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« La Conjuration » c’est la reproduction livresque des multiples complots qui ont émaillé la vie politique dans plusieurs pays de dictature en Afrique. C’est aussi un hommage rendu aux combattant de la liberté. L’auteur de ce roman est Daniel Amagoin Tessougué, auteur de plusieurs livres.

Combien de militants ont péri sous la torture pour la quête de la liberté ? A cette question, « La Conjuration » essaye de donner une réponse. Ce livre est un hommage que leur rend Daniel Amagoin Tessougué, afin de perpétuer la flamme qui les a animés et dont l’incandescence a permis d’avoir raison en fin de compte de la dictature.

Ce roman de 159 pages est préfacé par Me Amidou Diabaté, avocat à la Cour. Pour ce dernier, la démocratie est conquise, mais le germe de la dictature n’est pas pour autant détruit. C’est pourquoi, à ses dires, le combat auquel Daniel Amagoin Tessougué convie la jeunesse à travers son roman d’un contenu riche est d’actualité.

Intellectuel engagé, M. Tessougué renoue avec le roman noir engagé dans la tradition des Jacques Roumain (Gouverneur de la rosée) et autre Wolé Soyinka qui chantent l’intellectuel organique au sens marxiste.

Selon Me Diabaté, le héros du roman nous situe clairement au cœur du débat en s’écriant : « C’est là que se situe le rôle de l’intellectuel africain. Appeler le peuple à la compréhension de la source de ses malheurs, lui montrer qu’il est au début et à la fin du processus de développement et que sa force de frappe, c’est de pouvoir édicter sa volonté aux dirigeants qui tirent leur légitimité de lui.

En n’agissant pas dans son intérêt, les dirigeants deviennent des traîtres et il a le droit de les désavouer. Mais pour cela il faut que chaque intellectuel puisse réellement se forger une nette conscience de son rôle dans sa sphère d’activités… »

Pour M. Diabaté, en cette période où les intellectuels africains croient avoir accédé à la démocratie, où les principes et idées qui ont soutenu les luttes politiques de libéralisation semblent voués aux oubliettes, le roman de Daniel A. Tessougué, tel un essai politique, nous rappelle à l’ordre « La démocratie est un manteau. Prenons garde de ne pas oublier l’essentiel à savoir ce qui est recouvert par le manteau », affirme Me Diabaté.

A cet égard, le rôle de l’intellectuel demeure ce qui est décrit dans « La Conjuration » : « … Retourner parmi les siens, les aider à se débarrasser de toute cette racaille de députés corrompus, de magistrats aux ordres, de généraux lubriques, de ministres népotistes et cupides, de présidents oublieux des aspirations profondes des masses laborieuses… »

Aujourd’hui, souligne Me Diabaté, la jeunesse a besoin d’être guidée, formée pour qu’elle assume sa part de responsabilité dans l’Afrique d’aujourd’hui, une Afrique habillée avec les oripeaux de la démocratie. « Avec la Conjuration, Daniel va au-delà de ce besoin ».

L’engagement militant n’a pas pour autant noyé l’œuvre littéraire. « Car avec fierté La Conjuration pourra être enseignée dans nos écoles ». Dans le livre, l’auteur de « Cantiques du Ginna : recueil de poèmes » et de « Harmonies retrouvées », nous restitue tour à tour la beauté luxuriante de nos forêts, l’aridité de nos steppes… En fin M. Tessougué nous fait revisiter notre riche patrimoine culturel.

Né un 10 décembre 1958 à Sangha (pays Dogon), Daniel est un magistrat de formation. Il est titulaire de plusieurs titres universitaires, dont un doctorat en droit privé. Panafricaniste, il dédie son combat à la défense des intérêts des masses populaires.


Amadou Sidibé

10 Juillet 2008