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Il y a trois villes en une seule dans la capitale sud-soudanaise Juba: la première est celle des rues poussiéreuses de la cité, plutôt calmes, mais avec toujours des tirs à la nuit tombée, trois semaines après le début du conflit qui a embrasé le pays. Et puis il y a les deux camps de déplacés exhalant une odeur nauséabonde, où quelque 30.000 personnes s’entassent dans les bases de l’ONU. La place manque à tel point qu’elles doivent dormir à tour de rôle sur le sol, abritées sous de fragiles abris faits de cartons ou de lambeaux de vêtements.
« Nous sommes venus ici parce qu’ils tuaient les gens », explique Nyabor Gatwetch, une mère de cinq enfants âgée de 45 ans, qui a fui son village de la banlieue de Juba dès le début des combats le 15 décembre. « Les soldats se tiraient dessus entre eux… mais ils visaient aussi les habitants. Les combats au Soudan du Sud ont d’abord opposé des unités de l’armée fidèles au président Salva Kiir à d’autres unités loyales à l’ancien vice-président Riek Machar. Puis ces affrontements se sont transformés en conflit généralisé entre les troupes gouvernementales et une alliance hétérogène de milices ethniques et de commandants de l’armée mutins. « Ce n’est pas ce dont nous avions rêvé pour notre nouveau pays », dit James Puoch, montrant son T-shirt imprimé pour célébrer l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. « Tout s’est écroulé. AFP.