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Le sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu, le 3 mai 2012 à Dakar, semble avoir soulagé l’opinion nationale à Bamako. Des habitants de la capitale malienne portant une attention particulière aux décisions de cette organisation ont suivi en direct cette conférence sur une chaine de télévision sénégalaise.

La CEDEAO avait décidé d’envoyer au Mali des forces militaires pour la sécurisation des institutions de la transition pendant que le nord du pays demeure occupé par des mouvements rebelles. Mieux, la transition avait été unilatéralement fixée à 12 mois, avec pour recommandation que le président par intérim dirige cette période. Ces décisions de l’organisation sous régionale prises au cours d’un sommet, le 26 Avril à Abidjan, avait provoqué un tollé au sein de la population.

Le Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) avait manifesté son indignation. Pendant la fronde des militaires du camp para communément appelé «bérets rouges» qui a embrasée Bamako du 30 avril au 2 mai, au cours de laquelle des mercenaires et des caches d’armes auraient été découverts, des citoyens n’ont pas manqué de faire un parallèle entre les décisions de la CEDEAO et ces mouvements armés.

Avant de prendre part au sommet de Dakar, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne avait reçu une délégation du CNRDRE afin de dissiper les malentendus. L’ex-junte militaire a jugé les décisions du sommet d’Abidjan comme une violation de l’accord cadre signé le 6 avril qui avait abouti à un retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat du 22 mars.

Environ huit (8) heures d’horloge ont permis aux délégations de la quinzaine de pays de passer au peigne fin la crise politique au Mali au sommet de Dakar, initialement prévu pour se pencher sur le cas de la Guinée Bissau. «La gravité des événements au Mali et le rejet de la junte de nos résolutions ralentissent l’élan de la mise en œuvre de nos résolutions », avait avoué le président ivoirien Alassane Ouattara à l’ouverture de la conférence.

A la clôture, le président en exercice de la CEDEAO confessait : la stabilité de la région dépend de celle du Mali. Il a souligné également que les efforts en vue d’une solution à la question du nord, qui a entrainé le Mali dans cette crise profonde, les pays du champ notamment la Mauritanie et l’Algérie doivent être associés. Le Mali était représenté au sommet par une délégation comprenant entre autres le président par intérim Dioncounda Traoré et premier ministre Cheick Modibo Diarra. La CEDEAO dit mettre en alerte immédiate sa force d’attente qui interviendra «dès que les le Mali en fera la demande».

L’organisation sous régionale a également instruit aux forces armées maliennes de «se consacrer aux missions régaliennes de défense du territoire» «Toute personne qui déstabilisera la transition s’exposera aux sanctions» a-t-elle averti, sans préciser, cette fois-ci, qui dirigera la transition au Mali. Le président intérimaire qui a été investi au Mali le 12 avril a un mandat de quarante jours, selon la constitution.

Seydou Coulibaly

04 Mai 2012

©AFRIBONE