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Le président par intérim, de commun accord avec le Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) et le premier ministre, a constitué le gouvernement de transition sans consulter les acteurs politiques et de la société civile. Dans l’ombre de l’échec du dialogue inter-malien de Ouagadougou des 14 et 15 Avril 2012, cette équipe supposée être composée de «personnalités consensuelles», a été pour le moins constituée de «personnalités presqu’inconnues».

La classe politique malienne semble entériner la décision des autorités exécutives à ses dépends. Faut-il parler d’un mariage forcé ? Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) dénie toute volonté «d’union nationale», au nouveau gouvernement dont la composition a été rendue publique le 25 avril 2012. Dans un communiqué publié, juste après l’officialisation du gouvernement, ce collectif a donné sa voix : «Le FDR n’entravera pas l’action du gouvernement, mais il sera particulièrement vigilant sur le respect de la Constitution de la République, la préservation de l’indépendance nationale et de la dignité du peuple malien».

Cette exigence fait suite au constat du collectif, selon lequel, ce gouvernement a été formé en «violation flagrante de l’accord- cadre» qui avait prévu la mise en place d’un «gouvernement d’union nationale composé de personnalités consensuelles». Pour autant, l’équipe gouvernementale a la caution du médiateur de la CEDEAO, le président burkinabé, Blaise Compaoré, lequel a une personnalité proche désignée ministre des affaires Etrangères, Sadio Lamine SOW (seul ministre d’Etat, N°2 du gouvernement).

Les choix ont été fondés sur des valeurs intrinsèques des personnes, a commenté le président du CNRDRE, le captiaine Amadou Haya Sanogo, dans une allocution télévisée dans la nuit du 25 au 26 Avril. Le Front anti-putsch note donc qu’en «aucun moment», il n’a été associé à la formation du gouvernement de transition. Le même constat est apparu du côté de la coordination politique, la Convergence Patriotique pour la Défense du Mali (Copam), qui a soutenu le coût d’Etat militaire ayant engendré la crise politique, le 22 mars 2012.

«Nous n’avons pas été consultés, mais c’est notre gouvernement», admet le président de la Copam, le syndicaliste Hamadoun Amion Guindo. Interrogé par nos soins, le Pr. Younouss Hamèye Dicko, président du RDS, un autre leader de la Copam, s’inscrit dans cette dynamique. «Nous avons des objectifs bien précis ; nous sommes pour le changement et nous poursuivrons le changement», a expliqué le Pr. Dicko. Le nouveau gouvernement est-il est mesure de combler cette attente ? Notre interlocuteur veut le croire.

«On ne peut pas dire qu’il n’est pas bon parce que les personnes individuelles qui sont dedans sont biens. Tout dépendra de son fonctionnement», a-t-il indiqué, précisant d’ailleurs que le gouvernement à cette forme connaitra «moins de tiraillement». Et le temps n’est point à cette épreuve ! La rencontre de Ouagadougou entre les forces vives de la nation, le CNRDRE et le médiateur de la CEDEAO s’étaient soldée par un accord à minima, et donnant l’impression que les maliens étaient dans l’incapacité de s’accorder sur l’essentiels des problèmes qui minent le Mali.

Néanmoins, les organisations politiques appellent le nouvel exécutif à se consacrer à fond au rétablissement de l’intégrité du territoire national, à l’assistance aux populations des régions Nord du pays, à l’organisation d’élections libres et transparentes, etc.

Seydou Coulibaly

Le 26 Avril 2012

© AFRIBONE