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Parrain historique de la Centrafrique, le régime tchadien a désormais décidé d’imposer directement sa loi à Bangui via le président de transition Michel Djotodia pour étouffer toute tentative de déstabilisation de sa frontière, selon des sources diplomatiques et militaires. « Sans l’aide de N’Djamena, Djotodia ne serait jamais rentré dans Bangui » à la tête des rebelles de la Séléka, le 24 mars, rappelle un diplomate africain. Des combattants d’origine tchadienne fournissent un bonne part des forces de Michel Djotodia. Et l’armée tchadienne apporte le contingent le plus nombreux de la force africaine déployée à Bangui. Cette politique d’intervention directe en Centrafrique tient en grande partie à l’histoire personnelle du chef de l’État tchadien. « Par expérience, il sait qu’à N’Djamena, le danger vient des zones frontières », explique ce diplomate. Si le Tchad prend directement en charge le dossier centrafricain, c’est également en raison de l’absence de ses voisins et du retrait relatif de la France – qui maintient toutefois un détachement de 400 hommes à l’aéroport de Bangui, selon plusieurs diplomates africains.Il ne peut laisser la main aux deux Soudan, du fait de la défiance historique entre N’Djamena et Khartoum. La RDCongo est engluée dans ses propres problèmes internes. Le Congo-Brazzaville joue certes un rôle de médiateur mais ne peut guère faire plus. Quant au Cameroun, « le président Paul Biya se désintéresse totalement des affaires de la région », déplore un responsable onusien. AFP.