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Le 19 septembre 2002, une rébellion sauvage secoue lourdement tout le territoire et attriste sévèrement toute la Nation. Du coup, une campagne médiatique d’extrême intoxication sera lancée par l’Elysée, aux fins de masquer les réelles et véritables causes de cette rébellion. L’on aura entendu et retenu l’idée de la xénophobie et de la haine des étrangers vivant en Cote d’Ivoire. Et le seul mal serait Gbagbo qu’il fallait chasser du pouvoir.
Mais cinq (5) ans, après plusieurs acrobaties, Jacques Chirac quitte l’Elysée avec amertume de n’avoir pas chassé Gbagbo du pouvoir, tandis que ce dernier double son capital humain pour une légitimité.

De quoi s’agit-il exactement ?

En effet, la rébellion ivoirienne n’est que l’aboutissement d’une logique longtemps développée et entretenue par la France dans le but d’avoir une main mise sur toutes les richesses de la Cote d’Ivoire. C’est ainsi que tout prétendant au pouvoir, ayant un discours nationaliste, républicain ou patriotique, est considéré comme une menace.

Et la France lui offre deux possibilités: soit l’intéressé renonce à ses convictions et gère le pouvoir. Le cas de Houphouët Boigny, qui avait été qualifié de communiste et persécuté pour avoir pris conscience du mécanisme de l’exploitation des planteurs ivoiriens par l’administration coloniale.

En effet, les planteurs ivoiriens étaient réquisitionnés, exploités, maltraités aux fins de travailler dans les plantations des colons. Il leur était interdit de vendre directement les produits aux maisons de commerce. Des intermédiaires blancs achetaient les produits à moitié prix.

L’administration coloniale avait poussé les planteurs au découragement et même à l’abandon de leurs plantations. Conséquent, en 1941 la production chute à 11000 tonnes au lieu de 55.000 tonnes en 1939.

Houphouët sera isolé de ses frères planteurs africains après la conférence de Brazzaville supprimant le travail forcé et accordant ainsi plusieurs avantages aux colonies.
Ayant renoncé à son combat, il sera ministre et député français pour une meilleure formation de valet. Le pouvoir lui sera donné le 7 août 1960.

D’autres, si l’intéressé refuse de renoncer à ses idéaux, il ne pourra pas accéder au pouvoir. Mais s’il y accédait par les faits de l’histoire, l’Elysée ne lui donnera pas le temps de gérer. C’est bien le cas de Laurent Gbagbo.
C’était un professeur d’histoire et géographie du lycée classique d’Abidjan qui sera arrêté et incarcéré sur l’ordre de Houphouët Boigny en 1969. Et pour motif ?
Le professeur a critiqué les accords de coopération qui lient la Côte d’Ivoire à la France. Et au nom desquels la France détient la richesse du pays.

A sa sortie de prison, Koudou Laurent Gbagbo, c’est de lui qu’il s’agit, décida de définitivement faire de la politique.
Ainsi, il croisa le fer avec Houphouët de 1969 à 1982 date à la quelle il fut contraint à l’exil.

En 1988, Laurent Gbagbo, Docteur d’Etat en histoire, rentre de son exil français avec le Front Populaire Ivoirien (FPI) dans sa valise. Désormais, leader de son parti, il sera l’un des acteurs de la puissante opposition qui a contraint Houphouët, à l’application de l’article 11 de la Constitution, reconnaissant le pluralisme politique le 30 avril 1990.

Avec la succession rapide des événements, Laurent Gbagbo devient président en 2000, face à Guéi. Immédiatement, Elysée s’empresse à intimider Gbagbo en faisant de lui le seul et unique responsable des charniers d’Abidjan. Mais en vain.

Les pays n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts. L’Elysée devrait-il laisser le Président ivoirien appliquer sa refondation qui est synonyme de l’ouverture du pays sur d’autres nations puissantes, telle la Chine par exemple ?

Dès le déclanchement de la rébellion, Chirac a montré toute sa haine contre son homologue ivoirien. C’est ainsi que de Marcoussis, Togo, Mali, Ghana, Sud Afrique, Nigeria, Burkina- Faso en passant par l’ONU, Chirac aura soutenu sa volonté de chasser ce dernier du pouvoir. L’on comprend aisément la destruction complète des moyens de l’armée loyaliste par la France, au moment où Chirac condamnait l’intervention militaire américaine en Irak.

L’histoire a décidé que Jacques Chirac parte avec honte de n’avoir pas pu renverser Gbagbo. Mais Gbagbo, lui fête avec ses jeunes frères (SORO et WATAO) à Gagnoa et à Korogho. Si Chirac a donc quitté la tête baissée, Gbagbo lui, double la puissance de son pouvoir avec sourire.

MONOKO N.TOALY

10 Décembre 2007.