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La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a demandé instamment mercredi au nouveau gouvernement libyen de ne pas accorder d’amnistie pour des crimes commis par les opposants à l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi. Mme Bensouda, qui s’exprimait devant le Conseil de sécurité de l’ONU, lui a demandé « de s’assurer qu’il n’y ait aucune amnistie pour des violations des lois internationales et pas d’impunité pour des crimes, quel qu’en soit l’auteur et quelle qu’en soit la victime ». Des diplomates aux Nations unies ont indiqué que cette mise en garde était la plus ferme adressée par la CPI à Tripoli. « La situation en Libye continue d’être un motif de grave inquiétude pour moi et pour mes services », a insisté Mme Bensouda. Le gouvernement libyen a proposé une loi qui exonérerait ceux qui ont commis des actes « rendus nécessaires par la révolution du 17 février » dernier, c’est-à-dire des crimes ou délits commis par les rebelles qui ont provoqué la chute de Mouammar Kadhafi. Mme Bensouda a « pris note » de cette « loi numéro 38 » et souligné qu’une autre loi à l’étude, la loi 35, « est censée garantir » que cette amnistie ne concernera pas les violations des lois internationales protégeant les droits de l’homme. Elle a invité le gouvernement libyen à rendre publique une « stratégie globale pour mettre fin à l’impunité » dans le pays comme il a promis de le faire. AFP