les promesses ne sont
jamais tenues. Comme l’atteste cette situation de 17
mois de salaires impayés.

Pourtant, lors de son passage à Yorosso courant
octobre 2005, le ministre de l’Education nationale
avait été pris à témoin de cette affaire pendante déjà
devant l’administration. Au cours de sa conférence des
cadres, séance tenante, les représentants du collectif
des travailleurs de la collectivité avaient exposé
leur problème devant le Mamadou Lamine Traoré.

Les
représentants de l’administration avaient promis de
payer les salaires impayés à leurs bénéficiaires. Pour
administrer la preuve de leur bonne foi en présence du
ministre, ils avaient dit qu’ils n’attendaient que les
prochaines entrées d’impôts et taxes pour s’exécuter.

Après le départ du ministre de l’Education nationale
la guerre fut déclenchée contre les citoyens qui
trainaient le pied pour venir payer leurs impôts et
taxes. C’est pourquoi, des convocations ont été
lancées par la gendarmerie de la ville à certains
paysans retardataires. Au même moment la mairie, à
travers son régisseur, procédait à des recouvrements.
Le hic, c’est que les paiements d’impôts et taxes se
font contre délivrance de reçu provisoire et non de
quittance.

Bien que l’opération de recouvrement d’impôts ait été
fructueuse, les travailleurs de la collectivité
attendent toujours le paiement de leurs arriérés de
salaires. Or les taxes et impôts de la nouvelle année
commencent déjà à rentrer.

Mais le maire PARENA Kalifa
Goïta reste sourd au cri de douleur de ses agents. Vu
la gravité de la situation, les assemblées générales
entre le maire et le collectif mis en place par ses
travailleurs se multiplient mais ne servent à rien.
Les démarches auprès des représentants locaux (préfet
et sous-préfet) n’apportent pas la solution.

Donc déçus, des Yorossois commencent à regretter leur
participation à la coalition qui a permis à cet élu
PARENA de devenir maire. Après les élections
municipales de mai 2004, le PARENA, l’URD, le RPM,le
CNID, le MIRIA, le SADI et le PIDS s’étaient donné la
main pour empêcher l’ADEMA accompagné par le MPR
d’avoir le poste de maire. Kalifa Goïta semble-t-il a
déçu les membres de la coalition, du moins certains
militants des partis en sont membres.

C’est le cas des personnes qui travaillent au centre
de santé de référence de Yorosso, des vacataires de
l’éducation et des employés de la mairie. Avec 17 mois
d’arriérés de salaires, il y a de bonnes raisons que
le maire PARENA soit dans le collimateur de ces
travailleurs. Certains, ne pouvant plus, ont déjà
démissionné. C’est le cas de deux vacataires de
l’éducation du secrétaire général de la mairie de
Yorosso.

Alors le ministre de l’Administration Territoriale et
des collectivités Locales est-il au courant que des
travailleurs recrutés dans le cadre de la
décentralisation à Yorosso dans la région de Sikasso
réclament 17 mois d’arriérés de salaires à leur maire
? Si les ressources de la collectivité sont bien
gérées, comment peut-on expliquer cette situation ?

Affaire à suivre donc.

Oumar SIDIBE

15 février 2006.