Partager

En réaction aux propos tenus par le Ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, lors de la conférence de presse du mardi dernier : Les enseignants du secondaire réclament la démission de Amadou Touré pour  » incompétence avérée ».

La Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES) regroupant quatre syndicats – SYNTES-SYNESTP-SYPCES-SYNAPEF – n’a pas mis du temps pour réagir aux sévères critiques et mises en garde formulées à l’endroit de ses adhérents par le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, le Pr Amadou Touré, lors de son point de presse du mardi 5 février à la Maison de la presse.

Celui-ci avait notamment relevé qu’ « il n’y a pas d’école au Mali tant le niveau des enseignements dispensés est exécrable « . Avant de qualifier  » d’anti-pédagogique la rétention des notes  » et de lancer cet avertissement :  » l’Etat exercera désormais sa pleine autorité et chaque fois que les enseignants observeront une grève, il y aura rétention sur leurs salaires « .

Réunie hier en assemblée générale, au Centre islamique de Hamdallaye, la COSES a fait savoir qu’elle maintient son mot d’ordre de rétention des notes, de non-évaluation et de boycott de toutes compositions jusqu’à satisfaction totale de ses sept points de revendications. Pire, certains enseignants, très remontés, ont purement et simplement réclamé la démission du ministre Amadou Touré pour  » incompétence avérée  » dans la gestion des problèmes de l’école malienne.

« Le maintien de son mot d’ordre de rétention des notes et de non-évaluation, en vigueur respectivement depuis le 12 novembre et le 10 décembre 2007 ainsi que du boycott de toutes les compositions jusqu’à la satisfaction des doléances « . Telle est la principale décision issue de cette grande assemblée générale des syndicats des enseignants du secondaire. Ceux-ci avaient pris d’assaut la salle de conférence du Centre islamique de Hamdallaye pour écouter leur Coordination qui a vu le jour en octobre 2007 et est dirigée par un bureau exécutif de onze membres, dont le Secrétaire général est Tiémoko Dao.

Celui-ci a indiqué que, depuis sa création, la Coordination a déposé sur la table du gouvernement trois préavis de grève en sept points :
-l’octroi d’une indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire ;
-la levée des obstacles juridiques qui empêchent la promotion, la formation et le détachement…des enseignants de ce cycle ;
-la relecture de l’article 60 de la loi du 28 décembre 1999 portant Loi d’orientation sur l’éducation ;

la relecture du décret du 6 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale.

Autres points de revendications de la COSES, la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire ; le paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire – passé de 292,5 à 300 – des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007 et l’application correcte des décrets du 4 décembre 2000 portant cadre organique des Académies et des Centres d’animations pédagogique (CAP).

Les traitements réservés à ces revendications par l’Etat n’ont pas répondu aux attentes de la Coordination. Et, aux dires du secrétaire général de la COSES, il a été même constaté un recul sur les quatre premiers points cités qui avaient pourtant fait l’objet d’accord, le 17 juillet, avec le précédent gouvernement.

«Au vu du traitement réservé à ces points ayant fait l’objet d’accord antérieur non honoré, nous constatons une volonté affichée du gouvernement du Premier ministre, Modibo Sidibé, de les remettre en cause. Plus grave, on a tendance à accuser Ousmane Issoufi Maïga d’avoir engagé le gouvernement dans un accord qui ne pouvait pas être honoré » a martelé M. Dao. Qui a aussi dénoncé les comportements des autorités scolaires qui  » au lieu de faire face aux problèmes réels et récurrents connus de tous, ont entamé des manœuvres d’intimidation, de chantage allant de la remise de lettre de rappel et de demande d’explication, aux sanctions administratives et aux violences verbales et physiques« .

Les militants qui ont, tour à tour, pris la parole, ont dénoncé les manœuvres du gouvernement tendant à les maintenir dans ce cycle d’interminables grèves. Ainsi, le Pr Seydou Togola du Lycée Fily Dabo dira que les professeurs ne doivent pas se laisser emporter par «  les jérémiades du ministre Amadou Touré » lors de sa conférence de presse de mardi 5 février, au cours de laquelle il a ouvertement déclaré qu’il «  n’existe pas d’école au Mali » compte tenu  » du niveau exécrable des enseignements dispensés » tout en déplorant, notamment la rétention des notes qualifiée  » d’anti-pédagogique « .

Le ministre Amadou Touré avait aussi lancé cet avertissement : « L’Etat exercera désormais sa pleine autorité. Chaque fois que les enseignants observeront une grève, il y aura rétention sur les salaires« .

Le Pr Togola est allé même jusqu’à demander que la COSES réclame la démission du ministre pour « incompétence avérée » dans la gestion de la crise scolaire. Une proposition qui a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements des militants dont nombreux se sont montrés plus favorables à des méthodes plus vigoureuses de lutte comme les sit-in et les marches.

D’autres intervenants, à l’image de Boubacar Tangara, ont appelé les militants à plus d’engagement, à la vigilance et à la solidarité.

Youssouf CAMARA

07 Février 2008.