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3 ans ferme pour l’ex-Commandant de gendarmerie confondu de trafic de visa pour la Suisse.


Les travaux de la troisième session de la Cour d’assises en transport se poursuivent dans la salle de spectacle Miéru Ba. La séance de ce mardi 22 juillet 2008 était dirigée par M. Zoumana Moussa Cissé. Le banc du ministère public était occupé par M. L. Kébé, Procureur de la République à Ségou.

a journée du mardi 22 juillet a été marquée par la comparution de l’ex-commandant d’escadron de gendarmerie, Djéli Toumani Sissoko, accusé pour faux et usage de faux relatif à des tractations frauduleuses d’établissement de visa pour des personnes fictives.

A la barre pour répondre des faits qui lui sont reprochés, le commandant radié de la gendarmerie, après sa mise aux arrêts, a soutenu qu’il n’est pas celui qui a constitué les dossiers de visa. Il a dit que l’auteur de cet acte est un certain Mary Traoré, qui demeure introuvable depuis.

L’ex-commandant de gendarmerie, plusieurs fois décoré (5 médailles dont celle de la Croix du mérite militaire) a indiqué que le fait que la diplomate Suisse ait attendu plus de 15 jours pour saisir sa direction a permis au faussaire Mary Traoré de prendre la clef des champs. Dans cette affaire, a-t-il dit, ses collègues (chefs) qui lui en voulaient certainement n’ont pas voulu que le linge sale soit lavé en famille, alors que plusieurs cas similaires ont été et seront réglés en famille.

La plainte du Consulat suisse est venu un peu en retard. Si elle avait été déposée un peu plus tôt, Mary Traoré n’aurait pas eu le temps de prendre la tangente. Père de dix enfants et ayant perdu son boulot, il est reproché à l’ex-commandant émérite de gendarmerie de s’être impliqué dans des tractations relatives à l’établissement de visa, à la confection de faux bulletins de salaires, entre autres.

Il s’avère que Djéli Toumani Sissoko avant d’acheminer ses courriers à ses correspondants, utilisait le sceau (cachet) de la gendarmerie. Il utilisait aussi l’emblème des numéros d’ordre de courriers de la Gendarmerie nationale pour réaliser son objectif, a déclaré le Procureur de la République à Ségou, L. Kébé, qui occupait le banc du ministère public, ce mardi 22 juillet.

Le Procureur Kébé de dire qu’il est surpris par le comportement de Djéli Toumani Sissoko qui, contrairement aux propos qu’il a tenus au moment des faits, a observé un niet catégorique à la barre aux actes que lui-même a eu à commettre en 2005.

Ayant bénéficié d’une liberté provisoire, après environ six mois de détention, l’ex-commandant de gendarmerie a avoué que parmi les quatre personnes pour lesquelles il cherchait des visa pour la Suisse, il ne connaissait qu’un certain Soungalo Traoré.

L’ancien commandant de gendarmerie a poursuivi en soutenant que c’était la première fois qu’il écrivait ou adressait une correspondance à une chancellerie. Il dira qu’il avait informé Soungalo Traoré, au tout début, qu’il n’était pas spécialiste en la matière. La première tentative lui a été fatale.

Au parquet général de soutenir que l’accusé n’a pas dit vrai dans la correspondance en soutenant que les personnes concernées, Hady Traoré, Mohamed Camara, Mama Diombana et Soungalo Traoré, étaient des parents à lui.

Dans son réquisitoire, le Procureur L. Kébé a affirmé que le porteur d’uniforme, d’une façon générale, particulièrement le gendarme doit être un donneur de bons exemples, contrairement à l’acte commis par l’ex-commandant de gendarmerie, Djéli Toumani Sissoko, qui n’est autre qu’une mauvaise graine au sein de notre gendarmerie nationale.

L’Etat malien doit extirper de notre corps militaire des officiers comme Djéli Toumani Sissoko a-t-il dit. Il a ajouté que l’ex-officier de gendarmerie n’a pas tellement une bonne réputation dans son service, faisant allusion aux commentaires dans l’arrêt de renvoi.

Le parquet général de soutenir que l’accusé a intentionnellement agi dans cette affaire, ce, avec une volonté clairement affichée depuis un certain temps. Sinon il n’aurait pas utilisé le cachet de la gendarmerie nationale sur des courriers qui n’ont rien à voir avec la gendarmerie.

Le Procureur Kébé a émis des doutes sur l’existence de Mary Traoré, à qui l’ancien commandant de gendarmerie attribue la responsabilité de la faute commise.

Fort de tous les arguments attestant la culpabilité de l’ex-commandant de gendarmerie, Djéli Toumani Sissoko, le parquet général a demandé à la Cour de le retenir dans les liens de l’accusation et le déclarer coupable des faits, tout en lui infligeant une sanction exemplaire.

Son avocat, Maître A. Kanouté, dans sa plaidoirie, a demandé clémence à la Cour, tout en lui demandant de ne pas suivre le parquet général dans sa logique. Il a souhaité que la Cour accorde à son client les bénéfices des articles 18 et 19 du code pénal, à savoir lui accorder les circonstances atténuantes et le sursis.

Ayant la parole en dernier lieu, l’accusé lui-même, marié et père de dix enfants, a supplié la Cour de le tolérer et de lui accorder les bénéfices des circonstances atténuantes et le sursis. Il a dit qu’il regrettait amèrement son acte.

La Cour, après délibération, a déclaré l’accusé coupable des faits, mais lui a tout de même accordé les faveurs de l’article 18 à savoir les circonstances atténuantes. Elle a condamné l’ex-commandant de gendarmerie à 3 ans d’emprisonnement. Quelques secondes après l’annonce du verdict par la Cour, l’ex-commandant de gendarmerie est tombé en syncope et fut soumis d’urgence à des soins médicaux. Aux dernières nouvelles, il les a repris au grand soulagement de tous ses proches.


Zhao Ahmed BAMBA

Envoyé Spécial à Ségou

10 ans pour vol de bétail

Toujours dans la journée du mardi 22 juillet, accusés pour avoir volé du bétail (des bœufs), Sidiki Sangaré et ses complices, Boubacar Bah et Mamadou Diarra, comparaissaient pour répondre des faits qui les ont conduits à la barre.

Reconnu coupable, pour avoir lui-même avoué son forfait, Sidiki Sangaré a été condamné à 10 ans de réclusion. Quant à ses complices, Boubacar Bah et Mamadou Diarra, qui sont en cabale, ils ont écopé de la réclusion à perpétuité.

Peine de mort pour divers délits

Poursuivis pour association de malfaiteurs, prise d’otages, vols qualifiés, et détention illégale d’armes à feu, Najim Lakhal Aly et Bakna Ould Mohamed, reconnus coupables des faits, ont respectivement écopé de la peine de mort pour le premier cité et 10 ans de réclusion le second nommé.

Acquittés pour viol

Enfin la journée a été bouclée par l’acquittement de Sambou Soumaré et Oumar Poudiougou, qui étaient poursuivis pour viol. Ayant plaidé non coupables des faits qui leur étaient reprochés, les deux inculpés ont eu la baraka d’avoir pour leur défense un jeune et dynamique avocat, Maître M. Bouaré, souvent acclamé par l’assistance même s’il n’est pas permis d’applaudir dans la salle d’audience.


5 ans pour infanticide

Accusée d’avoir donné la mort à sa nouvelle née, trois heures après l’avoir mise au monde, dame Fatoumata Guindo répondait à la barre de son forfait.

Aide-ménagère de son état, dans la famille d’un certain Ousmane à Niono, dame Fatoumata Guindo, mariée et déjà auteure de quatre maternités dont un cas de décès, était tombée en grossesse non désirée.

A la barre, elle a soutenu qu’elle était l’oeuvre d’un certain Malick qui a refusé de reconnaître la paternité de l’enfant bien avant même son accouchement.

Etant mariée, elle a déclaré que c’était une honte pour elle d’amener un enfant d’autrui chez son légal mari.

Fatoumata Guindo, après avoir accouché dans la nuit du 15 octobre 2007 pour la cinquième fois, puisque déjà mère de quatre enfants, n’a pu digérer le comportement de Malick à son égard. Ainsi, croyant que tout le monde dormait, elle partit jeter sa nouvelle née dans un puits sans aucune gène.

Déclarée coupable des faits, dame Fatoumata Guindo, qui dit avoir regretté son acte, a demandé à la Cour clémence en sa faveur, tout comme son avocat, Maître Bakari Dembélé, l’avait fait avant.

Le parquet général, tenu par M. Lambert Ouédraogo, a déclaré que la constance des faits reprochés à Fatoumata Guindo ne fait aucun doute. Il a demandé à la Cour de la retenir dans les liens de la prévention et la sanctionner conformément aux 199 et 200 qui condamnent ces actes qualifiés de crimes.

La Cour, après délibération, a condamné dame Fatoumata Guindo à 5 ans d’emprisonnement.

Rassemblés par Zhao Ahmed BAMBA

24 Juillet 2008