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Les événements dramatiques que vient de vivre le Mali en janvier 2012 ont amené un groupe de citoyens, sous l’égide de l’ADJ (Association démocratie et justice) et l’OED (l’Observatoire de l’Etat de Droit) à mettre sur pied le collectif janvier noir. Ce collectif représenté par le Professeur Abdoul Traoré dit Diop, le Magistrat Daniel Tessougué, Mohamed Bathily a animé une conférence de presse sur la crise du nord, les élections de 2012. C’était à la maison de la presse, le 14 février 2012.

Les conférenciers à propos du nord ont lancé un appel à tous les citoyens au sens de l‘honneur, de l’humanisme et de la justice pour préserver le pays de toute dérive destructrice.

Par ailleurs ils ont dit avoir saisi le président de l’assemblée nationale de la mise en place d’une commission d’enquête sur les crimes commis à Aguel-Hoc. A propos des élections, les conférenciers ont demandé une transition sans l’actuel président de la république. Car à leur entendement l’organisation d’élections dans une telle condition serait une violation flagrante de la Constitution du mali. Le collectif a enfin dénoncé la mauvaise gestion par le pouvoir de cette crise depuis les accords d’Alger. En effet, le professeur Diop en prenant la parole a rappelé les accords d’Alger.

Selon lui, leur association a dénoncé ces accords en son temps car ils favorisaient un abandon de la souveraineté. Pour lui, cette situation a laissé le terrain au trafic d’armes, de stupéfiants et de drogue. Il a dénoncé la mauvaise gestion de cette crise et l’entrée au Mali d’armes de guerre venant d’un autres pays. Pour les conférenciers les événements de janvier 2012 ne sont que l’aboutissement de la mauvaise gouvernance, de la gabegie, du clientélisme et de la corruption érigée en système de gestion qui ont fini par gangrener toutes les institutions de l’Etat, y compris l’institution militaire.

Cette force, par contre coup, ne dispose ni des ressources humaines, ni des moyens matériels nécessaires à l’accomplissement de ses missions républicaines. Cependant vu la situation, le collectif s’oppose à toute attaque contre les personnes et les biens sur la base d’une appartenance tribale ou ethnique, véritable déni de l’état de droit que tout le monde entend bâtir. Le collectif en appelle par conséquent au sens de la responsabilité et du sursaut du gouvernement malien pour l’inciter à gérer la question du nord comme étant la question de survie même du Mali en tant que nation et territoire dans sa configuration actuelle.

Pour Daniel Tessougué, le pouvoir ATT a été un pouvoir solitaire. Les contre pouvoirs, a-t-il indiqué, se sont aplatis devant un seul homme en le laissant faire. Concernant la révision constitutionnelle, le collectif propose d’affecter les 9 milliards consacrés à cette révision à l’armée. S’agissant des élections, les conférenciers estiment qu’il faut aller à une transition mais sans ATT. Pour eux, ce sont les forces vives de la nation qui vont diriger cette transition. Mohamed Bathily pense qu’il y a eu une haute trahison du président de l’assemblée nationale. Il a indiqué qu’un coup d’état institutionnel se prépare.

Selon lui, la transition est déjà en marche car le président de l’assemblée formerait déjà des réseaux autour du président de la république. Les conférenciers ont recommandé une visite par les députés des sites accueillant nos refugiés pour les rassurer. La révision électorale ne serait pas dans les délais, ont-ils indiqué, car la commission administrative a fini le travail le 31 décembre. Pour ce faire, le collectif entend attaquer les décrets qui convoquent le collège électoral devant le tribunal administratif. Enfin, le collectif a écrit à tous les maires de Bamako pour identifier les enfants touareg afin d’assurer leur éducation car, selon eux, beaucoup ont abandonné les cours actuellement.

Fakara FAINKE.

Le Républicain du 15 Février 2012