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Sous l’initiative de l’Association Gao nouvelle génération (AGNG), la ville de Gao a vibré le samedi 17 mai 2008 au rythme de la première édition du festival Hanneye, ou veillée culturelle en langue Sonrai.
Le festival Hanneye se veut un événement d’union des populations de Gao autour de leur culture comme facteur de paix et de développement.

Du matin jusqu’à l’aube, les festivaliers venus nombreux de Bamako, du Niger et un peu partout ont assisté à des activités célébrant le savoir faire et l’identité culturelle des peuples songhoy, arabe, ber beur, peuhl, tamasheq, bambara…

Ainsi, au cours des visites des sites touristiques qui a conduit les délégations au tombeau des Askia, le guide expliquera aux festivaliers que le terme tombeau des Askia n’est pas approprié.

« C’est la Mosquée des Askia qui est un espace construit par Askia Mohamed en 1495 pour l’expansion de l’islam ».
Figurant sur la liste du patrimoine mondial, la Mosquée des Askia atteste, selon le guide, de la puissance de l’empire Songhoy au Xe et XVIe siècle.

Aussi, sur le plan architecturale, dira-t-il, c’est un exemple éminent de l’architecture soudanosahelienne qui joue un rôle fondamental dans l’islam et dans la vie socioculturelle des populations de la Cité des Askia.

Ensuite, avant que les participants du festival Hanneye ne se retrouvent à l’Assemblée régionale pour assister à une conférence débats sur le thème « la culture, facteur de paix, d’intégration et de développement », les uns et les autres ont pu admirer au Musée du Sahel de la région, les arts et la culture songhoy, tamascheq, arabe, peuhl et bambara représentés là-bas par des objets anciens.

Au terme d’une projection de film intitulé « Gao, le port du sable » réalisé par Hallawoye Touré de l’ORTM, les conférenciers Moulaye Ali Touré historien et Djirbeye Touré Musélogue, ont expliqué que le citoyen, qu’il en soit conscient ou pas, est un agent de développement.

Tout en déplorant le peu d’importance accorde à la culture au Mali, Moulaye Ali Touré soutient qu’à travers l’artisanat et le tourisme, la culture est un facteur de création d’emploi et de richesse.

Les conférenciers sont convaincus que Gao a plus que les atouts pour s’imposer comme une destination touristique. En fin, ils ont rappelé que c’est à cause des rencontres intercommunautaires, que notre pays est arrivé à bout de la rébellion en 1994.

Au cours de la soirée, c’est surtout des prestations artistiques et culturelles, au stade municipale Kassé Keita de Gao, qui ont marqué l’un des temps forts du festival Hanneye. En présence des autorités administratives et politiques et d’un public nombreux, le Gouverneur de la région Amadou Touré a donné le coup d’envoi des activités artistiques du festival.

Le président d’honneur de l’AGNG, Arboncana Boubeye Maïga a demandé aux populations de la cité des Askia, de rester solidaire autour de ce qui les unis : Gao.

Les artistes Baba Sala, Samba Touré, Abdou Touré et le lauréat de la première édition de Case Sanga, Mahamadou Dembelé dit Dabara ont tenu en haleine jusqu’à l’aube le public resté motivé et joyeux durant toute la soirée.

Les acrobates des cavaliers et des prestations musicales d’autres groupes traditionnels ont émerveillé les Gaois qui ont souhaité la pérennisation du festival Hanneye.


Amadou Waïgalo

(Envoyé spécial)

FESTIVAL HANNEYE DE GAO

22 Mai 2008