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Cinq ONG françaises ont dénoncé mardi l’« abandon » de la Centrafrique – où « l’État n’existe plus » et où la pénurie alimentaire menace – par une communauté internationale qui conditionne son aide à un improbable retour de la sécurité. Toute la population est menacée par la faim. Thierry Mauricet, directeur général de PU-AMI, estime que « 147.000 personnes sont déjà en restriction alimentaire sévère », sur 4,5 millions d’habitants. Et depuis début 2013, indique Alain Coutand d’ACF, « le nombre d’enfants admis dans nos centres nutritionnels a doublé » par rapport à 2012. La malnutrition sévère des enfants entraîne souvent des séquelles neurologiques irréversibles. Quant au système de santé, il agonise, l’approvisionnement en médicaments et fournitures médicales étant interrompu, l’accès aux soins impossible par endroits. Depuis des années, la Centrafrique, qui a la deuxième espérance de vie la plus basse au monde (48 ans), connaissait un taux de mortalité trois fois plus élevé que le seuil d’urgence définissant une crise humanitaire (un mort pour 10.000 habitants par jour). Et ce taux « est pire aujourd’hui », estime Mego Terzian, président de MSF, sans pouvoir le chiffrer. La prise de pouvoir par la Séléka n’est que le dernier épisode d’une longue série de coups d’État et de rébellions depuis l’indépendance en 1960. (…) « La communauté internationale doit considérer la Centrafrique comme une de ses priorités. (…) La situation est pire qu’elle n’a jamais été », a résumé André Munger, de MSF. AFP.