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Accusé de vol et de coups et blessures volontaires, Diatogoba Traoré acquitté au bénéfice du doute.

A la barre pour répondre du chef d’accusation de vol et coups et blessures volontaires remontant à l’année 2006, Diatogoba Traoré a plaidé non coupable.

Dans sa défense, l’accusé a soutenu qu’il n’est ni de près ni de loin impliqué dans un quelconque vol de moto. Il a soutenu à la barre qu’il n’a jamais possédé d’arme à feu, a fortiori s’en servir pour agresser quiconque.

La dame Sali Kéïta, qui avait déclaré, lors de l’enquête préliminaire avoir bien aperçu Diatogoba Traoré, la nuit de l’agression de son mari, se serait donc trompée sur la vraie identité de l’agresseur de son époux. Sali Kéïta, à la barre ce mardi 15 juillet 2008, a déclaré qu’elle a vu Diatogoba Traoré au travers de la fenêtre et qu’il avait une arme à feu. Elle a ajouté qu’elle venait de se réveiller coïncidant avec l’agression de son mari.

En quelque sorte, les questions des membres de la Cour semblent avoir créé la panique chez Sali Kéïta qui n’a pu apporter de preuve par rapport à la distance qui la séparait de son agresseur. Selon elle-même, cette distance était d’un mètre et demi, mais devant les magistrats, Sali Kéïta a été incapable de donner publiquement une idée sur la distance en question.

Les soi-disant victimes, à savoir Mohamed Sacko, le mari de Sali Kéïta et M’Barka Ba, n’ont pu donner la moindre preuve concrète de l’acte commis par Diatogoba Traoré qui, avant sa mise aux arrêts pour vol et coups et blessures volontaires, avait travaillé pendant deux ans avec Mohamed Sacko, le mari de Sali Kéïta.

L’avocat de la défense, qui a été commis d’office dans la salle, a gagné un combat de plus, en l’espace de deux jours, après l’acquittement d’un de ses clients Bocar Sow jugé, la veille pour coups mortels.

Maître Patrick Vincent Diarra a soutenu à la barre que son client est blanc comme neige. Il dira que dame Sali Kéïta a été incapable d’étayer avec précision la culpabilité de Diatogoba Traoré dans l’agression de Mohamed Sacko et de M’Barka Ba qui, auparavant, avait soutenu que leur agresseur avait tiré sur eux à l’aide d’un pistolet.

Cette thèse, dira Me Diarra, ne tient pas car les informations données lors de l’enquête préliminaire et celles fournies à la barre, ce jour mardi 15 juillet, sont diamétralement opposées.

Maître Patrick Vincent Diarra a demandé à la Cour de déclarer non coupable son client faute de preuves tangibles.

Le ministère public, quant à lui a, dans son réquisitoire, demandé d’appliquer les textes en vigueur punissant les attaques à mains armées, les vols et autres coups et blessures volontaires. Le Procureur de la Commune VI de Bamako qui tenait le banc du ministère public a demandé à la Cour de retenir Diatogoba Traoré dans les liens de l’accusation.

La Cour, après délibération, a déclaré Diatogoba Traoré non coupable des faits qui lui sont reprochés et l’a purement et simplement acquitté.

Par ailleurs, le lundi 14 juillet, comparaissaient d’autres accusés tels que Moussa Guindo, Hawa Sangaré et Bocar Sow.

Poursuivi pour coups mortels Moussa Guindo a écopé de 10 ans de réclusion pour avoir été déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés.

Quant à la demoiselle Hawa Sangaré accusée d’avoir donné la mort à son nouveau-né, elle a écopé de 18 mois d’emprisonnement. Au moment des faits, demoiselle Hawa Sangaré était mineure.

Bocar Sow, poursuivi pour coups mortels, a été déclaré non coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a été acquitté par la Cour.

Sur un tout autre plan, tout le Mali aura les yeux braqués sur la capitale des balanzans, le jeudi 17 juillet 2008, pour attendre le verdict du procès de l’ex-PDG de la BHM, Mamadou Baba Diawara, accusé d’avoir détourné plus de 7 milliards de FCFA.

A retenir également que dans la même affaire, sera entendu Soumaïla Haïdara, qui prétend que c’est la Banque de l’Habitat du Mali (BHM) qui lui doit. A Suivre.

Zhao Ahmed BAMBA

Envoyé Spécial

16 Juillet 2008