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A Dakar, ce 02 avril à Dakar, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a annoncé, l’application à partir de ce lundi, des sanctions contre le Mali, afin de trouver, par les moyens légaux, reglémentaires et constitutionnels, une issue à la crise née du coup d’État du 22 mars 2012

Les participants au Sommet de Dakar

L’organisation sous régionale conduite par Alassane Dramane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, en session à Dakar, a décidé d’un « embargo total » contre le Mali, plus particulièrement contre la junte au pouvoir à Bamako, conformément à ses statuts et règlements dont le Mali est signataire.

C’est dans le but de rétablir la légalité Républicaine que le président en exercice de la CEDEAO et ses pairs ont annoncé que toutes les mesures de rétorsion diplomatiques, économiques, financières et autres sont exécutoires dès ce lundi et « ne seront levées » que lorsque « l’ordre constitutionnel » sera effectivement « rétabli ». « Nous avons demandé que l’embargo soit total », a ajouté le chef de l’Etat ivoirien.

Déjà le 29 mars dernier, les chefs d’Etat de la CEDEAO avaient lancé un ultimatum et fixé à ce lundi 02 avril la date limite, « le Dead line » de la mise en vigueur des menaces d’asphyxie et d’isolement du CNRDRE.

Cédant quelque peu à la pression, sans doute pour gagner du temps et se ménager une marge de manœuvre, le Capitaine Amadou Aya Sanogo, avait levé la suspension de la constitution du 25 février 1992, en vigueur, et rétablissait toutes institutions de la République, exception faite de la plus importante, la première de toutes : le président de la République.

La CEDEAO alors d’exiger, par la démarche que lui confèrent ses textes, le retour du président Amadou Toumani Touré, sans doute pour lui permettre de démissionner devant la Cour suprême, conformément à la constitution. L’intérim, dans ce cas, devant être assuré par le président de l’Assemblée nationale, dans les délais prescrits.

Le fait que le CNRDRE ne soit pas retourné dans les casernes, comme souhaité et malgré la levée de la mise entre parenthèses de la constitution, a conduit les chefs d’Etat de la CEDEAO a frapper avec la dernière énergie, sanctionnant le Mali, d’un « embargo total », assorti « d’une mise en place immédiate » de sa force militaire « d’attente ».

Et le président Alassane Ouattara d’annoncer : « nous avons demandé au comité des chefs d’état-major de se réunir dès cette semaine à Abidjan pour voir les modalités d’activation de cette force ».

Pendant ce temps, la rébellion touareg et les groupes armés islamistes qui ont occupé les villes de Kidal, Bourem, Tessalit, Ansongo Gao et Tombouctou, contrôlent la quasi-totalité du nord du pays. Un véritable problème que seul le retour du Mali dans le giron de la communauté internationale pourra résoudre.

B. Daou

03 Avril 2012