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– Pour avoir tué sa cousine à cause d’une mangue, Salif Ouattara a écopé de 10 ans de réclusion


Les travaux de la troisième session ordinaire de la Cour d’assises se poursuivent dans la salle de spectacle Miéru Ba à Ségou. La séance de ce mercredi 16 juillet était présidée par Zoumana Moussa Cissé, assisté de Moussa Diarra et de Ibrahim Konta. Le banc du ministère public était occupé par le Procureur anti-corruption, Sombé Théra. Il y avait cinq affaires au rôle journalier, mais l’affaire portant sur faux, usage de faux et complicité dont les accusés sont Harouna Mory Coulibaly, Issiaka Diallo et Namakoro Diallo a été reportée au lundi 21 juillet 2008.

Les avocats de la défense, qui ont tous répondu présent, ont été informés par le président de séance. Finalement, Maîtres Hassane Barry et trois de ses collègues ont regagné Bamako sans mot dire ce, en attendant lundi prochain.

Le jeune élève de la 9ème année, Salif Ouattara, répondait à la barre pour le meurtre du mari de sa cousine, du nom de Drissa Ouattara.

Les faits remontent dans la nuit du 19 au 20 avril 2007 dans le village de Sioba dans l’ex-arrondissement de Loulouni (cercle de Kadiolo). Cette nuit-là, Salif Ouattara interceptait Sali Ouattara, l’épouse de Drissa, qui est également le mari de sa cousine, envoyée pour payer des mangues et lui en prenait une.

Le mari de Sali, en l’occurrence Drissa Ouattara, à qui les mangues étaient destinées, n’a pas apprécié le geste de Salif, dans la mesure où il prenait Sali comme sa belle sœur. Il faut préciser que Salif est le cousin de la première épouse de Drissa du nom de Haby Coulibaly.

Quelques instants après, le sang de Drissa ne fit qu’un tour et sa réaction négative heurta l’orgueil de Haby Coulibaly, sa première épouse et cousine de Salif Ouattara. Malgré le fait que ce dernier est, sur un autre plan des relations parentales, un jeune frère à lui.

Face aux agissements de son époux Drissa, Haby a protesté devant les injures graves adressées par celui-ci à l’endroit de ses parents, qu’elle trouve déplacées si l’on sait que l’enjeu n’est qu’une simple mangue. «Oui, une petite mangue et encore dans une localité de la région de Sikasso, reconnue par tous comme la principale zone de production des fruits, notamment la mangue» a-t-elle regretté

Par la suite, Haby s’est rendue dans sa famille en compagnie de son cousin Salif Ouattara venu restituer la mangue à Sali Ouattara.

Poursuivi par Drissa Ouattara jusque dans sa famille, Salif s’arma d’un couteau qu’il n’hésita pas à enfoncer dans le ventre de ce dernier. Quelques instants après, Drissa Ouattara succomba de ses blessures, suite à une hémorragie interne.

Interpellé pour répondre de son acte meurtrier, Salif Ouattara, un jeune élève de la 9ème année, âgé de 21 ans au moment des faits, avait tenté d’entretenir la confusion en soutenant que Seydou Ouattara, le jeune frère du défunt tenait, lui aussi, un couteau et que probablement dans la mêlée, c’est ce couteau qui aurait mortellement atteint Drissa Ouattara.

Cette thèse, comme ce fut le cas à la barre, ce mercredi 16 juillet, avait été soutenue, à la gendarmerie à Kadiolo, par pas mal de témoins, notamment la mère et la cousine de Salif.

Devant les magistrats de la Cour d’assises et son forfait involontaire, le jeune Salif Ouattara n’a pu retenir ses larmes. En dépit des thèses développées par son avocat, l’accusé, qui a plaidé coupable, n’a pas échappé aux foudres de la justice respectueuse des droits humains.

Le ministère public, représenté par Sombé Théra, qui n’est autre que le Procureur anti-corruption, a demandé à la Cour de retenir Salif Ouattara dans les liens de l’accusation.

Après délibération, Salif Ouattara a écopé de 10 ans de réclusion. Poursuivie pour infanticide, Koflon Traoré, qui a donné la mort à son nouveau-né, a écopé de cinq ans de prison dont trois ans avec sursis.

Quant à Mama Nadio, accusé de vol qualifié et ayant plaidé coupable, il a écopé de cinq ans de prison. Enfin, le duo Moussa Traoré dit Boucharani et Issa Niambélé, poursuivis pour vol qualifié, a plaidé coupable. Les deux ont écopé de 8 ans de prison chacun.


Zhao Ahmed BAMBA

Envoyé Spécial

18 Juillet 2008