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Après les communales du 26 avril 2009 où ça et là des dénonciations de fraudes se font de plus en plus véhémentes, la position de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) était vivement attendue par plus d’un. C’est désormais chose faite.

Lors du point de presse qu’elle a animée hier à son siège sis à Korofina-Nord en Commune I, les premiers responsables de la CENI ont exprimé leur satisfecit par rapport au processus électoral qui a abouti au scrutin du 26 avril 2009. Selon Seydou Traoré, le président de l’institution, «sous réserve du contentieux électoral, la CENI estime que les élections du 26 avril ont été libres, transparentes et fiables».

Dans sa déclaration introductive, le président de la CENI rappellera que, l’élection, au sens de l’article 2 de la loi N° 06-044 du 4 septembre 2006 portant loi électorale, est le choix librement exercé par le peuple en vue de désigner les citoyens appelés à la conduite et à la gestion des affaires publiques selon les principes de la démocratie pluraliste. Au terme de la loi, a-t-il insisté, la CENI est chargée de veiller à la régularité des élections à travers la supervision et le suivi du processus électoral, la révision des listes électorales et la proclamation des résultats

Parlant du dispositif de supervision, Seydou Traoré dira qu’un important dispositif fut déployé sur le terrain par la CENI pour suivre méticuleusement toutes les étapes du processus électoral : constitution des commissions de distribution des cartes d’électeurs, dépôt et publication des listes de candidature, acheminement et distribution des cartes d’électeur, campagne électorale, mise en place du matériel et des documents électoraux, opérations de vote, de dépouillement des bulletins de vote, centralisation et proclamation des résultats, gestion des observateurs.

Concernant le déroulement du scrutin du 26 avril dernier et par rapport aux accusations de fraudes massives dont font état certains acteurs politiques, les responsables de la CENI, ont expliqué qu’il n’y a pratiquement pas d’élection sans fraude. Mais, il s’agit de voir si l’ampleur de cette fraude est de nature à altérer l’expression de la volonté des électeurs. «Si les fraudes dont ont affecté, comme c’est le cas lors du scrutin du 26 avril, entre une cinquantaine ou une centaine, voire plus de bureaux de vote parmi les 20 265 que compte l’ensemble du territoire national, cela n’altère pas du tout la fiabilité du scrutin», a indiqué le président de la CENI.

En outre, le conférencier principal a relevé quelques points faibles relatifs au taux de participation à ce scrutin, qui est de 44,61 %, le laxisme dans l’application de la loi électorale, la question de la délivrance abusive des procurations avec les articles 102 à 105 de la loi électorale, l’affichage anarchique lors de la campagne électorale avec les articles 76, 77 de la même loi, etc. M. Traoré s’est par ailleurs félicité des points forts du processus dont le cadre institutionnel est bien défini, le déploiement de la CENI, depuis octobre 2008, sur tout le territoire national ; le suivi du recrutement et du déploiement des 20 265 délégués correspondant au nombre de bureaux de vote.

Par rapport à la question de savoir quel est le sentiment de la CENI face à la contestation des résultats électoraux dans certaines circonscriptions électorales dont la Commune I, Seydou Traoré dira que si des acteurs politiques contestent les résultats, c’est la preuve que le système électoral est assez fiable. C’est pourquoi des voies de recours sont prévues par les textes. «Pour ce qui concerne la mise en place d’un conseil communal parallèle, il n’appartient pas à la CENI de s’y prononcer», a-t-il laissé entendre.

Que peut faire la CENI face à la persistance de la fraude dans le système électoral du Mali au moment où des voix ne cessent de s’élever pour demander une certaine moralisation de la vie publique ? Me Goïta dira que la CENI ne peut que regretter cette culture de la fraude dans les élections au Mali. Elle ne peut que formuler des recommandations visant à améliorer le dispositif électoral.

Bruno D SEGBDJI

15 mai 2009