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Les rideaux sont tombés tard dans la nuit du samedi sur le cinquième forum pour le développement de l’Afrique (ADF V), sur le thème “Jeunesse et leadership au XXIe siècle”. Le Ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Natié Pléah a représenté le Mali à cette rencontre du 14 au 18 novembre 2006 à la tête d’une délégation forte d’une dizaine de membres. Il s’agit, entre autres, de S E Al -Maamoun Baba Lamine Kéïta, Ambassadeur du Mali en Ethiopie, Représentant permanent auprès de l’UA et de la CE, un représentant de l’assemblée nationale, des membres du Conseil National de la Jeunesse du Mali, du Parlement des enfants et de l’Association Enfants et Jeunes Travailleurs.

Le projet de déclaration consensuelle inspiré par la Charte africaine de la jeunesse, le cadre stratégique du NEPAD relatif à la jeunesse, le programme d’action mondial de la jeunesse pour la jeunesse à l’horizon 2000 et au-delà et les récentes conclusions du Sommet mondial des jeunes leaders tenus à la fin du mois d’octobre au siège des Nations Unies à New York, se veut une contribution des jeunes à un développement fondé sur la paix, l’égalité des sexes, la démocratie et les droits de l’homme dans l’Afrique du XXIe siècle, notamment la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015.

Le partenariat entre les gouvernements, les organismes régionaux, les partenaires Techniques et Financiers internationaux, la société civile, le secteur privé et les jeunes eux-mêmes devrait contribuer à l’accélération du développement de l’Afrique. Le Président de l’Union africaine (UA) a procédé au lancement officiel, le 17 novembre 2006, de la Charte africaine de la jeunesse, à l’occasion du cinquième Forum pour le Développement de l’Afrique (ADF V), à Addis-Abeba.

Selon le Président Alpha Oumar Konaré, l’objectif est de favoriser la participation de la jeunesse africaine au processus de prise de décision. La charte, a-t-il dit, est destinée à mobiliser les organisations de jeunes, ainsi qu’à guider et à inspirer leur action. Elle dessine également pour les Etats membres, le cadre politique et stratégique en faveur du développement et de l’émancipation des jeunes afin qu’ils puissent tirer partie de ses dispositions.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports se réjouit de la position de leader du Mali en tant que pays signataire de la Charte. C’est une réaffirmation de l’attachement sans équivoque du Mali, pour toute action tendant à la consolidation de l’unité africaine, a dit M. Natié Pléah. En effet, c’est le 25 octobre 2006 que l’ambassadeur Représentant permanent du Mali près de la Commission de l’UA et de la CEA, sur instruction du Gouvernement, a procédé à la signature de la Charte. A l’occasion du briefing sur la préparation de la cinquième édition de ADF V, à la CEA, S. E. Al-Maamoun Baba Lamine Kéïta, en sa qualité de Doyen du Corps diplomatique par intérim, a invité les autres Etats membres de l’Union à faire de même dans les meilleurs délais.

En cette circonstance, le Mali a rappelé les recommandations de la 23e Conférence des chefs d’Etats et de Gouvernement d’Afrique et de France à Bamako sous le thème : “La jeunesse africaine : sa vitalité, sa créativité et ses aspirations”. Au nombre de ces recommandations, l’insertion socio-politique et économique de la jeunesse dans le processus de développement de l’Afrique, la création du fonds Eurafricain d’investissements en faveur de la jeunesse, l’élaboration et la mise en œuvre de programmes de lutte contre le Vih/Sida en direction de la jeunesse africaine rurale, la nécessité d’adapter les systèmes éducatifs et de formation aux réalités et besoins de modernisation des pays africains ainsi qu’aux exigences de la mondialisation, la conclusion d’accords ou conventions relatifs à la gestion des phénomènes migratoires comme facteurs d’intégration, l’utilisation des NTIC pour promouvoir l’emploi des jeunes, les échanges et les opportunités d’affaires, l’éducation et le développement, y compris celui du monde rural, et enfin la promotion de l’image de l’Afrique et du combat pour l’acceptation de la diversité culturelle qui garantit une meilleure compréhension entre les peuples et, partant, favorise l’instauration d’un développement solidaire et d’une paix durable.

De Bamako à Addis, la jeunesse à l’unisson!

Le projet de déclaration consensuelle préconise aux gouvernements africains, en tout premier lieu, la ratification de la Charte africaine de la jeunesse et d’en assurer la mise en oeuvre et le suivi. Dans ses grandes lignes, la déclaration insiste sur le renforcement des capacités des jeunes par le biais de l’éducation et la formation professionnelle ; l’élaboration et l’exécution de programmes panafricains des jeunes pour la promotion des technologies de l’information et de la communication sous l’égide du NEPAD ; la création de fonds nationaux pour la promotion de l’emploi des jeunes ; l’intégration dans les protocoles d’accords entre pays africains et pays d’accueil des mesures de protection des jeunes travailleurs migrants et de la diaspora et susciter l’émulation au sein de la jeunesse africaine par la promotion de l’esprit d’entreprise.

Face aux préoccupations liées à la santé et au bien-être des jeunes relatifs à la pandémie du Vih/Sida, aux mariages précoces et aux grossesses non désirées, à la pratique de l’excision et ses répercussions physiques et psychologiques, aux maladies liées à la pauvreté comme la malnutrition, les infections parasitaires et le paludisme, le forum recommande une approche multisectorielle globale des problèmes de santé qui tienne compte des facteurs socio-économiques dans lesquels évoluent les jeunes.
Le rôle de premier plan que doivent jouer les médias modernes et traditionnels a été particulièrement souligné.


Aide toi, le ciel t’aidera!

En ce qui concerne la promotion de la participation et de l’autonomie des jeunes par le biais des sports et des arts ; le volontariat ; la culture et le dialogue intergénérationnel ; la promotion de l’égalité des sexes ; les mouvements étudiants civiques et politiques ; les jeunes et la religion ; la consolidation de la paix et le règlement des conflits et les responsabilités des jeunes, le cinquième forum pour le développement de l’Afrique a proposé une série d’actions tendant à la sauvegarde de la culture et de l’éducation en vue de la promotion de la santé, de la paix et des possibilités d’emploi.

A ce titre, la mise en place des infrastructures pour les arts et les sports, l’investissement dans le secteur et l’attribution d’un prix annuel aux jeunes talents africains, la création d’un corps de jeunes volontaires africains d’ici 2008 et le renforcement des structures de volontariat national, le Congrès culturel africain sont des pistes à explorer par les gouvernements africains, l’Union africaine (UA), la Communauté Economique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD), les agences du système des Nations unies pour préserver les aspects positifs de la culture et promouvoir les langues africaines.

Face aux pratiques culturelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et forcés, les maternités précoces et nombreuses, le lévirat et les violences contre les femmes et les enfants, les pays africains sont invités à mettre en place un plan d’action concret d’ici 2008 pour faire face aux obligations qui leur incombent au titre de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le protocole de la Charte africaine sur les droits de l’homme et des populations, relatif aux droits des femmes en Afrique et la plate-forme d’action de Beijing.

En violation de la convention relative aux droits de l’enfant, et de la Charte africaine des droits et du bien être de l’enfant, des enfants et des jeunes de moins de 18 ans sont fréquemment enrôlés de force par les armées régulières et irrégulières. Ce phénomène est accéléré par la prolifération illicite et l’usage abusif des armes légères. D’où l’appel du forum aux Etats et aux partenaires pour le financement de programmes de réhabilitation pour les enfants soldats en mettant l’accent sur l’éducation, l’emploi et le soutien psychosocial ; ainsi que la prévention des conflits par l’éducation à la paix.

Toutes ces recommandations ne sauraient être mises en oeuvre sans la ratification de la Charte africaine de la jeunesse par tous les Etats membres de l’UA. D’ores et déjà, les ministres de la jeunesse de l’UA ont décidé de célébrer la journée de la jeunesse africaine à partir du 1er novembre 2007. De même, il incombe aux gouvernements de faire en sorte que les indicateurs de genre dans le cadre du mécanisme d’évaluation par les pairs prennent en compte des indicateurs de la Charte africaine de la jeunesse, en particulier en ce qui concerne les filles et les jeunes femmes.

Des partenariats soutenus devront être conclus avec les médias traditionnels et les nouveaux médias pour sensibiliser le public aux questions ayant trait à la jeunesse. De l’avis du forum, les médias pourraient assurer la fonction de gendarme des gouvernements pour assurer que des mesures favorables aux jeunes soient conçues et appliquées dans le cadre de la Charte africaine de la jeunesse.

Dans ce chapelet de déclarations de bonnes intentions, la jeunesse africaine mise encore sur l’apport des gouvernements et autres partenaires au développement. Une attitude fort heureusement déplorée par une frange importante de la jeunesse qui a invité les jeunes à compter d’abord sur eux-mêmes.

D’ici là, la déclaration consensuelle amendée sera présentée au prochain sommet des Chefs d’Etats et de gouvernement de l’UA, à Addis-Abeba en janvier 2007. Il s’en suivra plus tard une réunion régionale de jeunes et d’experts pour élaborer un plan d’action plus détaillé et un cadre de suivi se rapportant à la Charte africaine de la jeunesse.

Correspondance particulière Ismaël Maïga

21 décembre 2006.