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Depuis un certain moment, le Mali fait face à une flambée des prix des denrées alimentaires. « Le marché est cher » est sur toutes les lèvres. Les marchés de Bamako, censés être des lieux de vente, se sont transformés en des tribunaux : parler, juger et condamner les autorités du fait de l’extrême cherté de la vie qui bat son deuxième campagne après le deuxième coup d’Etat récent.

En effet, les denrées alimentaires ont subi une augmentation brusque. Cette hausse des prix bouleverse le quotidien des citoyens. Le panier de la ménagère se gère très mal et difficile de le remplir sans dépenser le double du prix habituel. Les prix des condiments ne donnent pas une satisfaction. Le kilo de la viande coûte désormais 3000 F CFA au lieu de 2 200 FCFA. De 250 F CFA le kilo, les vendeuses d’oignons le livrent désormais à 400 FCFA. Le bidon d’huile de 13 500 FCFA est soldé à 22 500 FCFA et le litre à 1200 FCFA. Le carton de poissons de 14 000 FCFA est passé à 23 000 FCFA ou même 24 000 FCFA, bref, la liste est non exhaustive. 

Cette cherté du marché se fait ressentir partout au Mali puisque l’argent de la popote a subi une hausse augmentation dans les familles, puisque les médias en parlent matin, midi et soir, puisque des mouvements notamment Front contre la vie chère fait des sorties pour dénoncer le mal et les femmes la (hausse des prix) chantent toujours.  Malheureusement, les autorités écoutent, quelques jours après, ils font les sourds-muets et le calvaire du citoyen lambda continue son chemin. 

Pourquoi le Mali subit-il un tel sort ? Les maliens ont-ils avalé une deuxième pomme après celle d’Adam dans le jardin d’Eden pour avoir un destin pareil ? Comment comprendre qu’un pays comme le Mali qui dispose l’un des cheptels les plus importants de l’Afrique de l’ouest (élevage transhumant et nomade concerne environ 70 % à 80 % du cheptel national) se trouve dans des difficultés pour satisfaire son peuple de la viande ? 

A la réponse à cette question, hormis les conflits qui impactent l’élevage depuis 2012 dans notre pays, force est de reconnaitre que cette augmentation est l’œuvre de l’exportation incontrôlée de bétail, qui accroît d’année en année. Tout comme la viande à titre d’illustration, toutes ces augmentations des prix des denrées alimentaires sont les produits d’une mauvaise politique de gestion orchestrée par les autorités compétentes. 

Interpelé par le Conseil National de Transition sur la question le Jeudi 1 er Juillet dernier, Mahmoud Ould MOHAMED, le Ministre de l’industrie et de commerce a affirmé que plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement pour pallier ce fléau. 

Comme le dit cet adage célèbre « Un Homme qui a faim, n’est pas tranquille. On peut contrôler tout sauf peut-être la faim », Pourvu que des solutions idoines soit vites trouvées à cette situation pour éviter un mouvement M6 qui prendra d’assaut les rues pour exprimer son ras-le-bol. 

Adama Sanogo

@Afribone